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Des catholiques et de la politique

À quoi songeons-nous lorsque nous prononçons ces paroles de la prière du Seigneur : « Que Votre règne arrive, que Votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel » ? Voudrions-nous évangéliser la société ? Mais ne savons-nous pas que la condition en est l’unité ? « Père, qu’ils soient un comme Nous sommes un afin que le monde croie que Tu M’as envoyé [1]. » Le bon sens a toujours compris que « l’union fait la force ». Comment alors nos évêques peuvent-ils jouer le jeu du principe démocratique qui est celui de la division, en invitant les fidèles à suivre chacun sa conscience… comme s’il n’y avait pas UNE conscience catholique ?! Sont-ils si bien inféodés au pouvoir politique existant qu’ils en aient oublié ce que saint Paul demandait ?

« Je vous en prie, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, ayez tous même langage ; qu’il n’y ait point parmi vous de divisions ; soyez étroitement unis dans le même esprit et la même pensée [2]. »

« Mettez le comble à ma joie par l’accord de vos sentiments : ayez le même amour, une seule âme, un seul sentiment ; n’accordez rien à l’esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l’humilité estime les autres supérieurs à soi ; ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres [3]. »

Et ne sont-ce point eux, justement, qui sont les mieux placés pour dire à chacun quels sont les intérêts de tous ? Jésus ne nous a-t-Il pas avertis : « Nulle maison, divisée contre elle-même, ne saurait se maintenir [4] » ? « Le Christ est-Il divisé [5] ? »

À cause de cette division entretenue (et promue comme étant un bien !), les voix catholiques, au lieu de représenter quelque chose dans l’arène de ce monde et avoir ainsi quelque chance d’être prises en compte, ne représentent généralement rien, dispersées qu’elles sont ici et là dans l’ensemble de l’échiquier politique. L’Église a beau indiquer une direction à suivre au bénéfice du Bien commun du pays que, ne représentant électoralement aucune force réelle, sa parole et son intention demeurent vaines. Qui ne voit pourtant l’intérêt qu’il y aurait pour les chefs du peuple chrétien, au nom des « valeurs non-négociables », à interdire, et sous peine d’excommunication – car matière grave il y a –, le vote des catholiques pour tels partis et telles candidatures ? Ce ne serait certainement pas suffisant pour obtenir ipso facto la mise en œuvre des principes de la Doctrine sociale de l’Église, mais, d’une part, l’Église y gagnerait en crédibilité et respectabilité en cessant de voir sa doctrine reniée par ses fidèles mêmes [6], et, d’autre part, quel que soit le poids que pourrait ainsi représenter le vote catholique, retranché probablement la plupart du temps dans le vote blanc, ce vote représenterait au moins quelque chose de cohérent et de stable, de fiable, et donc aussi de repérable, que tôt ou tard les tenants du pouvoir pourraient bien avoir intérêt à courtiser, tant il est vrai qu’en régime démocratique la majorité qui commande peut n’être qu’une minorité. C’est pourquoi il faudrait que le vote catholique soit repérable… Nous devons rester unis si nous ne voulons pas mourir.

Cela ne pourra se réaliser sans une réelle conversion des esprits et des cœurs qui amènera, comme il revient à toute authentique conversion, à se tourner et à mettre sa confiance en Dieu seul. Fini alors le jeu des tièdes, des timorés et des modérés qui veulent bien travailler pour Dieu mais sans Lui, qui préfèrent passer des alliances avec d’autres partis, quitte pour cela à rogner sur certaines « valeurs non-négociables », ou à concocter des unions contre-nature (comme ce fut le cas en son temps, mais encore, avec le communisme, et bientôt avec la communauté musulmane… que l’on courtise de plus en plus parce que justement elle est – au moins dans l’idée que l’on veut s’en faire – une minorité unifiée par des « valeurs non-négociables » !). Nous devons nous rappeler les leçons que Dieu nous a données au cours de l’Histoire Sainte – laquelle fut écrite pour nous servir d’instruction, à nous, AUJOURD’HUI [7]. Et que nous apprend donc [13] l’Histoire Sainte ? Elle nous apprend que ce fut la tentation constante des chefs du petit peuple de Dieu de croire devoir passer des alliances politiques et militaires avec de voisins pays, plus puissants que lui certes, mais aussi liés par leurs religions à Satan, et que cela a toujours conduit le peuple à la ruine. Ce faisant, contre les avis des Prophètes, ils abandonnaient le Dieu qui les sauvait pour se creuser des « citernes lézardées qui ne tiennent pas l’eau [8] ». Ils ne croyaient plus que « rien n’empêche le Seigneur de donner la victoire, qu’on soit beaucoup ou peu [9] ». Ou bien Dieu est présent dans l’histoire et la conduit, auquel cas ceux qui se disent Ses fidèles n’ont pas à flirter avec Ses ennemis, ou bien ils ne croient pas vraiment en Lui et doivent mettre leur confiance dans les démons, devenus rois de tant de cœurs et de nations entières qu’ils conduisent comme des pantins à la mort, roseaux décevants qui percent la main lorsque l’on s’y appuie [10].

Cette confiance en Dieu dans l’engagement politique implique nécessairement, comme l’Écriture [11] et la fête du Christ Roi nous le rappellent chaque année, une vie de prière, et une vie de prière publique. Où en est-on de ce témoignage public rendu au Christ Roi chaque année ? La plupart des prêtres que j’ai entendu prêcher ce jour-là veulent bien parler du Christ « Roi du cosmos » mais jamais du « Christ roi de la société »… Ils en auraient honte. C’est qu’ils doivent plaire au « politiquement correct ». On n’est jamais trahi que par les siens.

Parce que la vie avec Dieu [12] implique le don de soi, l’engagement de toute sa vie, la pratique des commandements divins est le gage des bénédictions divines. Manquer à l’obéissance aux lois divines, comme notre société s’y engage toujours plus, c’est encourir la malédiction et les châtiments divins [13]. C’est ce que l’Histoire Sainte nous apprend. Il faut prier, beaucoup prier et produire de dignes fruits de pénitence [14] pour empêcher « la Colère qui vient [15] ». En mars 1936, la Mère de Dieu disait à sainte Faustine :

« J’ai donné au monde le Sauveur, et toi tu dois parler au monde de Sa grande miséricorde et préparer le monde à la seconde venue de Celui qui viendra, non comme Sauveur miséricordieux, mais comme juste Juge… Oh ! Que ce jour est terrible ! Le jour de la Justice a été décidé, le Jour de la Colère de Dieu… et les anges tremblent devant lui ! Parle aux âmes de cette grande miséricorde tant que c’est le temps de la pitié. »

Dieu ne châtie Son peuple qu’en proportion de ses infidélités à l’observance de Sa loi d’amour, et Il le sauve aussi dans la mesure où, non pas tous, car cela est impossible, mais le plus grand nombre se conforme à Ses commandements. C’est la masse en effet qui, par ses péchés, porte les chefs à pécher, ou à promulguer de justes lois. Or, « de la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes [16] ». Si nous retournons au Seigneur et demeurons dans Son Église, commencement ici-bas de Son Royaume, alors Dieu répétera pour nous le miracle de la manne, et rien ne nous manquera. Rien n’est impossible à Dieu comme à celui qui croit en Jésus [17]. L’Église ne peut pas périr car elle est fondée sur le Roc éternel [18]. La Puissance des ténèbres ne peut lui nuire jusqu’à complètement la détruire, car en Elle demeure le Sang du Fils de Dieu, et celui des Saints. D’Elle découlent pour le monde des trésors divins de pardon et de savoir, pour tant de peuples qui ont forniqué avec les démons et ainsi mérité leur malédiction [19]. L’Église catholique romaine est à même d’inspirer confiance aux peuples de la terre parce qu’Elle est la seule société à n’avoir aucune soif de domination ou de désir de vengeance. La Rome du Christ a vaincu la Rome des Césars non par les armes et les batailles, mais par la seule force de l’amour, avec une seule arme : la croix, et une seule technique : la prière.

Peuple chrétien : à genoux !

Et sois uni si tu ne veux pas disparaître !

Est-ce pour rien que Jésus, le « Roi des rois et Seigneur des seigneurs [20] » a donné à Son peuple ce commandement toujours d’actualité :

« Babylone la Grande […] s’est changée en demeure de démons, en repaire pour toutes sortes d’esprits impurs, en repaire pour toutes sortes d’oiseaux impurs et dégoûtants. Car au vin de ses prostitutions se sont abreuvées toutes les [14] nations, et les rois de la terre ont forniqué avec elle, et les trafiquants de la terre se sont enrichis de son luxe effréné. […] Sortez, ô mon peuple, quittez-la, de peur que, solidaires de ses fautes, vous n’ayez à pâtir de ses plaies [21] ! »

Faisons en sorte qu’au dernier jour nous ne soyons pas marqués par le chiffre de la Bête [22], en étant devenus des démons de par notre commerce honteux avec la grande prostituée, mais que resplendisse sur nos fronts oints du sacrement des soldats du Christ [23] le signe glorieux du Fils de Dieu, celui de la croix… « Par conséquent, pour aller à Lui, sortons en dehors du camp, en portant Son opprobre [24] », c’est-à-dire en assumant notre différence.

1. Jn 17 21.

2. 1 Co 1 10.

3. Ph 2 2-4.

4. Mt 12 25.

5. 1 Co 1 13.

6. Devenant ainsi le sel qui s’affadit parce que sans plus de goût caractéristique et bonne à cause de cela pour le tout-à-l’égout (cf. Lc 14 34-35).

7. Cf. Rm 15 4 ; 1 Co 10 11.

8. Jr 2 13.

9. 1 S 14 6. Cf. 1 S 17 47 ; 2 R 19 34 ; 1 M 3 18-20 ; Os 1 7.

10. Cf. 2 R 18 21 ; Is 30 1-7, 31 1-3, 37 ; Jr 2, 5 19, 42 11 ; Ez 12 1-16, 29 6 ; etc.

11. Cf. Jr 29 7.

12. Cf. Jr 9 23, 22 6, 24 7 ; Jn 17 3.

13. Cf. Is 1 16-20, 5 8-23, 10 1-4, 33 14-16 ; Jr 22 2-5.13-19, 25 5-13 ; Ap 19 16 ; etc.

14. Cf. Mt 3 8.

15. Cf. 1 Th 1 10.

16. Pie XII, Radiomessage La solennita, 1er juin 1941, n. 3 (La Documentation catholique, n. 969, 21 juillet 1946, col. 791).

17. Cf. Jn 11 40.

18. Cf. Mt 16 18.

19. Cf. Ap 17 2.

20. Ap 19 16.

21. Ap 18 2-4.

22. Cf. Ap 13 16-17.

23. Cf. 2 Tm 2 3.

24. He 13 13.