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Bien chers frères et sœurs !

1. Parmi les pratiques pénitentielles que nous propose l’Église, surtout en ce temps de Carême, il y a le jeûne. Il comporte une sobriété spéciale dans la prise de nourriture, étant saufs les besoins de notre organisme. Il s’agit d’une forme traditionnelle de pénitence qui n’a rien perdu de sa signification, et que l’on doit même peut-être redécouvrir, surtout en cette partie du monde et dans ces milieux où non seulement la nourriture abonde mais où l’on rencontre parfois des maladies dues à la suralimentation.

À l’évidence, le jeûne pénitentiel est très différent des diètes thérapeutiques. Mais, à sa manière, on peut y voir comme une thérapie de l’âme. En effet, pratiqué en signe de conversion, il facilite l’effort intérieur pour se mettre à l’écoute de Dieu. Jeûner, c’est réaffirmer à soi-même ce que Jésus répliqua à Satan qui le tentait au terme de quarante jours de jeûne au désert : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu [1] ».

2. Aujourd’hui, spécialement dans les sociétés de bien-être, on comprend difficilement le sens de cette parole évangélique. La société de consommation, au lieu d’apaiser nos besoins, en crée toujours de nouveaux, engendrant même un activisme démesuré. Tout semble nécessaire et cela, tout de suite, et l’on risque de ne même plus trouver le temps de « demeurer avec soi-même ».

Alors, l’avertissement de saint Augustin est plus que jamais actuel : « Rentre en toi-même ». Oui, nous devons rentrer en nous-mêmes si nous voulons nous retrouver. Ce qui est en jeu, c’est non seulement notre vie spirituelle mais aussi l’équilibre personnel, familial et social.

Le jeûne et l’usage des médias

Entre autres significations, le jeûne pénitentiel a précisément pour but de nous aider à retrouver l’intériorité. L’effort de modération dans la nourriture s’étend aussi à d’autres choses qui ne sont pas nécessaires et apporte un grand soutien à la vie de l’esprit. Sobriété, recueillement et prière vont de pair.

On peut faire une application opportune de ce principe en ce qui concerne l’usage des moyens de communication de masse. Ils ont une utilité indiscutable mais ils ne doivent pas devenir les « maîtres » de notre vie. Dans combien de familles le téléviseur semble remplacer, plutôt que faciliter, le dialogue entre les personnes ! Un certain « jeûne », dans ce domaine aussi, peut être salutaire, soit pour consacrer davantage de temps à la réflexion et à la prière, soit pour cultiver les rapports humains.

3. Bien chers frères et sœurs, mettons-nous à l’école de la Vierge Marie. L’Évangile nous dit qu’elle méditait dans son cœur les événements de sa vie [2], pour y chercher les développements du dessein de Dieu. Marie est le modèle que nous devons tous regarder. Demandons-lui de nous communiquer le secret de ce « jeûne spirituel » qui nous libère de l’esclavage des choses, qui donne force à notre esprit et le rend toujours prêt à rencontrer le Seigneur.

1. Mt 4 4.

2. Cf. Lc 2 19.