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Commentaire théologique de la constitution dogmatique De divina Revelatione

L’étude qui suit impose, avant tout, de bien situer le texte qui en sera l’objet. Notre travail commencera donc par l’examen critique du contexte historique et du « genre littéraire » de la constitution De divina Revelatione ; nous traiterons avec une attention particulière cette première partie, qui nous permettra de formuler les conditions d’une saine herméneutique, ainsi que les principes méthodologiques qui nous guideront ensuite dans l’analyse et le commentaire du texte.

1. Le tour des lieux… (situation et herméneutique du texte)

Outre son caractère « pastoral » unique dans les annales de l’Église, une particularité notable du Concile Vatican II fut sa médiatisation, qui nous vaut de posséder aujourd’hui, non seulement ses Actes – intégralement rendus accessibles au public, pour la première fois dans l’Histoire –, mais aussi une très abondante documentation sur sa préparation et son déroulement ; le moindre chuchotis de couloir a ainsi été répercuté urbi et orbi, aussitôt commenté et interprété par un aréopage de glossateurs. La prolixité et le zèle plus ou moins intéressé de ces derniers, contempteurs aussi bien que thuriféraires, n’ont pas peu contribué à reléguer le Concile lui-même à l’arrière-plan de l’actualité, au profit d’un grand débat herméneutique sur l’esprit d’un Concile que d’aucuns jugeaient dépassé peu après son achèvement [1].

L’Histoire de l’Église [2] témoigne que tous les conciles furent autant de lieux de discorde, entre partis dont la gloire de Dieu n’était pas toujours l’unique préoccupation, et qu’une typologie simpliste distinguera en conservateurs traditionalistes bornés et obscurantistes d’un côté, libéraux progressistes réformistes éclairés et innovateurs de l’autre. Les bons et les méchants ?

Le dernier Concile n’a pas échappé à ces querelles intestines, et le texte que nous nous proposons d’étudier l’atteste assez bien, qui suscita un âpre débat durant trois ans, cinq versions successives et d’innombrables retouches. Nihil sub sole novum [3], donc. Mais il semble que le caractère médiatique signalé plus haut ait focalisé nombre d’esprits sur ce seul aspect de l’événement conciliaire [4], au détriment d’une saine réflexion, accréditant l’idée que l’information peut varier en proportion inverse de la communication. Il n’est pas dans notre propos d’approfondir ici ce paradoxe [5] ; bornons-nous à constater que, malheureusement, la théologie semble présenter moins d’attrait que le spectacle des mêlées entre bandes rivales.

Prenons acte également qu’à ce jour la plupart des commentaires du Concile sont liés à un postulat, découlant des considérations précédentes : l’enseignement du Concile Vatican II est en rupture avec l’enseignement antérieur de l’Église. Ce postulat admis, pour s’en réjouir ou s’en lamenter, on parlera, suivant l’appartenance à tel ou tel clan, de « théologie ancienne [6] » ou de « religion nouvelle [7] ».

Cette bipolarité oriente nécessairement la lecture des textes. Un indice nous suffira pour l’établir : les intertitres de paragraphes. Ne faisant pas partie du texte original, mais introduits par le traducteur et/ou l’éditeur afin de guider la lecture, leur intérêt est aussi d’exprimer une certaine interprétation du texte, en manifestant les présupposés théologiques de leur auteur. Ainsi, à titre d’exemple, nous relevons les variations suivantes pour le paragraphe n. 5 de la constitution De divina Revelatione : « Accueil de la Révélation par la foi [8] », « La révélation doit être reçue par la foi [9] », « On doit croire à la révélation [10] ». De toute évidence, entre l’attitude subjective de l’accueil et le devoir objectif dont on connote l’acte de croire, nous avons affaire à différentes lectures, induisant autant de traductions.

Sans prétention d’exhaustivité, une dernière remarque, toujours en corrélation avec le postulat énoncé supra, conclura cette approche liminaire : les présupposés que nous venons d’évoquer tendent inéluctablement à enfermer la réflexion dans un cercle hermé(neu)tique, toute interprétation se justifiant par référence à une autre interprétation. « Or l’acte du croyant ne se termine pas à un énoncé, mais à la réalité [11] ». Seul un critère objectif permet de dégager le sens authentique d’un texte.

Tranchons maintenant dans le vif, et formulons notre méthodologie :

1.1 Contexte historique et conditions d’élaboration

Y a-t-il lieu d’accorder une attention particulière aux conditions d’élaboration du texte, qui, comme nous l’avons vu, ont été peu ou prou celles qu’on rencontre communément dans l’Histoire des Conciles, et, plus généralement, dans toute entreprise de rédaction collective ?

Un texte discuté, révisé, jugé, approuvé et voté par les Pères d’un Concile œcuménique régulièrement convoqué et dirigé par le Pape, un texte approuvé et promulgué par le Pape lui-même, ne peut être considéré comme l’œuvre et la propriété d’une faction. La constitution, dans sa rédaction finale, l’emporte, non seulement sur les schémas préparatoires, mais aussi et surtout sur les controverses antérieures et les intentions de ses auteurs. En effet, l’Église n’étant pas « œuvre de l’homme [12] » mais « institution divine et mystère de foi [13] », « toujours assistée par le Saint-Esprit [14] », son enseignement est garanti contre l’erreur [15]. Dès lors qu’elle a été promulguée, la constitution acquiert un statut propre : elle devient purement et simplement l’œuvre conjointe du Magistère de l’Église et du Saint-Esprit [16], à accueillir avec le degré d’obéissance qui lui est dû.

Par analogie avec les principes d’interprétation du droit canon [17], nous considérerons donc les conditions d’élaboration comme le dernier lieu herméneutique.

1.2 Continuité ou rupture

La nature même d’une « constitution dogmatique » en délimite étroitement le champ d’interprétation ; l’unité du développement dogmatique [18] exige que l’on reste dans le cadre des définitions magistérielles antérieures. Dans son discours d’ouverture du 11 octobre 1962, le Pape Jean XXIII, de bienheureuse mémoire, stipulait ce principe de continuité :

« L’humble Successeur du Prince des Apôtres qui vous parle […] a voulu en convoquant ces importantes assises donner une nouvelle affirmation au magistère ecclésiastique toujours vivant et qui continuera jusqu’à la fin des temps. […] Ce qui est très important pour le Concile œcuménique, c’est que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit conservé et présenté d’une façon plus efficace [19]. »

Le Pape Jean-Paul II a réaffirmé que « l’ensemble des enseignements du Concile » devait être « bien compris et interprété dans le contexte du Magistère antérieur [20] ». Il ne saurait donc être question de soutenir ici une quelconque contradiction.

1.3 Critère herméneutique

« La tâche de l’interprétation – de l’herméneutique – est de chercher à comprendre et dégager, dans le respect de la parole prononcée, le sens dont un texte est porteur, et non pas de recréer en quelque sorte ce sens au gré d’hypothèses arbitraires [21]. »

La pertinence de notre commentaire sera donc fonction de son objectivité, au sens plein du terme. Évitant toute singularité affective, la réception paisible du texte que nous nous proposons d’étudier est un préalable nécessaire pour mener à bien notre tâche. Nous commencerons donc par accepter « l’enseignement intégral du Concile ; intégral, c’est-à-dire entendu à la lumière de toute la sainte Tradition et sur la base du magistère constant de l’Église [22] ».

1.4 Traductions et lectures

Enfin, nous ne nous laisserons pas influencer outre mesure par les diverses traductions officieuses qui ont cours ici ou là, et les comparerons systématiquement au texte latin, seul officiel. Cependant, afin de faciliter la lecture de ce travail, le texte conciliaire sera cité en français autant que possible, les éventuelles observations nécessaires étant reportées en notes de bas de page.

La suite de notre étude se déroulera en deux étapes : tout d’abord, dans une attitude réceptive, nous analyserons le texte lui-même, afin d’en mettre à jour la structure et les principales articulations, ce qui nous permettra d’en mieux saisir le sens général ; dans un deuxième temps, nous livrerons notre accusé de réception, en procédant à un commentaire théologique des sujets qui, à un titre ou un autre, nous paraissent devoir retenir l’attention de qui désire mieux comprendre l’une des deux constitutions dogmatiques du Concile Vatican II.

2. Investigation des lieux (analyse du texte)

En dépit de son élaboration laborieuse, ce texte dense apparaît relativement clair, précis et logique : clarté dans la distinction et l’articulation des différents concepts mis en œuvre, précision dans leur détermination, et logique dans l’ordre d’exposition et le sens général. Mais nous disons en même temps « relativement », eu égard au caractère somme toute singulier d’une constitution conciliaire dont la nature dogmatique intrinsèque appelle un mode de lecture spécifique, prenant en compte la stratigraphie du texte. Examinons cela plus en détail.

Un préambule solennel introduit la constitution, en la plaçant d’emblée sous le signe de la continuité : le saint Concile, organe du Magistère suprême de l’Église [23], est à l’écoute de la Parole de Dieu et la proclame, dans l’obéissance [24] à l’enseignement apostolique et la fidélité au développement dogmatique subséquent (dont deux étapes sont soulignées : les saints Conciles de Trente et de Vatican I). L’objet de la constitution est explicité : « présenter la doctrine authentique sur la révélation divine et sa transmission [25] », dans une perspective kérygmatique. La constitution s’inscrit donc dans deux dimensions : dogmatique et pastorale [26].

L’exposé est divisé en six chapitres, qu’on peut regrouper en deux sous-ensembles pour la commodité de l’étude, en gardant cependant à l’esprit l’interdépendance de la totalité du texte : les deux premiers chapitres traitent de la Révélation proprement dite ; les quatre derniers s’attachent à l’une de ses composantes, la Sainte Écriture. Le développement des idées dans ces deux sous-ensembles progresse de façon chronologique.

Comme il a été précisé ci-dessus, le thème principal de la constitution, qui lui donne d’ailleurs son titre authentique [27], est la Révélation [28]. Le chapitre 1, qui en rappelle la nature et l’économie, son accomplissement en Notre Seigneur Jésus-Christ, et la réponse requise de l’homme à l’initiative divine, constitue donc la pointe dogmatique du document.

La lecture du paragraphe 2 fait rapidement apparaître l’effort de synthèse réalisé par les Pères conciliaires, manifesté notamment par l’emploi répété de conjonctions copulatives (et, -que, ac, tam … quam : douze occurrences au total). Ainsi, c’est dans Sa bonté et dans Sa sagesse que Dieu fait connaître Sa personne et Sa volonté, la vérité sur Lui-même et sur l’homme, par des actions et des paroles, etc. Dans le cadre de cette courte étude, nous ne pouvons analyser de façon détaillée ce procédé ; il convient cependant de souligner le point d’orgue de cette synthèse, la récapitulation dans le Christ, Verbe fait chair, Dieu et homme, mort et ressuscité, médiateur et plénitude de la Révélation.

Le dernier paragraphe (n. 6), renvoyant à l’enseignement de Vatican I sur la possibilité d’une connaissance naturelle de Dieu (un des préambules de la foi) et l’absolue nécessité de la Révélation, provoque la transition avec le chapitre suivant.

L’actualité permanente pour tout homme de la Révélation suppose en effet une transmission d’icelle, à travers toute l’histoire jusqu’à la fin des temps : dans la continuité des Prophètes de l’Ancienne Alliance, la succession ininterrompue des saints Apôtres et des évêques, c’est-à-dire l’Église enseignante, constitue l’épine dorsale de ce processus original, d’où l’insistance des Pères sur cette filiation tout au long des quatre paragraphes du deuxième chapitre. Les deux autres composantes du processus de transmission sont la Tradition sacrée (tout ce que « l’Église, dans sa doctrine, sa vie et son culte, perpétue et transmet [29] ») et la Sainte Écriture. Cette distinction est toute conceptuelle : en effet, l’élaboration, la spécification et la transmission de l’Écriture sont l’œuvre de la Tradition, son interprétation est conduite par le Magistère, l’enseignement de ce dernier use tout à la fois de la Tradition et de l’Écriture, et l’ensemble est ordonné au salut des âmes.

« Il est donc évident que la Tradition sacrée, la Sainte Écriture et le Magistère de l’Église sont entre eux, selon le très sage dessein de Dieu, tellement liés et associés, qu’aucun d’eux n’a de consistance sans les autres, et que tous contribuent en même temps de façon efficace au salut des âmes, chacun à sa manière, sous l’action du seul Saint-Esprit [30]. »

Cette conclusion du deuxième chapitre – et de ce que nous avons considéré précédemment comme le premier sous-ensemble de la constitution – doit bien être présente à l’esprit pour comprendre la portée exacte des quatre derniers chapitres que nous allons maintenant examiner. Ceux-ci traitent en effet de la Sainte Écriture et on pourrait s’étonner du primat dont jouit celle-ci dans le développement de De divina Revelatione : le privilège n’est qu’apparent puisque, comme cela vient d’être souligné, Tradition sacrée et Magistère sont indissociables de la Parole de Dieu consignée par écrit ; leur rôle conjoint est d’ailleurs mentionné, explicitement ou implicitement, à de nombreuses reprises.

Les Pères rappellent tout d’abord l’inspiration divine et l’inerrance des textes sacrés, la nécessité d’une lecture unifiée de la Sainte Écriture à la lumière de la Tradition, et la soumission de toute interprétation au jugement de l’Église.

Les deux Testaments font ensuite chacun l’objet d’un chapitre ; le paragraphe n. 16, soulignant l’unité des livres bibliques, lie l’un à l’autre ces deux chapitres. La pérennité et l’importance des écrits vétérotestamentaires sont justifiées par « l’économie du salut [31] » qui s’y dévoile, avant de se manifester pleinement dans le Nouveau Testament. Le cœur de ce dernier est constitué par les quatre Évangiles, dont les Pères réaffirment avec insistance l’origine apostolique et le caractère historique. Les autres écrits néotestamentaires témoignent de la présence et de l’action permanentes du Seigneur et de l’Esprit-Saint dans l’Église [32].

Cette considération conduit tout naturellement au sixième et dernier chapitre, formant en quelque sorte la pointe pastorale de cette constitution dogmatique. « Règle suprême de [la] foi, […] conjointement avec la sainte Tradition [33] », la Sainte Écriture a toujours eu une importance spécifique dans la vie de l’Église, notamment en raison de son immuabilité. Les Pères renouvellent les nombreuses recommandations du Magistère antérieur quant à la nécessité de versions et traductions soignées, encouragent les études bibliques et exhortent tous les fidèles à lire les textes sacrés.

Enfin, il convient de porter une attention toute particulière à un élément – souvent oublié – de la constitution : son référentiel (entendu comme l’ensemble des autres textes auxquels le lecteur est renvoyé). La stratigraphie de la constitution rend cette analyse assez délicate ; on peut en effet distinguer quatre niveaux de références :

Cet aperçu du référentiel de De divina Revelatione montre à quel point la lecture de ce type de texte exige, beaucoup plus qu’en aucun autre genre littéraire, une discipline et une culture propre ; il s’agit en effet d’appréhender l’ensemble du document dans sa profondeur (i.e. dans sa dimension verticale) avant d’en pouvoir évaluer correctement ce que nous appellerons sa surface sémantique et théologique. L’exercice, long autant que laborieux, se situe hors du cadre de cette étude, et justifie les réserves que nous exprimions plus haut, quant à la « relative » clarté, précision et logique de la constitution. La lecture simplement horizontale d’un texte conciliaire, sans prise en compte des strates du depositum fidei, ne peut conduire qu’à de fâcheux contre-sens.

A contrario, l’attitude que nous avons préconisée au début de cette étude introduit à la compréhension authentique du texte, en harmonie avec l’enseignement de l’Église. On s’en convaincra sans doute en (re)lisant le long commentaire de De divina Revelatione publié dans le Catéchisme de l’Église catholique [38], « texte de référence sûr et authentique pour l’enseignement de la doctrine catholique [39] ».

3. Commentaire théologique

L’ambition de notre « accusé de réception » se limitera à souligner certains aspects fondamentaux, susceptibles d’être repris dans une étude plus approfondie, et à proposer dans ce but quelques pistes de travail.

3.1 L’ecclésiologie de De divina Revelatione

Nous avons volontairement négligé dans notre analyse le contexte de la constitution, en particulier son contexte proche : la situation de De divina Revelatione dans le corpus conciliaire. La première remarque qui nous semble s’imposer à ce stade de notre étude réparera cette omission. En effet, le contenu de la Révélation est l’objet de notre foi [40], la Révélation fonde notre religion [41] : la doctrine authentique sur ce sujet primordial ne nous est pourtant présentée qu’en second lieu, après la constitution dogmatique sur l’Église, puisque c’est de notre sainte Mère l’Église que nous recevons le trésor de la Révélation. Nous n’en dirons pas plus, mais il nous parait important de remarquer d’emblée cet aspect…

3.2 La christologie de De divina Revelatione

… qui nous place dans l’axe même du Concile : le Christ, Lumen gentium. Nonobstant la tournure pléonastique de notre intertitre, il convient d’examiner la façon dont les Pères conciliaires ont caractérisé le rôle du Christ dans la Révélation, œuvre de la Très Sainte et Très Auguste Trinité. L’analyse du texte avait décelé l’effort de synthèse des Pères conciliaires, produisant, selon l’expression du Pape Jean-Paul II, « une théologie de la “récapitulation” de toutes choses dans le Christ [42] ». Un point nodal de cette christologie nous semble résider dans un petit membre de phrase du paragraphe 4, en fait une référence implicite (selon la terminologie définie supra) à Jn 14 9 : « qui le voit, voit aussi le Père ». Parole particulièrement révélatrice ! La démarche de la foi repose entièrement sur le témoignage d’autrui ; nous croyons ce qu’autrui nous dit avoir vu, ce qu’autrui nous dit savoir. Toute notre foi est donc fondée sur le seul témoignage du Christ, « qui est à la fois le médiateur et la plénitude de la révélation [43] » ; c’est par le Christ et dans le Christ que nous connaissons Dieu. Verba Dei et gesta Dei manifestés en Lui et par Lui authentifient Son témoignage, et il n’y pas lieu d’opposer « enseignements [et] manifestation existentielle [44] », « contenu noétique [et] démarche existentielle [45] », puisque doctrina salutaris [46] et via vitæ [47] s’accomplissent dans le Christ, pédagogue et restaurateur (qu’on entendra aussi comme rédempteur) de l’humanité :

« À l’homme insensé [la Sagesse] dit : “Venez, mangez de mon pain, buvez du vin que j’ai préparé [48] !” »

3.3 La théologie trinitaire de De divina Revelatione

Restant dans l’axe mentionné au paragraphe précédent, mais changeant de perspective, il convient aussi de vérifier l’équilibre de cette christologie : christocentrisme [49] légitime ou « concentration christologique [50] » exacerbée ? Une réponse nous est livrée par le début du second paragraphe, qui évoque successivement le principe de la Divinité (placeo [51]), Sa bonté (bonitas) et Sa sagesse (sapientia). Or, nous savons que l’Église « attribue habituellement au Père les œuvres divines où éclate la puissance, au Fils celles où brillent la sagesse, au Saint-Esprit celles où domine l’amour [52] ». Ainsi, le Christ S’identifie à la Sagesse divine, que le livre éponyme définit ainsi :

« Un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l’activité de Dieu, une image de Sa bonté. […] D’âge en âge passant en des âmes saintes, Elle en fait des amis de Dieu et des prophètes [53]. »

Autant de thèmes développés par la constitution… De la même façon, une pneumatologie [54] de De divina Revelatione pourrait prendre un point d’appui sur le second terme du triplet détaillé plus haut (bonitas), et montrer comment est distinguée la mission propre du Saint-Esprit dans la Révélation, notamment dans les hot spots de la constitution : Tradition, Écriture, Magistère. Sans nous étendre davantage, il semble bien que ce recours (sans exclusive) aux « appropriations » permette une juste intelligibilité de l’œuvre trinitaire dans la Révélation.

3.4 La théologie morale de De divina Revelatione

Les implications de De divina Revelatione en théologie morale [55] méritent une attention particulière, en raison de l’origine d’un bon nombre de critiques visant l’enseignement de l’Église depuis le Concile (l’encyclique Humanæ vitæ de Paul VI représentant sans aucun doute un point de cristallisation en la matière) et de la « véritable crise [56] » concomitante que connaît cette partie de la théologie. Le verset évangélique [57] commenté dans Veritatis splendor par Jean-Paul II montre bien, dans une perspective théologique, que la réflexion éthique sur l’agir humain (« que dois-je faire ») et sa valeur morale (« de bon ») est encadrée par une source de vérité [58] (« Maître ») et une finalité (« pour obtenir la vie éternelle »). La constitution sur la Révélation divine peut-elle nous aider à y voir plus clair ?

Une première réponse nous est donnée par l’identification de la source de vérité et de la finalité : le Christ, en qui « resplendit […] la vérité profonde aussi bien sur Dieu que sur le salut de l’homme [59] », est aussi « la vie éternelle » annoncée par saint Jean [60]. Nous avons aussi relevé précédemment un point essentiel de la christologie de De divina Revelatione : la vision du Christ (aux sens actif et passif : le Christ voyant, le Christ vu). Est ainsi rappelé, d’une part, que la vérité – et non la liberté – est la source des valeurs, et, d’autre part, que la théologie morale, avant d’être τέχνη ou πρᾶξις, est d’abord θεωρία [61].

Un deuxième élément à prendre en considération est le rôle de l’Écriture : reprenant une expression de Léon XIII, la constitution rappelle que « l’étude des Saintes Lettres doit […] être comme l’âme de la sainte théologie [62] ». Si l’Ancien Testament contient « des choses imparfaites et provisoires [63] », dans l’Évangile réside « la source de toute vérité salutaire et de toute discipline morale [64] ». Le texte conciliaire lui-même ne précise pas la portée normative de cette source, mais le Magistère constant de l’Église enseigne que l’Évangile contient non seulement « des principes généraux de conduite chrétienne » mais aussi « des enseignements et des préceptes ponctuels [65] ».

3.5 La théologie biblique et la liturgie de De divina Revelatione

Attardons-nous enfin sur ce que nous avons appelé la pointe pastorale de la constitution, la Sainte Écriture, et plus particulièrement sur l’impact des encouragements et recommandations prodigués par les Pères du Concile concernant la lecture de la Parole de Dieu [66].

Rappelons tout d’abord que ces exhortations n’ont rien de révolutionnaires, et font suite à de nombreuses incitations antérieures du Magistère [67], liées tant à l’histoire de l’exégèse aux XIXe et XXe siècles qu’aux possibilités nouvelles de connaissance (accès de plus en plus systématique à la lecture par la généralisation de l’instruction primaire) et de diffusion (diminution du coût grâce aux moyens modernes d’impression) de la Bible.

L’impact le plus visible se remarque dans la sainte Liturgie : il n’y a rien de fortuit dans le fait que la constitution sur la liturgie succède immédiatement à la constitution sur la Révélation divine dans le corpus conciliaire. Promulguées à deux ans d’écart, les constitutions De sacra Liturgia et De divina Revelatione ont contribué ensemble à une restauration de la lecture biblique [68] dans le culte chrétien : augmentation du nombre de lectures au cours de la messe (dans un cycle biennal ou triennal), et révision du Bréviaire.

Les différents éditeurs de la Bible seraient-ils les principaux bénéficiaires de cette restauration ? Le nombre de Bibles vendues en France chaque année est estimé à deux cent cinquante mille exemplaires, et près d’un foyer sur deux (42 %) possède une Bible [69]. Il y aurait là sans doute matière à développer un nouveau lieu théologique, les aspects financiers de l’économie de la Révélation, mais nous nous contenterons de remarquer que l’augmentation des ventes et de la lecture de la Bible contraste fâcheusement avec la chute des vocations et de la pratique religieuse (au moins en France). Comment expliquer cette évolution inversement proportionnelle ? Nous laissons la question ouverte…

4 Conclusion

… non sans relever qu’en icelle se manifeste à nouveau un paradoxe déjà signalé : l’information peut varier en proportion inverse de la communication. Dilemme redoutable induit par la perspective kérygmatique des Pères conciliaires : la Prédication de la Parole de Dieu, qui « pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles [70] », ne consiste pas seulement à faire entendre mais à faire accueillir [71], et ne saurait donc se réduire à un problème de méthode ; le don de la grâce, la sainteté en particulier, échappera toujours aux calculs des stratèges de la pastorale… « pour que ne soit pas réduite à néant la Croix du Christ [72] ! »

Bibliographie

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Logo Concile œcuménique Vatican II, Constitutions – Décrets – Déclarations, Paris, Centurion, 1967.
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Logo Küng (Hans), Le Concile. Épreuve de l’Église, traduction collective, Paris, Seuil, 1963.
Logo Verbist (Henri), Les grandes controverses de l’Église contemporaine, de 1789 à nos jours, Lausanne, Rencontre, collection « Marabout Université », 1971.
Logo S. Vincent de Lérins, Tradition et progrès : le Commonitorium, traduction par Pierre de Labriolle, Paris, Desclée De Brouwer, collection « Les Pères dans la foi », 1978.

1. Ainsi, le Cardinal Léon-Joseph Suenens, lors d’une conférence donnée à l’Université de Sudbury (Canada) en 1971, affirmait : « La théologie de Vatican II […] est déjà dépassée » (La Croix, n. 26811, 3 mars 1971, p. 8).

2. On se reportera, par exemple, à l’ouvrage classique du chanoine Peltier (Adolphe-Charles), Dictionnaire universel et complet des conciles tant généraux que particuliers, des principaux synodes diocésains et des autres assemblées ecclésiastiques les plus remarquables, 2 volumes, Petit-Montrouge, Migne, collection « Encyclopédie théologique » (tomes XIII-XIV), 1846.

3. Qo 1 9.

4. Jean-Paul II, Discours aux cardinaux et à la Curie romaine, 22 décembre 1992, n. 3 (La Documentation catholique, n. 2065, 7 février 1993, p. 104) : « Il y a […] un détail qu’il ne faut pas oublier : l’assemblée conciliaire fut suivie avec un grand intérêt par les médias : ils jouèrent sans aucun doute un rôle précieux d’information à l’égard de l’opinion publique, mais, souvent, ils s’abandonnèrent à une interprétation plutôt partielle des travaux, présentant le Concile comme un lieu d’affrontement entre tendance conservatrices et progressistes » ; cf. Discours au Sacré-Collège et à la Curie romaine, 28 juin 1980, n. 19 (La Documentation catholique, n. 1790, 20 juillet 1980, p. 673) : « Malheureusement, après le Concile Vatican II, une nouvelle ecclésiologie qui, fortement appuyée par quelques moyens de communication sociale, a prétendu montrer à l’Église des voies qui ne sont pas celles du Concile œcuménique Vatican II, s’est mise en avant. »

5. Cf. Escarpit (Robert), Théorie générale de l’information et de la communication, Paris, Hachette, collection « Langue Linguistique Communication », 1976.

6. Winling (Raymond), in : Schmitz-Perrin (Rudolf), Travaux dirigés de théologie systématique. Étude de textes théologiques, Strasbourg, Faculté de Théologie catholique, collection « Préparation du DEUG par télé-enseignement », 1996, p. 23.

7. Collectif, La religion de Vatican II. Études théologiques. Premier symposium de Paris. 4-5-6 octobre 2002, Paris, Cercles de Tradition de Paris, 2003, p. 359 (conclusion de la déclaration finale).

8. Traduction du P. Gustave Martelet s.j., in : Concile œcuménique Vatican II, Constitutions – Décrets – Déclarations, Paris, Centurion, 1967, p. 128.

9. Traduction du P. Jean-Pierre Torrell o.p., in : Vatican II, La Révélation divine, Paris, Cerf, collection « Unam Sanctam » (n. 70a), 1968, p. 25.

10. Traduction de la Polyglotte vaticane.

11. S. Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIa-IIæ, q. 1, a. 2, sol. 2.

12. Catéchisme du Concile de Trente, 1, 10, § IX.

13. Jean-Paul II, Discours aux cardinaux et à la Curie romaine, 22 décembre 1992, n. 4 (La Documentation catholique, n. 2065, 7 février 1993, p. 104). Cf. S. Pie X, Catéchisme, I, X, § 1 ; Catéchisme de l’Église catholique, nn. 763-766.

14. S. Pie X, Catéchisme, I, X, § 2. Cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique De divina Revelatione, n.8 ; Catéchisme de l’Église catholique, nn. 797-798.

15. Cf. Léon XIII, Lettre encyclique Divinum illud munus, 9 mai 1897 (Actes de Léon XIII. Encycliques, Motu Proprio, Brefs, Allocutions, Actes des Dicastères, etc., Paris, Maison de la Bonne Presse, 1899, t. V, p. 149) : « [L’Esprit] donne à l’Église [la] vérité, veillant, par une présence et un appui continu, à ce qu’elle ne soit jamais exposée à l’erreur. »

16. Cf. Ac 5 32, 15 28.

17. Code de droit canonique, can. 17 : « Les lois ecclésiastiques doivent être comprises selon le sens propre des mots dans le texte et le contexte ; si le sens demeure douteux et obscur, il faut recourir aux lieux parallèles s’il y en a, à la fin et aux circonstances de la loi, et à l’esprit du législateur. »

18. Les principes établis dans le Commonitorium de S. Vincent de Lérins sont d’ailleurs indirectement invoqués dans De divina Revelatione n. 8, qui y renvoie par le biais du Concile Vatican I (note 5 de l’édition Centurion). Jean-Paul II en fait également une clef de lecture du Concile : cf. Discours au Congrès international sur la mise en œuvre de Vatican II, 27 février 2000, n. 2 (La Documentation catholique, n. 2222, 19 mars 2000, p. 251).

19. La Documentation catholique, n. 1387, 4 novembre 1962, col. 1377, 1381.

20. Jean-Paul II, Homélie pour le vingt-cinquième anniversaire de l’ouverture de Vatican II, 11 octobre 1987, n. 3 (La Documentation catholique, n. 1950, 15 novembre 1987, p. 1065). De même, dans son Discours au Congrès international sur la mise en œuvre de Vatican II, 27 février 2000, n. 4 (La Documentation catholique, n. 2222, 19 mars 2000, p. 252) : « Lire le Concile en supposant qu’il comporte une rupture avec le passé, alors qu’en réalité il se situe dans la ligne de la foi de toujours, c’est se tromper complètement » (les italiques sont dans le texte).

21. Paul VI, Profession de foi catholique, 30 juin 1968 (La Documentation catholique, n. 1521, 21 juillet 1968, col. 1251).

22. Jean-Paul II, Discours au Sacré-Collège, 5 novembre 1979, n. 6 (La Documentation catholique, n. 1775, 12 décembre 1979, p. 1003).

23. Cf. Concile œcuménique Vatican II, constitution dogmatique De Ecclesia, n. 25b ; Code de droit canonique, can. 749 § 2 ; Catéchisme de l’Église catholique, nn. 884, 891.

24. On notera l’insistance sur ce point, entretenue par l’usage cumulé de audiens et obsequitur (la traduction du P. Martelet pour ce dernier terme, « fait sienne », nous paraît difficile à justifier).

25. Concile œcuménique Vatican II, constitution dogmatique De divina Revelatione, n. 1.

  • Ce texte sera désormais référencé par les initiales DR, suivies du (des) numéro(s) de paragraphe(s) concerné(s).
  • Nous suivons ici la traduction de la Polyglotte vaticane : dans le contexte d’une constitution dogmatique, la traduction de proponere par « proposer » ne nous semble pas la plus appropriée, quoique correcte ; la comparaison de plusieurs éditions de différents dictionnaires fait apparaître dans le temps une fâcheuse évolution sémantique du verbe « proposer », qui implique souvent aujourd’hui l’idée d’un choix laissé à l’appréciation de tout un chacun.

26. Cf. Jean-Paul II, Discours pour le 25e anniversaire de Dei Verbum, n. 1 (La Documentation catholique, n. 2021, 3 février 1991, p. 114) : « Ce document a été fécond pour l’approfondissement de la foi et la mission de l’Église. »

27. De divina Revelatione, et non Dei Verbum ; mais l’habitude a vite été prise, pour désigner les textes conciliaires, d’utiliser les premiers mots latins de chaque document, comme pour les encycliques.

28. Cf. Jean-Paul II, Discours pour le 25e anniversaire de Dei Verbum, n. 1 (La Documentation catholique, n. 2021, 3 février 1991, p. 115) : « Pour reconnaître toute l’importance de la Constitution Dei Verbum, il faut se rappeler d’abord qu’il s’agit d’une Constitution dogmatique qui porte sur la Révélation divine et non pas simplement sur les écrits bibliques » (les italiques sont dans le texte).

29. DR 8.

30. DR 10 (traduction de la Polyglotte vaticane).

31. DR 14-15.

32. Cf. Mt 28 20, Jn 16 13.

33. DR 21.

34. Constitution dogmatique Dei Filius sur la foi catholique, chapitre IV De fide et ratione (Dz. 3020).

35. Constitution dogmatique Dei Filius sur la foi catholique, chapitre II De revelatione (Dz. 3004).

36. S. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, Dénonciation et réfutation de la prétendue gnose au nom menteur, IV, 20, 4.

37. Paul VI, Lettre encyclique Ecclesiam suam, 6 août 1964 (La Documentation catholique, n. 1431, 6 septembre 1964, col. 1080) : « La révélation, qui est la relation surnaturelle que Dieu lui-même a pris l’initiative d’instaurer avec l’humanité, peut être représentée comme un dialogue (…) ».

38. En particulier, les nn. 50-143. On se reportera aussi à la catéchèse livrée par Jean-Paul II au printemps 1985, lors des audiences générales du mercredi, sur le thème « Foi et confession de la foi » (texte dans La Documentation catholique, du n. 1894, 21 avril 1985, au n. 1901, 4 août 1985).

39. Jean-Paul II, Constitution apostolique Fidei depositum, 11 octobre 1992 (La Documentation catholique, n. 2063, 3 janvier 1993, p. 2).

40. Cf. DR 5 ; Concile Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius sur la foi catholique, chapitre III De fide (Dz. 3008) : « Nous croyons vraies les choses révélées ».

41. Cf. Pie XI, Lettre encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928 (La Documentation catholique, n. 412, 28 janvier 1928, col. 197) : « Il n’est pas de vraie religion en dehors de celle qui repose sur la Révélation divine ».

42. Jean-Paul II, Discours à l’Université catholique de Lyon, 7 octobre 1986, n. 6 (La Documentation catholique, n. 1927, 2 novembre 1986, p. 1001).

43. DR 2.

44. P. Emmanuel-Marie o.p., « Dei Verbum. Les notions conciliaires de Révélation et de Tradition vivante », La religion de Vatican II. Études théologiques. Premier symposium de Paris. 4-5-6 octobre 2002, Paris, Cercles de Tradition de Paris, 2003, p. 43.

45. Geffré (Claude), in : Le langage de la foi dans l’Écriture et dans le monde actuel, Paris, Cerf, collection « Lectio divina » (n. 72), 1972, p. 222.

46. Concile du Latran IV, chap. 1 « La foi catholique » (Dz. 800).

47. Concile du Latran IV, chap. 1 « La foi catholique » (Dz. 801).

48. Sg 9 4-5.

49. Cf. Rahner (Karl), Vorgrimler (Herbert), Petit dictionnaire de théologie catholique, Paris, Seuil, 1970, p. 72 : « On qualifie de christocentrique une théologie chrétienne dans la mesure où elle met en valeur d’une façon juste la place centrale du Christ (comme de celui qui conditionne et ordonne tout le reste) dans l’histoire de la création et du salut. »

50. P. Emmanuel-Marie o.p., op. cit., p. 42.

51. Placuit Deo est rendu par « Il a plu à Dieu » dans les traductions que nous avons consultées, mais on aurait tout aussi bien pu traduire « Dieu a décidé » ou « Dieu a résolu », qui exprimerait davantage le principe de puissance approprié au Père ; ainsi, la traduction anglaise de la Polyglotte vaticane donne God chose

52. Léon XIII, Lettre encyclique Divinum illud munus, 9 mai 1897 (Actes de Léon XIII. Encycliques, Motu Proprio, Brefs, Allocutions, Actes des Dicastères, etc., Paris, Maison de la Bonne Presse, 1899, t. V, p. 145) ; cf. S. Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia, q. 39, aa. 7-8.

53. Sg 7 26. Sur cette identification Christ-Sagesse, on pourra se reporter à la catéchèse de Jean-Paul II donnée lors de l’audience générale du 22 avril 1987 (La Documentation catholique, n. 1941, 7 juin 1987, pp. 601-602) et au premier chapitre de sa lettre encyclique Fides et ratio (14 septembre 1998), « La Révélation de la Sagesse de Dieu » (La Documentation catholique, n. 2191, 1er novembre 1998, pp. 904-907).

54. Et non une espritduconcilologie

55. Cf. Jean-Paul II, Lettre encyclique Veritatis splendor, 6 août 1993, n. 29 (La Documentation catholique, n. 2081, 7 novembre 1993, p. 911) : « La science théologique appelée “théologie morale” [est la] science qui accueille et interroge la Révélation divine et en même temps répond aux exigences de la raison humaine ».

56. Ibid., n. 5 (op. cit., p. 902).

57. Mt 19 16.

58. Cf. Jean-Paul II, Discours à un Congrès international de théologie morale, 10 avril 1986, n. 5 (La Documentation catholique, n. 1918, 18 mai 1986, p. 484) : « La Sagesse créatrice qui donne la mesure de toute réalité, dans la Vérité de laquelle toute créature est vraie, a un nom : c’est le Verbe incarné, le Seigneur Jésus mort et ressuscité ».

59. DR 2. Cf. DR 24 : « toute la vérité cachée dans le mystère du Christ » (la traduction de conditam par « cachée » est-elle la plus pertinente ? On peut aussi comprendre « déposée », « renfermée »).

60. 1 Jn 1 2 ; cf. DR 1.

61. Ratzinger (Joseph), Exposé à l’occasion de la présentation du Catéchisme de l’Église catholique, 9 décembre 1992 (La Documentation catholique, n. 2064, 17 janvier 1993, p. 68) : « Tout ce qui est dit sur notre conduite morale peut […] être dit uniquement à partir du regard sur Dieu, du regard sur ce Dieu qui s’est révélé lui-même en Jésus-Christ ». Cf. S. Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIa-IIæ, qq. 179-180 : « La contemplation a pour fin la vérité ».

62. DR 24 ; cf. Léon XIII, Lettre encyclique Providentissimus Deus, 18 novembre 1893 (Actes de Léon XIII. Encycliques, Motu Proprio, Brefs, Allocutions, Actes des Dicastères, etc., Paris, Maison de la Bonne Presse, 1936, tome IV, p. 27).

63. DR 15.

64. DR 7.

65. Jean-Paul II, Lettre encyclique Fides et ratio, 14 septembre 1998, n. 68 (La Documentation catholique, n. 2191, 1er novembre 1998, p. 925) ; cf. Léon XIII, op. cit.

66. Cf. DR 25.

67. Mentionnons entre autres : lettre encyclique Providentissimus Deus (18 novembre 1893), lettre apostolique Vigilantiæ (30 octobre 1902) de Léon XIII ; lettre apostolique Scripturæ Sanctæ (23 février 1904), lettre Sacrarum Scripturarum (6 juillet 1904), lettre apostolique Quoniam in re biblica (24 mars 1906), motu proprio Præstantia (18 novembre 1907), lettre Delatum sodalibus (3 décembre 1907), lettre apostolique Vinea electa (7 mai 1909) de S. Pie X ; décret Lamentabili sane exitu (3 juillet 1907) de la Sacrée Congrégation du Saint-Office ; lettre encyclique Spiritus Paraclitus (15 septembre 1920) de Benoît XV ; lettre encyclique Divino afflante Spiritu (30 septembre 1943) de Pie XII ; diverses décisions et lettres de la Commission pontificale pour les études bibliques ; etc.

68. Cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique pour le 25e anniversaire de Sacrosanctum Concilium, 4 décembre 1988, n. 8 (La Documentation catholique, n. 1985, 4 juin 1989, pp. 519-520) : « La raison profonde de cette restauration est exprimée dans la Constitution liturgique […] et dans la Constitution dogmatique sur la Révélation divine ».

69. Sondage CSA – La Croix, publié dans : La Croix, 23 octobre 2001, p. 3.

70. He 4 12.

71. Cf. 1 Th 2 13.

72. 1 Co 1 17.