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De la pastorale du diocèse de Paris

« Divorcés-remariés : vivre sa foi au grand jour »

Tel était le titre d’un article en double page du numéro de l’hebdomadaire diocésain Paris Notre-Dame daté du 10 avril dernier [1]. Le titre, déjà, en soi, me semble une aberration. Toute la question est peut-être de savoir de quelle foi il s’agit, car vivre « sa » foi n’est pas nécessairement vivre « la » foi… S’est-on demandé ce que doivent penser, à la lecture de ce titre, les conjoints qui, par fidélité à leur sacrement de mariage, et donc en vertu de leur foi, ne se remarient pas ? Qui a vraiment la foi ? Celui qui dit : « Seigneur, Seigneur », ou celui qui met en pratique les commandements de Dieu [2] ?

Certes, les photographies de l’article nous montrent des couples de divorcés-remariés, accompagnés de l’Abbé Thibault Verny, leur gentil curé de la paroisse Notre-Dame de Lorette (Paris IXe), sous un tableau de la Vierge à l’Annonciation (!), être tout sourires, et vivre surement une très joyeuse fraternité humaine. En les voyant si heureux, on en vient même à se demander pourquoi on a attendu si longtemps pour essayer la recette…

L’organe de presse officiel d’une Église pourtant répertoriée comme catholique nous apprend que ces heureux couples de divorcés-remariés ont « découvert un autre chemin de communion avec le Christ [3] »… Le Christ aurait-Il donc deux paroles, ou est-ce bien Lui qui a dit : « Que votre langage soit : “oui ? oui”, “Non ? non” [4] » ? Je ne vois pas que l’on puisse être à la fois interdit de communion avec le Christ et en communion avec Lui : « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi [5]. » Il n’y a pas pour le Seigneur de troisième voie.

En posant la première question, le journaliste, au nom de Paris Notre-Dame, donne d’entrée de jeu la mesure de l’abomination installée dans le saint Lieu : « En vous mariant, vous saviez que vous empruntiez un chemin difficile [6]… » Comment est-il possible que l’organe de presse officiel du diocèse assimile le mariage civil de baptisés à un mariage ? Ne croit-on plus au diocèse qu’il n’y a de mariage pour les baptisés que sacramentel, d’une part, et que, d’autre part, le mariage est indissoluble ?

La réponse à la question arrive toute fleurie de la compromission qui sied si bien à la « pastorale » moderniste : « Un accompagnement spirituel nous a éclairés sur le bien-fondé de nous marier [7] » ! Le texte ne dit pas si ledit accompagnement les a aussi éclairés sur les raisons pour lesquelles saint Jean-Baptiste est allé se faire décapiter… Pauvres brebis entraînées « sous le regard bienveillant d’un prêtre [8] » à vivre dans leur péché et à marcher ainsi sur les chemins de la perdition éternelle… Elles y marchent avec la « bénédiction [9] » du prêtre qu’elles reçoivent lorsqu’elles s’avancent dans la file de communion. Depuis quand un prêtre peut-il bénir des adultères [10] ? Comment est-il possible de bénir à la fois la volonté de se sanctifier dans le mariage et la volonté d’offenser le mariage ? Et pour couronner le tout, le prêtre ne craint pas de se prêter encore à une parodie du sacrement de pénitence en écoutant leurs confessions puis « en appelant la grâce et la bénédiction du Seigneur [11] » sur eux, afin que s’ouvre pour eux « un chemin de communion [12] »… Quelle prière le prêtre peut-il faire en pareille occasion, et quelles grâces le Seigneur peut-Il donner en réponse à celle-ci ? Uniquement deux. Soit celle de la rupture, soit celle de vivre en frère et sœur. Il n’y en a pas d’autre… Mais est-ce vraiment cela qu’ils souhaitent recevoir en demandant la « bénédiction », et ce que le prêtre demande dans sa prière pour eux ?

L’illusion est si parfaite, le mensonge si bien accepté, le sacrilège si consommé que les interviewés se reconnaissent dans leur démarche « comme les enfants [11] qui n’ont encore jamais communié [13] » ! Non seulement on leur fait croire que leur péché a mystérieusement disparu, puisqu’ils vivent en communion avec le Christ, mais encore qu’ils sont dans un état d’innocence semblable à celui des petits enfants… C’est vraiment touchant ! Que pourrait-on désirer de plus ?

Leur curé, l’Abbé Thibault Verny, durant leur accompagnement, leur a rappelé « les fondements [14] ». Lesquels ? Celui de savoir « que nous restons avant tout des baptisés unis au Seigneur [15] ». L’affirmation de cette union indissoluble au Seigneur est dite et répétée tout au long de l’article, comme un nouveau credo qu’il s’agit de bien faire entrer dans sa tête : « par notre baptême, nous restons en communion avec le Christ [16] », et un peu plus loin : « cette communion reste possible [17] ». Elle ne reste malheureusement possible que le temps que Dieu donne pour se repentir, mais elle n’est pas actuellement effective, ce qui manifestement ne leur a pas été rappelé, au grand dam pour leur salut ! Sans quoi, on ne voit pas pourquoi ils ne devraient pas communier. La vérité est qu’il n’y a pas de communion possible entre le fidèle et l’infidèle, entre la justice et l’impiété, entre le Christ et Béliar [18].

Ce double langage est tout de même étonnant : d’une part on voudrait que le lien au Seigneur demeure envers et contre tout, qu’il soit indestructible, et d’autre part on ne craint pas de rompre le lien indissoluble de son mariage pour aller en célébrer un nouveau… Comment peut-on faire ainsi croire que quel que soit notre comportement nous restons unis au Seigneur ? Qui sait encore ce qu’est le péché ?

« Quelqu’un rejette-t-il la Loi de Moïse ? Impitoyablement il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins. D’un châtiment combien plus grave sera jugé digne, ne pensez-vous pas, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le Sang de l’Alliance dans lequel il a été sanctifié, et outragé l’Esprit de la grâce [19] ? »

Apparemment, la pastorale parisienne n’entend pas, en cette année consacrée à saint Paul, imiter l’Apôtre en invitant les fidèles à résister « jusqu’au sang dans la lutte contre le péché [20] ». Il est vrai que nous ne sommes plus au temps de saint Paul, ni même peut-être à celui de Dieu… Et c’est sans doute pourquoi l’article se termine par cette phrase :

« Dans ce contexte, notre groupe se présente comme un seuil ouvert qui correspond à une attente que beaucoup n’osent même pas espérer au cœur de l’Église : une vie spirituelle, possible et heureuse [21]. »

« HEUREUSE » ! Puisqu’on vous le dit ! « HEUREUSE » !

Dans cet article, pas une fois il n’a été question de conversion ou de pénitence. La Vierge Marie a eu beau venir à Lourdes rappeler le message de son Fils et Dieu : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! », et l’on a beau s’activer pour fêter cet anniversaire, que cela ne saurait entamer le zèle et l’assurance des « scribes et Pharisiens hypocrites [22] » du Nouvel Israël… Derrière les apparents bons sentiments et sourires, « le mystère d’iniquité [23] » qui, « sous la forme d’une imposture religieuse [apporte] aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la Vérité [24] »… Péchez, braves gens ! Le diable s’occupe de tout ! Et la pastorale diocésaine l’aide bien !


« La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs – par l’exemple l’éducation des enfants –, remplir l’obligation de la séparation, “ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux”. »

Jean-Paul II, exhortation apostolique Familiaris Consortio, 22 novembre 1981, n. 84 (La Documentation catholique, n. 1821, 3 janvier 1982, pp. 41-42), citant : Jean-Paul II, Homélie à la messe de clôture du VIe Synode des Évêques, 25 octobre 1980, n. 7 (La Documentation catholique, n. 1796, 23 novembre 1980, p. 1052).

1. Paris Notre-Dame, n. 1232, 10 avril 2008, pp. 14-15.

2. Cf. Mt 5 27-32 ; 7 21.

3. Paris Notre-Dame, n. 1232, 10 avril 2008, p. 14.

4. Mt 5 37.

5. Mt 12 30.

6. Paris Notre-Dame, n. 1232, 10 avril 2008, p. 14.

7. Ibid.

8. Ibid., p. 15.

9. Ibid.

10. Je sais bien qu’en 2004 l’archevêque de Strasbourg, Mgr Doré, avait lui-même concocté un rituel de bénédiction pour le remariage civil de baptisés déjà sacramentellement mariés…

11. Ibid., p. 15.

12. Ibid.

13. Ibid.

14. Ibid.

15. Ibid.

16. Ibid.

17. Ibid.

18. Cf. 2 Co 6 14-15.

19. He 10 28-29.

20. He 12 4.

21. Paris Notre-Dame, n. 1232, 10 avril 2008, p. 15.

22. Mt 23 13.

23. 2 Th 2 7.

24. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 675.