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Femmes prêtres ?

Pourquoi les femmes ne peuvent-elles pas avoir accès au sacrement de l’Ordre et devenir prêtre ? N’est-il pas temps de dénoncer cette injustice ?

Dans la vie de l’Église, de nombreuses femmes, à commencer par la Vierge Marie, ont joué de tous temps un rôle important [1], et cependant jamais l’Église ne les a admises à l’ordination… estimant que cette disposition ne relève pas de sa compétence, mais de la fidélité à la Tradition instituée par le Christ et les Apôtres.

Jésus n’a, en effet, appelé aucune femme, pas même Sa très sainte Mère, à faire partie des Douze ; et certes pas par conformisme culturel, car étant venu établir l’humanité dans sa perfection définitive [2], Il n’a pas craint à maintes reprises d’innover et changer des usages en vigueur [3]. Mais s’Il a voulu que l’annonce officielle et publique du message sacré et incorruptible du Salut éternel soit réservée aux hommes, c’est en raison du respect dû au plan divin de la Création [4].

Déjà dans l’Ancienne Alliance, le peuple élu était aimé de Dieu comme une épouse adultère l’est toujours de son mari fidèle [5], et dans la Nouvelle Alliance le Christ Se présente comme cet Époux… le Nouvel Adam [6], venant épouser l’humanité rachetée au prix de Son Sacrifice [7]. C’est par ce langage de l’Écriture, qui exprime l’homme et la femme dans leur identité profonde, que nous est révélé le mystère de Dieu et du Christ… C’est dire que ces symboles de l’époux et de l’épouse sont donc essentiels : sans eux la Révélation nous serait inintelligible ! C’est pourquoi le respect de la Création telle que Dieu l’a faite s’explique non seulement par respect du Créateur, mais encore par souci d’intelligibilité de la Révélation… et du sacrement lui-même. L’économie sacramentelle est en effet fondée sur des signes naturels, sur des symboles inscrits dans la psychologie humaine, en sorte, nous dit saint Thomas d’Aquin, que « les signes sacramentels représentent ce qu’ils signifient par une ressemblance naturelle [8] ». On ne peut pas, par exemple, signifier l’amour par une fourchette, mais bien par un cœur, ni la paix par une hyène, mais bien par une colombe ou un agneau… Ainsi, parce que l’évêque ou le prêtre n’agissent pas en leur nom propre mais in persona Christi, c’est-à-dire en tant que représentants du Christ [9] qui agit, Lui, par eux, cette nécessaire « ressemblance naturelle » entre le signe et ce qu’il signifie demande que le signe du Christ, qui est un homme, soit lui-même un homme, aussi vrai que la grâce ne vient pas détruire la nature mais la sauver !… Ce n’est pas plus compliqué !

Que l’on ne dise donc plus que l’Église est misogyne : c’est elle qui a affirmé comme nul autre l’égalité foncière de l’homme et de la femme [10] ! Si nous confessons avec saint Paul que dans le Christ il n’y a plus l’homme et la femme parce que tous nous ne faisons qu’un, cela s’entend de la vocation universelle à la filiation divine, mais non pas des ministères ! Dans l’Église, qui est le corps du Christ, l’œil ne doit pas dire : « Parce que je ne suis pas la main, je ne suis pas vraiment du corps », ou : « Parce que je ne suis pas prêtre, il me manque quelque chose [11] ». Mais une des merveilles que je vois découler du fait que les femmes ne puissent pas devenir prêtres est de rendre manifeste que le sacerdoce n’est pas un droit accordé par Dieu à toute personne, une prérogative due à la nature humaine… Alors, le Démon ne peut pas aller souffler aux oreilles des hommes qui ne sont pas prêtres qu’ils sont victimes d’une injustice empêchant le plein épanouissement de leur humanité… Un des plus grands biens que donnent les femmes par leur impossibilité d’être prêtres est de manifester que le sacerdoce est un don… et non un dû ! Et parce que le sacerdoce est un don, qui n’est dû à personne [12]… il est d’autant plus merveilleux… qu’il soit donné à quelques-uns… pour le bénéfice de tous !

La différence sexuelle, que le Nouvel-Âge et le mouvement homosexuel renient si honteusement, est constitutive de l’identité des personnes : être humain, c’est [7] être homme ou femme. Que l’Église ne donne pas le sacrement de l’Ordre aux femmes, loin de les dévaloriser, met en évidence leur différence, au bénéfice de la mission respective de l’homme et de la femme.

Le sacerdoce ne fait pas partie des droits politiques, de l’ordre des choses de ce monde, mais de l’économie du mystère du Christ, confiée à l’Église et à elle seule. Avec toute l’efficacité que comporte le sacrement, le prêtre tient vraiment la place du Christ. Il est le signe du Christ Époux. Mais si les femmes veulent être des hommes, alors il n’y aura plus d’hommes, et donc plus de Christs non plus ! Car ce sont les femmes qui font les hommes… aussi vrai que les plus grands dans le Royaume des Cieux ne sont pas les membres de la hiérarchie, mais les Saints, et que la plus grande d’entre eux est une femme, la Vierge Marie !

Que désirons-nous vraiment ?

1. Cf. Mt 28 1-10 ; Ac 18 26 ; Rm 16 1-15 ; Ph 4 2-3…

2. Cf. Mt 5 17.

3. Cf. Mt 9 20-22, 19 1-9, 28 1-10 ; Mc 10 1-12 ; Lc 7 36-50, 8 1-3, 24 9-11 ; Jn 4 27, 8 1-11, 20 11-18…

4. Cf. Gn 2 18-24 ; 1 Co 11 7-12.

5. Cf. Jr 2 ; Os 1-3.

6. Cf. 1 Co 15 22.

7. Cf. Mt 22 1-14 ; Mc 2 19 ; Jn 3 29 ; 2 Co 11 2 ; Ep 5 22-33 ; Ap 19 7-9.

8. In IV Sent. Dist. 25, q. 2, a. 2, qa 1, ad 4um.

9. Cf. 2 Co 5 20 ; Ga 4 14.

10. Cf. Ga 3 28.

11. Cf. 1 Co 12 12-17.

12. Cf. Jn 15 16 ; He 5 4.