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Une preuve de catholicité authentique : l’amour pour les indulgences !

Jean-Paul II a plusieurs fois rappelé le thème des Indulgences dans son magistère ordinaire. Par exemple, le 30 janvier 1981, lors de sa première rencontre avec la Pénitencerie apostolique, il affirmait que « l’amour, entendu de façon surnaturelle, pour les indulgences, liées à la certitude du péché et du sacrement de Réconciliation, à la foi dans l’Au-delà, en particulier dans le Purgatoire, à la réversibilité des mérites du Corps mystique, c’est-à-dire avec la Communion des Saints, est une preuve de catholicité authentique »… Le 20 mars 1998, dans son message envoyé au Cardinal-Pénitencier majeur, il observait : « Grâce à Dieu, là où la vie chrétienne est vécue intensément, les fidèles aiment les indulgences et en font pieusement usage »… Cela étant, ne doutant pas que les lecteurs de Regnat vivent intensément la vie chrétienne, et considérant d’autre part que le temps des indulgences peut sembler s’en être allé pour longtemps avec le départ de Jean-Paul II, lui qui a enrichi de la grâce de l’indulgence de nombreux événements ecclésiaux, la dernière étant attachée à l’année de l’Eucharistie, aujourd’hui clôturée depuis presque trois mois, peut-être que certains ne savent pas que gagner l’indulgence plénière n’est pas nécessairement attaché à ces grands événements catholiques et médiatiques, mais qu’il est possible d’en gagner une chaque jour en restant tranquillement chez soi… à faire ce qu’il fait peut-être déjà ! Auquel cas ce sera donc une bonne nouvelle d’apprendre que le Manuel des Indulgences, publié le 29 juin 1968 par la Sacrée Pénitencerie apostolique, édité par les Éditions P. Lethielleux à Paris, et dont la validité est toujours actuelle, contient une liste de plus de soixante-dix indulgences offertes aux conditions ordinaires de réception !

Les conditions ordinaires de réception de toute indulgence plénière sont bien connues puisqu’elles ne varient pas. Il s’agit de la confession sacramentelle (précisons : individuelle) ; communion eucharistique ; prière aux intentions du Souverain Pontife (et à travers lui, pour toute l’Église dont il a la charge, exprimant ainsi le fait que la grâce ne vient pas sans lien avec l’Église à qui elle est donnée et ordonnée) ; accomplir l’œuvre demandée par l’Église à cette fin (pèlerinage, acte de bienfaisance…) ; et enfin l’absence de tout attachement de l’âme même à un seul péché véniel. Ces conditions ont beau être classiques, invariables, il arrive, comme cela a été le cas lors du grand Jubilé du Puy-en-Velay cette année dans la présentation qui en était faite aux pèlerins, que l’on passe systématiquement sous silence la dernière d’entre elles… à savoir la nécessité de n’avoir aucune attache même à un seul péché véniel… ce qui évidemment dissuade tout de suite quiconque pensait gagner à bon marché sa place au Ciel tout en continuant à mener une vie de tiédeur… Gagner une indulgence plénière n’a en effet rien à voir avec un acte magique ou un acte de troc : il s’agit d’un authentique engagement de conversion à la suite du Christ pour recevoir le don de Sa Miséricorde infinie.

Pour en revenir à la bonne nouvelle des indulgences plénières proposées chaque jour par l’Église au pieux appétit de la charité de chacun, signalons donc que l’indulgence plénière est accordée aux conditions ordinaires « au fidèle qui consacre au moins une demi-heure à la pieuse lecture et méditation de la Passion et de la Mort de notre Seigneur Jésus-Christ » (n. 63), ou même s’il lit pendant « au moins une demi-heure la Sainte Écriture avec la vénération due à la Parole divine et par manière de lecture spirituelle » (n. 50). Réciter les cinq dizaines du chapelet sans interruption en famille permet également de gagner une indulgence plénière (n. 48), comme aussi d’aller adorer le Saint-Sacrement pendant au moins une demi-heure (n. 3). Voilà pour les indulgences que l’on peut gagner chaque jour, pour soi ou pour une âme du Purgatoire exclusivement (le désir du salut doit en effet être effectif ; il l’est pour les âmes du Purgatoire). Mais il est encore une foule d’autres indulgences plénières que l’on peut gagner à certaines occasions, comme par exemples : recevoir avec piété et dévotion, fût-ce seulement par radio, la Bénédiction donnée par le Souverain Pontife Urbi et Orbi (n. 12), ou, du 1er au 8 novembre, visiter dévotement le cimetière et prier, ne fût-ce que mentalement, pour les défunts (n. 13), ou réciter en action de grâces le Te Deum le dernier jour de l’année (n. 60), ou encore, dévotement, le Veni Creator le lendemain ou en la fête de la Pentecôte (n. 61)…

Peut-être aurais-je dû rappeler que l’absolution remet la faute d’un péché mortel, ainsi que la peine éternelle de l’enfer qui s’ensuit, mais pas la peine temporelle, objet de la remise obtenue par l’indulgence dite alors plénière ? C’est qu’en effet tout péché entraîne des conséquences temporelles qu’en toute justice il convient de réparer, essentiellement un attachement malsain aux créatures sans lequel le péché n’aurait pas pu avoir lieu… Dieu ne remet pas systématiquement la peine temporelle qui consiste à se purifier de cet attachement, afin de nous donner de quoi participer à notre propre rédemption, d’imiter Son Fils portant la croix de nos péchés, guérir ainsi et travailler avec le Christ au salut du monde. Une question vient alors à l’esprit : [7] dans la mesure où la punition temporelle due pour le péché implique aussi nécessairement la purification d’habitudes mauvaises, comment l’Église peut-elle, à travers certains actes extérieurs, dispenser de la nécessité d’une pleine purification intérieure ? À cela il faut répondre que si la justice exige un dédommagement pour le péché de l’homme en tant qu’offense faite à Dieu et à l’Église, Dieu n’ayant pas Lui-même exigé une stricte réparation de la part des pécheurs puisqu’Il a envoyé Son Fils mourir pour eux, l’Église, blessée par le péché de ses enfants, n’exige pas non plus une stricte justice expiatoire de la part de ceux-ci… Dans l’histoire de l’Église, la punition imposée aux pécheurs a été adoucie grâce à l’intercession des martyrs et des confesseurs, et, plus tard, en raison de l’application du « trésor de l’Église » que sont les mérites du Christ, de Sa Mère pleine de grâces, et des Saints. Ainsi la charité de l’Église imite celle de son Seigneur, réconciliant justice et miséricorde. Voulant éviter que la punition temporelle ordinairement assignée au péché n’éloigne les pécheurs de sa sollicitude pastorale, elle condamne le péché, exige la conversion, mais donne abondamment le pardon.

« Le sens des indulgences doit être saisi dans cet horizon de renouveau total de l’homme par la grâce du Christ Rédempteur, par l’intermédiaire du ministère de l’Église. Elles tirent leur origine historique de la conscience qu’avait l’Église ancienne de pouvoir exprimer la miséricorde de Dieu en adoucissant les pénitences canoniques infligées pour la rémission sacramentelle des péchés. L’adoucissement était cependant toujours équilibré par des engagements personnels et communautaires, qui assumeraient, à titre de substitution, la fonction “médicinale” de la peine [1]. »

Le trésor de l’Église existe donc, et il est comme « dispensé » à travers les indulgences. Puisons-y largement ! Alors nous entretiendrons en nous le sens du péché, le sens de l’importance de la dette envers Dieu, celui de l’importance bien plus grande qu’on ne l’imagine du poids de nos propres fautes, notre foi en la Miséricorde de Dieu s’accroîtra, et donc notre amour reconnaissant envers Lui, comme notre foi dans la Communion des Saints et notre amour pour eux… et au bout du compte notre âme sera totalement purifiée !

Les indulgences dans le Code de droit canonique :

Can. 992 – L’indulgence est la remise devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, que le fidèle bien disposé, et à certaines conditions définies, obtient par le secours de l’Église qui, en tant que ministre de la rédemption, distribue et applique avec autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints.

Can. 993 – L’indulgence est partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour les péchés.

Can. 994 – Tout fidèle peut gagner pour lui-même ou appliquer aux défunts par mode de suffrage des indulgences partielles ou totales.

Can. 995 – § 1. Outre l’autorité suprême de l’Église, seuls peuvent accorder des indulgences ceux à qui ce pouvoir est reconnu par le droit ou à qui il a été concédé par le Pontife Romain.
§ 2. Nulle autorité inférieure au Pontife Romain ne peut confier à d’autres le pouvoir de concéder des indulgences, à moins que cela ne lui ait été expressément concédé par le Siège Apostolique.

Can. 996 – § 1. Pour être capable de gagner des indulgences, il faut être baptisé, non excommunié et en état de grâce, au moins à la fin des œuvres prescrites.
§ 2. Cependant, pour qu’un sujet capable les gagne, il doit au moins avoir l’intention de les acquérir et accomplir les œuvres imposées dans le temps fixé et de la manière prescrite, selon la teneur de la concession.

Can. 997 – Pour tout ce qui touche à la concession et à l’usage des indulgences, il faut en plus observer les autres dispositions contenues dans les lois particulières de l’Église.

1. Jean-Paul II, Audience générale du 29 septembre 1999, n. 4 (La Documentation Catholique, 7 novembre 1999, n. 2213, p. 922). Cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 1471.