Logo Regnat
Best viewed with God
Gratuité évangélique
Jésus
Viewable With Any Browser Campaign
CSS valide
Valid XHTML 1.0 Transitional

Catéchèse : droit d’alerte

« Nous vivons en France des temps nouveaux. Le christianisme ne s’impose plus comme une évidence à neuf familles sur dix comme dans un passé encore récent. Mais plus l’évidence chrétienne s’estompe dans notre société, plus de nouveaux venus, à tous les âges, cherchent le Christ et demandent à naître de la nouvelle naissance par les sacrements de l’initiation chrétienne. »

Mgr Christophe Dufour, évêque de Limoges, président de la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat (éditorial de Tabga hors-série n. 1, juin 2006, p. 3).


TabgaSi nous comprenons bien ce morceau de bravoure, nous ne pouvons que nous réjouir : moins la « France des temps nouveaux » est chrétienne, plus le Christ est cherché. À la limite, une France totalement déchristianisée ne compterait plus que des chercheurs du Christ, soit autant de chrétiens potentiels… Alleluia !?

Las, nous ne partageons pas cet optimisme épiscopal, qu’on voudra sans doute nous vendre sous le nom d’espérance. L’optimisme (épiscopal ou non) est à l’espérance ce que le « chrétien potentiel » est au « chrétien en acte ». Fort peu de chose, en somme. Ce ne sont pas des chrétiens potentiels qui ont évangélisé la Gaule romaine, mais des chrétiens bien en acte, jusqu’au martyre. Et ce ne sont pas non plus des musulmans potentiels qui islamisent nos banlieues, mais des musulmans bien réels…

Le fait est que plus notre société se déchristianise, moins le Christ est cherché parce que moins il y a de chrétiens pour Le faire connaître. La croissance – toute modeste – du catéchuménat adulte ne peut cacher la diminution dramatique du nombre d’enfants baptisés, des vocations sacerdotales et religieuses, la désertification des paroisses, etc. Quant aux « nouveaux venus » qui cherchent le Christ, encore faudrait-il qu’ils Le trouvent, Lui, et pas une de ces mièvres contrefaçons produites par le relativisme religieux contemporain. La parabole du semeur [1], évoquée par Mgr Dufour au début de son éditorial, n’oublie pas, elle, de mentionner le grain mangé par les oiseaux et la semence brûlée par le soleil…

Question subsidiaire : comment se fait-il que « le christianisme ne s’impose plus comme une évidence à neuf familles sur dix comme dans un passé encore récent » ?

1. Cf. Mc 4 1-9.