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« Le zèle pour Ta maison fera mon tourment [1] ! »

J’ai appris qu’un curé avait tout récemment invité un imam à prêcher dans son église, tandis que dans une cathédrale étaient invités à parler pour des conférences dites de Carême des orateurs choisis uniquement en fonction de leurs compétences philosophiques ou scientifiques, indépendamment donc de leur état de baptisé ou de chrétien. Je me suis alors demandé où les fidèles devraient désormais aller pour entendre la Parole de Dieu… si même dans la Maison du Seigneur c’est une parole humaine qui y est proclamée…

Certes, on prétextera l’éminente dignité de la raison humaine et la nécessaire coopération de celle-ci avec la foi pour donner à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité [2]. Mais il est non moins évident que le dialogue de la raison et de la foi est de l’ordre des moyens, non de la fin, et que le fidèle qui entre dans son église ou vient aux Conférences de Carême entend y rencontrer le Maître des lieux, à l’écoute de Sa parole et dans l’adoration de Sa Présence réelle, non participer à une prestation d’ordre culturel (Benoît XVI vient de placer le Dialogue inter-religieux sous l’autorité du Conseil pontifical de la Culture). Il ne faut pas confondre la Reine et la servante. La servante sert dans l’ombre de l’humilité et aide la Reine à se montrer toujours plus belle. Il y a des lieux consacrés à la recherche et aux débats, de sorte que l’on ne soit pas obligé d’occulter le caractère sacré du saint Lieu en y introduisant le service, certes irremplaçable, que la philosophie est appelée à rendre à la théologie, mais néanmoins soumis à l’aléatoire de toute construction humaine, tandis que la liturgie de nos églises est participation à celle-là même du Ciel, définitive et parfaite…

« Les prêtres ont violé Ma Loi et profané Mes sanctuaires ; entre le saint et le profane, ils n’ont pas fait de différence et ils n’ont pas enseigné à distinguer l’impur et le pur. Ils ont détourné les yeux de Mes sabbats et J’ai été déshonoré parmi eux [3]. »

La petite Jacinthe de Fatima sur son lit d’agonie à l’hôpital de Lisbonne répétait que la Sainte Vierge Marie ne voulait pas que l’on parlât dans les églises… Et à ce sujet, l’Archange saint Michel lui avait appris, ainsi qu’à son frère Francesco et à leur cousine Lucie, la prière suivante :

« Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément, et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il y est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de Son Cœur sacré et du Cœur immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. »

Les événements que je rapporte sont-ils de nature à honorer la Présence réelle de Notre Seigneur en Ses églises, ou bien à motiver la récitation de cette prière de réparation ?…

On retrouve encore dans certains lieux de culte chrétiens ce que l’on appelle un « narthex », c’est-à-dire une salle faisant office de sas entre l’extérieur de l’édifice, le parvis, et l’intérieur de celui-ci. Était ainsi on ne peut mieux exprimée la conscience que l’on ne peut pénétrer directement à partir du monde profane dans le lieu consacré au service de Dieu seul. Le monde humain était prié de rester à la porte, et seul un être nouveau [4] pouvait entrer en présence du Maître des lieux. Mais aujourd’hui, non seulement l’esprit profane n’est pas refoulé hors de la Demeure de Dieu, mais il est invité à monter en chaire ! Saint Paul parlait déjà d’un étrange personnage qui irait jusqu’à s’asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu [5]

Lorsque Notre Seigneur annonçait la malédiction de l’adoration de l’Idole installée dans le saint lieu [6], à quoi faisait-il allusion ? Ce peut être bien sûr la jalousie remplaçant l’amour fraternel, et/ou des compromis en vue de profits terrestres immédiats au détriment d’un profit surnaturel, mais encore, certainement, l’amour excessif de la science humaine, là où il faudrait l’amour fidèle de la Sagesse éternelle. La racine du mal fait à toute l’humanité ne tire-t-elle pas son origine du désir de nos premiers parents de connaître et de pénétrer les domaines de Dieu par leur propre raison ?

Le Christ est chassé, tué, dans un trop grand nombre d’âmes, et trop sont devenues renégates de leur Sauveur pour que ne soit pas préparée la venue de l’Idole jusque dans le Lieu saint. Si les clercs eux-mêmes Le profanent (au sens littéral), pourquoi s’émouvoir que d’autres les imitent, par d’autres profanations, qui, pour être plus manifestement abominables, n’en sont pas peut-être pour autant plus coupables ?

[11] Comment peut-on voir les gardiens du Temple mépriser le caractère sacré du Lieu saint dont ils ont la garde alors que la liturgie rappelait, au moment même où ces événements avaient lieu, la colère de Jésus, qui, dévoré par le zèle pour la Maison du Seigneur, refusait qu’elle devint autre chose qu’une maison de prière [7] ?!

Le Dimanche suivant (4e de Carême), la Parole de Dieu rappelait que c’est parce que « sous le règne de Sédécias, les chefs des prêtres et le peuple multipliaient les infidélités en imitant les pratiques sacrilèges des nations païennes et profanaient ainsi le temple de Jérusalem, que celui-ci fut brûlé, la ville incendiée, le peuple massacré, les rescapés déportés, et la terre dévastée [8] »… Pendant ce temps, à Naju (Corée), comme ailleurs (Akita…), la Très Sainte Vierge verse des larmes de sang !… Comme pour nous dire : Puisque vous ne voulez pas pleurer vos péchés et faire pénitence pour ceux-ci, je suis obligée de pleurer à votre place… et d’en pleurer du sang !… Que pourra-t-Elle faire de plus ?

Deux cités se construisent actuellement dans le monde : celle de Dieu, qui se bâtit jusqu’au mépris de soi ; et celle du Prince de ce monde, qui se bâtit jusqu’au mépris de Dieu. Dans cette volonté d’introduire l’esprit profane là où ne devrait s’entendre que la voix de Dieu, qu’y a-t-il d’autre que la volonté de chercher à plaire à l’esprit du monde ? Or, ne savons-nous pas que chercher à plaire au monde, c’est se faire l’ennemi de Dieu [9] ? L’amour de soi, qui se glorifie lui-même aux yeux du monde, renonce au don de Dieu. Il échange la Sagesse surnaturelle pour des connaissances humaines, scientifiques, qui ne changent pas l’homme et, pas plus qu’un plat de lentilles, ne peuvent l’élever, l’unir à Dieu… A-t-on donc perdu à ce point l’assurance de l’éternelle actualité, bonté et puissance de la Parole de Dieu que l’on s’imagine devoir aller quémander l’autorité et la nouveauté d’une parole humaine [10] ?

Quelqu’un a écrit que la laïcité était entrée dans l’Église. Comment ne pas constater en effet que cette dernière offre ici et là cette diversité d’opinions, de croyances, de positions comme l’expression achevée de son amour pour la Tolérance assimilée à Notre Seigneur ? Au nom de cette tolérance, Lui-même est gentiment invité à quitter Sa chaire de Maître de la Vérité pour venir dans la marée fétide de l’indifférentisme y être mis au rang de tout un chacun, démocratiquement noyé…

Verra-t-on un jour écrit sur le fronton de nos églises : « Défense à Dieu d’entrer », comme le grava Caïn sur la porte d’une ville imprenable, selon le récit de Victor Hugo [11] ?

1. Jn 2 17.

2. Cf. Jean-Paul II, Lettre encyclique Fides et Ratio, 14 septembre 1998 (La Documentation catholique, n. 2191, 1er novembre 1998, pp. 901-942).

3. Ez 22 26.

4. Cf. Ga 6 15.

5. Cf. 2 Th 2 4.

6. Cf. Mt 24 15.

7. Cf. Jn 2 13-25.

8. Cf. 2 Ch 36 14…21.

9. Cf. 1 Jn 2 15 ; Jc 4 4.

10. Cf. 1 Th 2 13.

11. La Légende des siècles, II, ii, « La conscience ».