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La liberté religieuse en France et l’islam

Évoquer les rapports de la liberté religieuse en France et de l’islam, c’est mettre en relation deux réalités antagonistes. D’une part, l’islam est en soi un projet politique qui, ne distinguant pas l’ordre temporel de l’ordre spirituel, est contraire à la laïcité ; d’autre part, et en conséquence, la France ne peut pas accepter le développement de l’islam sans rejeter son identité issue de l’accueil de la Parole du Christ : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu [1] ».

D’un côté, c’est un fait, il n’y a pas un seul pays musulman où la liberté religieuse est respectée [2], et cela, non pas en raison d’un retard passager de la civilisation musulmane vers l’inévitable société multiculturelle et démocratique que nous vend le mondialisme négateur de toutes frontières et de toutes différences, y compris celles du bien et du mal, de la vérité et du mensonge, mais parce que l’Islam est par nature totalitaire :

« Qu’entre vous et nous paraissent l’inimitié et la haine, à tout jamais, jusqu’à ce que vous croyiez en Allah uniquement [3] ! »

« Qu’Allah tue [les Chrétiens] [4] ! »

Dalil Boubakeur, président honoraire du Conseil français du culte musulman et recteur de la Grande Mosquée de Paris n’enseigne pas autre chose :

« L’islam est à la fois une religion, une communauté, une loi et une civilisation. Ne sont pas seulement musulmans ceux qui pratiquent les cinq piliers de l’islam, mais tous ceux qui appartiennent à cet ensemble identitaire [5]. »

Je rappelle que, suite à une fatwa, notre compatriote Robert Redeker et sa famille vivent toujours cachés [6] ; qu’en Algérie, l’évangélisation est passible de cinq ans de prison et dix mille euros d’amende ; qu’en Égypte, une femme et ses sept enfants viennent d’être condamnés à quinze ans (quinze ans !) de prison pour s’être convertis au christianisme [7]. Lorsque les Frères musulmans auront fait de la charia la constitution de ce pays, la sentence sera la mort, conformément à ce que demande Allah [8]. L’Égypte n’est pas la France, dira-t-on. Certes, mais non seulement il y eut un temps où l’Égypte aussi n’était pas musulmane, mais encore la France a déjà accepté que l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) n’inscrive pas dans sa charte le droit à la liberté religieuse, parce que contraire à la charia [9]

D’un autre côté, la République française, sous inspiration maçonnique, affirmant son indifférence de principe vis-à-vis de toute religion, rend impossible l’exercice de la liberté religieuse : théoriquement, car si toutes les religions se valent, alors aucune n’a de raison d’être choisie, et la liberté y est donc sans objet ; et pratiquement, car si l’Église est haïe en raison de sa prétention à être l’unique vraie religion, l’islam qui prétend la même chose est craint.

Un tag sur la porte d’une mosquée suscite les réactions indignées du gouvernement, mais des dizaines de profanations d’églises ne font de sa part l’objet d’aucune considération. On interdit la crèche et le sapin de Noël dans l’espace public, mais on célèbre la fin du ramadan sous les ors de l’Hôtel de Ville de Paris. Logique si bien exprimée par le maire de Strasbourg : « Nous servons de la viande halal par respect pour la diversité, mais pas de poisson le vendredi par respect pour la laïcité [10]. »

Pour s’exercer, la liberté religieuse implique nécessairement la reconnaissance d’une hiérarchie de valeurs entre les religions, et donc, au nom de la justice, une différence de traitement de la part de l’État, ce qui est cependant refusé au nom du principe d’égalité. Or, le principe d’égalité de nature entre les hommes n’est pas transposable aux réalités humaines, car il y a une différence entre nature et culture, et nier cette différence – comme l’illustre la revendication actuelle de l’union des paires dite « mariage homosexuel » – conduit à la destruction de l’humanité.

C’est cette même négation de l’ordre ontologique, ressortissant à celui de la vérité, qui se retrouve aujourd’hui servie par la promotion du délit d’islamophobie, par lequel les libertés de conscience et d’expression sont refusées au nom de la liberté religieuse : la critique de l’islam est assimilée à du racisme, comme si être musulman était un fait de nature et non pas culturel. Pour mieux ignorer le caractère propre de la religion catholique et ce qu’elle lui doit, la France veut faire de l’islam son semblable, et lui donner part à l’héritage mérité par l’Église. Ainsi les mosquées sont-elles assimilées à des églises, alors que l’islam n’a ni clergé ni sacrifice à offrir à Dieu ; des aumôniers musulmans sont créés alors qu’ils n’ont aucun sacrement à donner.

Bref, alors qu’il est un projet politique d’autant plus dangereux qu’il se prétend divin, l’islam est placé au-dessus de tout soupçon parce que paré des atours de la religion. Interdit d’examen critique, toutes grandes sont ouvertes les portes à la guerre de conquête qu’Allah prescrit à tout musulman : « Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que le Culte soit [rendu] à Allah [11] ! » L’islam se voit honoré par un pays dont il se promet la soumission, laquelle est déjà bien visible : que ce soit l’imposition de la nourriture halal à tous, la concession de baux emphytéotiques, le reniement de notre législation en matière d’abattage des animaux, ou en matière d’édition avec la libre impression du Coran dont la bonne moitié des versets expriment le funeste dessein d’anéantir ou de soumettre tous les non-musulmans. Quatre cents versets de ce livre sont de très graves délits de « provocation à crimes et délits contre les personnes », dont la sanction, aux termes de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, devrait être l’interdiction d’imprimer, de diffuser et d’enseigner le Coran… L’État ne peut pas plus se cacher derrière sa neutralité qu’il ne peut échapper au jugement de la Parole du Christ : « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi, et qui n’amasse pas avec Moi dissipe [12]. »

L’acte de foi suppose la liberté, au point que le droit à la liberté religieuse persiste même en ceux qui ne satisfont pas à l’obligation de chercher ou d’adhérer à la vérité – pourvu, certes, que soit préservé l’ordre public juste – car ce droit est donné pour que les hommes adhèrent à la Vérité, et non pas parce qu’ils y adhèrent, pour qu’ils agissent selon leur conscience, et non pas parce qu’ils agissent selon leur conscience. C’est bien parce que la liberté n’est pas le droit de faire n’importe quoi, même sous prétexte de religion, mais le pouvoir de choisir le bien [13], que l’autorité publique a le devoir et le pouvoir de déterminer les limites de la liberté religieuse, par des règles juridiques conformes aux exigences du bien commun et de l’ordre moral objectif [14]. Si donc il n’y a pas de liberté sans relation à la Vérité, le droit à la liberté religieuse peut-il être seulement l’exemption de contrainte pour agir ou non selon sa conscience, ou bien implique-t-il aussi le droit à n’être pas trompé ? Si nul ne peut échapper au rapport personnel à la vérité, l’État le pourrait-il sans perdre sa légitimité, alors que sa mission est précisément d’aider chacun à vivre libre et heureux en vérité ?

Bref, la question de la liberté religieuse et de l’islam en France conduit à reconnaître sous des apparences contraires une double imposture : celle de la république qui, par la prétendue égalité des religions, non seulement dépouille la religion catholique de ses prérogatives, mais encore rend autant que possible sans objet la liberté, ce que Benoît XVI dénonce sous les termes de « dictature du relativisme [15] » ; et d’autre part l’imposture de l’islam qui, aidé par ce climat d’apostasie généralisée, vise à instaurer la loi musulmane, comme en témoigne ces extraits du Manifeste islamique de M. Alija Izetbegović, chef d’État de Bosnie-Herzégovine de 1990 à 2000 :

Couverture du livre« Il n’est […] pas possible qu’une paix ou une coexistence ait lieu entre la “Religion islamique” et les institutions sociales et politiques non-islamiques. […] Le soutien réel qu’apporte un peuple musulman à un régime politique au pouvoir se proportionne avec le caractère islamique de ce régime. […] Il n’est pas possible qu’une renaissance islamique débute sans qu’il y ait une régénération religieuse et, de même, il n’est pas possible de mener cette renaissance à son terme avec succès sans qu’une révolution politique ne l’accompagne. […] Notre chemin ne débute pas par la prise du pouvoir mais par la conquête des gens. […] Nous devons être des prédicateurs avant d’être des soldats. […] Le mouvement islamique peut, ou plutôt doit commencer par la prise du pouvoir dès lors qu’il possède une grande part de puissance morale et numérique qui lui permet, non seulement de renverser le pouvoir non islamique, mais aussi d’établir le nouveau pouvoir islamique [16]. »

Comme disait Jésus : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende [17] ! »

La mise en évidence de ces deux impostures nous conduit face à un néant : accepter de vivre soit dans l’illusion de liberté engendrée par le relativisme, soit dans celle de la takia, principe musulman légitimant la fraude, la dissimulation et le mensonge lorsque les intérêts de l’islam sont en jeu. Situation bien inconfortable où l’absurdité le dispute à la désespérance. Il y a cependant une solution : c’est celle évoquée par le titre même de ce colloque, « France, qu’as-tu fait de tes libertés ? », écho des paroles que nous a adressées le Vicaire du Christ en 1980 au Bourget :

« Aujourd’hui, dans la capitale de l’histoire de votre nation, je voudrais répéter ces paroles qui constituent votre titre de fierté : Fille aînée de l’Église. […] Il n’existe qu’un problème, celui de notre fidélité à l’alliance avec la sagesse éternelle, qui est source d’une vraie culture, c’est-à-dire de la croissance de l’homme, et celui de la fidélité aux promesses de notre baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ! Alors permettez-moi […] de vous interroger : France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? […] France, fille aînée de l’Église et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle [18] ? »

Une preuve de la vérité énoncée ici par le Vicaire du Christ est la réalisation de la prophétie de Charles de Foucauld dans une lettre de 1916 à René Bazin au sujet des départements français d’Afrique du Nord :

« Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent Français est qu’ils deviennent chrétiens. […] D’une façon générale, sauf exception, tant qu’ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du mehdi, en lequel ils soumettront la France [19]. »

Parce que la IIIe République a interdit leur évangélisation, ces peuples ne sont pas devenus chrétiens, et donc pas davantage Français, et, comme l’avait entrevu le Bienheureux Charles de Foucauld, ils nous ont chassés ; mais ce que n’aurait pu imaginer le bienheureux, c’est qu’ils sont maintenant en France, et que ce sont eux qui nous islamisent ! Si la France continue à renier son identité et sa vocation de fille aînée de l’Église, à assimiler islam et christianisme, elle deviendra une république islamique ! Si elle ne veut pas servir le Christ, elle servira l’Antichrist !

Je termine par cette courte prière enseignée par Notre Seigneur au jeune Marcel Van, un Français de ce qui était alors l’Indochine française :

« Seigneur Jésus, aie compassion de la France, daigne l’étreindre dans Ton Amour et lui en montrer toute la tendresse. Fais que, remplie d’Amour pour Toi, elle contribue à Te faire connaître et aimer de toutes les nations de la terre. Ô Amour de Jésus, nous prenons ici l’engagement de Te rester fidèles et de travailler d’un cœur ardent à répandre Ton Règne dans tout l’univers. »

Ainsi soit-il !

Je vous remercie.

1. Mc 12 17 ; cf. Mt 22 21, Lc 20 25.

2. Cf. la rubrique « Persécution des chrétiens » sur le blogue canadien Poste de veille.

3. Coran 60 4. Les références sont données à partir de l’édition suivante : Le Coran (al-Qor’ân), traduction par Régis Blachère, Paris, Maisonneuve et Larose, 1980.

4. Coran 9 30.

5. In Sévillia (Jean), « Comment être musulman en France », Le Figaro Magazine, n. 18005, 29 juin 2002, p. 38.

6. Cf. Dick (Bernard), « Six ans après, hommage au texte de Robert Redeker, paru dans Le Figaro », Riposte laïque, 29 septembre 2012. Il faut réécouter les propos tenus par Robert Redeker face à Laure Adler dans l’émission radiophonique « Hors-champs » (France Culture) du 3 septembre 2010.

7. Cf. « Égypte : 15 ans de prison pour une mère et ses 7 enfants convertis au christianisme », Poste de veille, 15 janvier 2013.

8. Cf. Coran 4 89 : « [Les Hypocrites] aimeraient que vous soyez impies comme ils l’ont été et que vous soyez à égalité [avec eux]. Ne prenez pas parmi eux de patrons (’awliyâ’) avant qu’ils émigrent (sic) dans le Chemin d’Allah ! S’ils tournent le dos, prenez-les et tuez-les où que vous les trouviez ! Ne prenez, parmi eux, ni patron ni auxiliaire ! » ; 8 13-17 : « [Ces Infidèles] se sont séparés d’Allah et de Son Apôtre. Or quiconque se sépare d’Allah et de Son Apôtre [est puni], car Allah est terrible en [Son] châtiment. Voilà [votre sort] ! Goûtez-le et [sachez] que les Infidèles auront le tourment du Feu ! (O vous qui croyez !), quand vous rencontrerez ceux qui sont infidèles, en marche [contre vous], ne leur montrez point le dos ! Quiconque leur montrera le dos, en ce jour – sauf s’il se détache pour un [autre] combat ou s’il se retire pour [rejoindre un autre] corps –, [celui-là] encourra la colère d’Allah, et son refuge sera la Géhenne. Quel détestable “Devenir” ! [Croyants !,] vous n’avez donc point tué [ces Infidèles], mais [c’est] Allah [qui] les a tués. Tu n’as point visé quand tu as visé. C’est Allah qui a visé afin de faire éprouver aux Croyants une faveur [venue] de Lui. Allah est audient et omniscient. »

9. Cf. Conan (Éric), Makarian (Christian), « Enquête sur la montée de l’islam en Europe », L’Express, n. 2847, 26 janvier 2006, p. 25 : « La France a même renoncé, en 1999, à demander à l’UOIF de reconnaître le droit au changement de religion, qu’interdit le Coran. »

10. Cf. Vidal (Maurice), « M. Ries, depuis quand la laïcité ne s’appliquerait-elle qu’aux non-musulmans ? », Riposte laïque, 10 septembre 2012.

11. Coran 2 193.

12. Mt 12 30 ; cf. Lc 11 23.

13. Cf. Jn 8 35-36 : « L’esclave ne demeure pas à jamais dans la maison, le fils y demeure à jamais. Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres. »

14. Cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 2109 : « Le droit à la liberté religieuse ne peut être de soi ni illimité (cf. Pie VI, bref Quod aliquantum), ni limité seulement par un “ordre public” conçu de manière positiviste ou naturaliste (cf. Pie IX, encyclique Quanta cura). Les “justes limites” qui lui sont inhérentes doivent être déterminées pour chaque situation sociale par la prudence politique, selon les exigences du bien commun, et ratifiées par l’autorité civile selon des “règles juridiques conformes à l’ordre moral objectif” (Dignitatis Humanæ, 7). »

15. Cf. Ratzinger (Joseph), Homélie lors de la messe pro eligendo Romano Pontifice, 18 avril 2005 (La Documentation catholique, n. 2337, 5 juin 2005, p. 536) ; Benoît XVI, Discours au corps diplomatique, 8 janvier 2007 (La Documentation catholique, n. 2373, 4 février 2007, p. 117) ; id., Audience générale, 5 août 2009 (La Documentation catholique, n. 2431, 4 octobre 2009, p. 868) ; id., Lumière du monde. Le Pape, l’Église et les signes des temps. Un entretien avec Peter Seewald, traduit de l’allemand par Nicole Casanova et Olivier Mannoni, Paris, Bayard, 2011, pp. 75-86.

16. Izetbegović (Alija), Le manifeste islamique, traduction par Ahmed Abidi, Beyrouth, Al-Bouraq, collection « L’islam autrement », 1999, pp. 81, 108, 123, 132.

17. Lc 14 35. Cf. Mt 11 15, 13 9.43 ; Mc 4 9.23, 7 16 ; Lc 8 8.

18. Jean-Paul II, Homélie à la messe du Bourget, 1er juin 1980, nn. 2, 8 (La Documentation catholique, n. 1788, 15 juin 1980, pp. 585-586). Les italiques sont dans le texte.

19. Cf. Six (Jean-François), « Mise au point : Charles de Foucauld, les Chrétiens et les musulmans », GRIC, 10 juillet 2012.