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[863] 1. Quand nous nous demandons : « Pourquoi croyons-nous en Dieu ? » la première réponse est celle de notre foi : Dieu s’est révélé à l’humanité, il est entré en contact avec les hommes. La révélation suprême de Dieu nous est venue en Jésus-Christ, Dieu incarné. Nous croyons en Dieu parce que Dieu s’est fait découvrir comme l’Être suprême, le grand « Existant ».

Toutefois, cette foi en un Dieu qui se révèle trouve aussi un soutien dans les raisonnements de notre intelligence. Quand nous réfléchissons, nous constatons que les preuves de l’existence de Dieu ne manquent pas. Ces preuves ont été élaborées par les penseurs sous forme de démonstrations philosophiques, selon l’enchaînement d’une logique rigoureuse. Mais elles peuvent revêtir aussi une forme plus simple et, comme telles, elles sont accessibles à tout homme qui cherche à comprendre ce que signifie le monde qui l’entoure.

2. Quand on parle de preuves de l’existence de Dieu, il faut souligner qu’il ne s’agit pas de preuves scientifico-expérimentales. Les preuves scientifiques, au sens moderne du mot, valent seulement pour les choses perceptibles aux sens, car c’est seulement sur celles-ci que peuvent s’exercer les instruments de recherche et de contrôle dont se sert la science. Vouloir une preuve scientifique de Dieu signifierait abaisser Dieu au rang des êtres de notre monde et donc se tromper déjà méthodologiquement sur ce qu’est Dieu. La science doit reconnaître ses limites et son impuissance à atteindre l’existence de Dieu : elle ne peut ni affirmer ni nier cette existence.

Il ne faut cependant pas conclure de ceci que les savants sont incapables de trouver, dans leurs études scientifiques, des motifs valables pour admettre l’existence de Dieu. Si la science, comme telle, ne peut pas arriver à Dieu, le savant, qui possède une intelligence dont l’objet n’est pas limité aux choses sensibles peut découvrir dans le monde les raisons [864] d’affirmer l’existence d’un Être qui le dépasse. Beaucoup de savants ont fait et font cette découverte.

Celui qui, avec un esprit ouvert, réfléchit à ce qui est impliqué dans l’existence de l’univers, ne peut s’empêcher de poser le problème de l’origine. Instinctivement quand nous sommes les témoins de certains événements, nous nous demandons quelles en sont les causes. Comment ne pas poser la même question pour l’ensemble des êtres et des phénomènes que nous découvrons dans le monde ?

3. Une hypothèse scientifique comme celle de l’expansion de l’univers fait apparaître plus clairement le problème : si l’univers se trouve en expansion continuelle, ne faudrait-il pas remonter le temps jusqu’au moment que l’on pourrait appeler : « le moment initial », celui où cette expansion a commencé ? Mais, quelle que soit la théorie adoptée sur l’origine de l’univers, on ne peut éluder la question la plus fondamentale. Cet univers en mouvement constant postule l’existence d’une Cause qui, en lui donnant l’être, lui a communiqué ce mouvement et ne cesse de l’alimenter. Sans cette Cause suprême, le monde et tout mouvement en lui resteraient « inexpliqués » et « inexplicables » et notre intelligence ne pourrait pas être satisfaite. L’esprit humain ne peut recevoir une réponse à ses interrogations que s’il admet un Être qui a créé le monde avec tout son dynamisme et qui continue à le soutenir dans l’existence.

4. La nécessité de remonter à une Cause suprême s’impose encore plus si on considère la parfaite organisation que la science ne cesse de découvrir dans la structure de la matière. Quand l’intelligence humaine s’applique, non sans peine, à déterminer la constitution et les modalités d’action des particules matérielles, n’est-ce pas parce qu’elle est amenée à en chercher l’origine dans une intelligence supérieure qui a tout conçu ? Devant les merveilles de ce que l’on peut appeler le monde infiniment petit de l’atome, et le monde infiniment grand du cosmos, l’esprit de l’homme se sent complètement dépassé dans ses possibilités de création et même d’imagination, et il comprend qu’une œuvre d’une telle qualité et d’une telle envergure requiert un Créateur dont la sagesse transcende toute mesure, dont la puissance est infinie.

5. Toutes les observations concernant le développement de la vie conduisent à une conclusion analogue. L’évolution des êtres vivants, dont la science cherche à déterminer les étapes et à discerner le mécanisme, présente une finalité interne qui suscite l’admiration. Cette finalité qui oriente les êtres dans une direction, dont ils ne sont ni les patrons ni les responsables, oblige à supposer l’existence d’un Esprit qui en est l’inventeur, le créateur.

L’histoire de l’humanité et la vie de chaque personne humaine manifestent une finalité encore plus impressionnante. Certes, l’homme ne peut s’expliquer la signification de tout ce qui lui arrive, et donc il doit reconnaître qu’il n’est pas le patron de son propre destin. Non seulement il ne s’est pas fait lui-même mais il n’a même pas le pouvoir de dominer le cours des événements dans le déroulement de son existence. Toutefois, il est convaincu qu’il a un destin, et il cherche à découvrir comment il l’a reçu, comment il est inscrit dans son être. À certains moments il peut discerner plus facilement une finalité secrète, qui transparaît par un concours de circonstances ou d’événements. Il est ainsi porté à affirmer la souveraineté de Celui qui l’a créé et qui dirige sa vie présente.

6. Enfin, parmi les qualités de ce monde qui incitent à lever les yeux, il y a la beauté. Elle se manifeste dans les merveilles infinies de la nature ; elle se traduit dans d’innombrables œuvres d’art, en littérature, musique, peinture, arts plastiques. Elle se fait apprécier également dans la conduite morale : il y a tant de bons sentiments, tant de gestes admirables. L’homme a conscience de recevoir toute cette beauté, même si, par son action, il a une part dans sa manifestation. Il ne la découvre et ne l’admire pleinement que lorsqu’il reconnaît sa source, la beauté transcendante de Dieu.

7. À toutes ces « indications » de l’existence de Dieu créateur, certains opposent la vertu du hasard ou des mécanismes propres à la matière. Parler de hasard à propos d’un univers qui présente une organisation si complexe dans ses éléments et une finalité si merveilleuse dans sa vie signifie renoncer à chercher une explication au monde tel qu’il nous apparaît. En réalité, ceci équivaut à vouloir admettre des effets sans cause. Il s’agit d’une abdication de l’intelligence humaine, qui renoncerait ainsi à penser, à chercher une solution à ses problèmes.

En conclusion, une myriade d’indices poussent l’homme qui s’efforce de comprendre l’univers où il vit à orienter son regard vers le Créateur. Les preuves de l’existence de Dieu sont multiples et convergentes. Elles contribuent à montrer que la foi ne mortifie pas l’intelligence humaine, mais la stimule à réfléchir et lui permet de mieux comprendre tous les « pourquoi » qui naissent de l’observation du réel.