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Mgr Vingt-Trois va-t-il démissionner ?

À l’occasion de la fête de Pâques, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, a adressé ses vœux au cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France. Celui-ci lui a répondu un mot dans lequel nous lisons ceci :

« L’Église catholique n’entend pas régenter les consciences mais elle appelle inlassablement l’homme à mettre en œuvre un chemin de vérité et de liberté, tant dans sa responsabilité personnelle que collective, chemin qui peut être autre que bien des conformismes ambiants [1]. »

N’est-ce pas triste de voir un cardinal dire que le chemin de l’Église « peut être autre que bien des conformismes ambiants » ? « Peut être ». Autrement dit : il n’est pas nécessairement autre… qu’un « des conformismes ambiants » ! Comment mieux dire que le sel que Mgr Vingt-Trois propose est affadi ?! Ce sel qui à l’origine S’est présenté comme « le chemin, la vérité et la vie [2] », voilà qu’Il est devenu par la grâce du cardinal Vingt-Trois un « des conformismes ambiants »… On comprend qu’il puisse ne plus y avoir beaucoup de vocations sacerdotales dans un pays où se donner à Jésus « peut » signifier n’intégrer qu’un « des conformismes ambiants »…

Peut-être dira-t-on que le cardinal entend par là faire preuve d’humilité, comme le début de sa phrase le laisserait entendre, au regard de l’histoire de la chrétienté, en ce que cet unique et absolu chemin qu’est le Christ ne saurait être identifiable jamais à l’une quelconque des réalisations temporelles mises en œuvre en Son nom. Mais n’est-ce pas alors reconnaître que le terrain sur lequel se situe le cardinal est celui des réalisations temporelles, alors que sa mission reçue de Dieu l’engage à parler en Son nom ?!

Et s’il en était ainsi que le cardinal veuille prendre la mesure de sa faiblesse personnelle, ou celle des chrétiens, pour ne point faire endosser à l’Église la responsabilité de leurs possibles erreurs, et à cause de cela se contenter d’un discours relativiste là où est cependant attendue « l’assurance et la joyeuse fierté de l’espérance [3] » des chrétiens qui sont « la lumière du monde [4] », comment se fait-il alors qu’il affirme que l’Église s’adresse à « l’homme », dans l’absolu, et non à « des hommes », relatifs à des temps et lieux donnés ? Car, en effet, s’il est quelqu’un qui puisse s’adresser à l’homme, ce ne peut-être que Dieu, l’Église, elle, ne pouvant s’adresser qu’à des hommes particuliers. Si donc en ce premier membre de la phrase l’Église est dite parler en lieu et place de Dieu, pourquoi affirmer aussitôt qu’elle n’appelle l’homme « à mettre en œuvre [qu’]un chemin de vérité et de liberté », et non pas le chemin ?

Il est manifeste ainsi que le cardinal a bien intégré l’esprit de ce monde, celui du laïcisme, qui ne lui reconnaît de droit à la parole que dans la mesure où il se présente non pas comme la voix de l’unique et vrai Dieu, de la Vérité en personne, mais comme l’un quelconque seulement des acteurs du débat démocratique. Comment supporter de voir ainsi traité Notre Seigneur ? Qu’espérer de pasteurs incapables d’annoncer la vérité, et elle seule ? Si la vérité « demeure en nous et restera avec nous éternellement [5] », pourquoi faire montre de tant de pusillanimité ? Pourquoi chercher encore à plaire à l’esprit du monde ?

« Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique [6] ? »

« Si je voulais encore plaire à des hommes, je ne serais plus le serviteur du Christ [7]. »

« Ne savez-vous pas que l’amitié pour le monde est inimitié contre Dieu ? Qui veut donc être ami du monde, se rend ennemi de Dieu [8]. »

Le cardinal Vingt-Trois ne devrait-il pas démissionner ?

1. La Documentation catholique, n. 2424, 17 mai 2009, p. 514.

2. Jn 14 6.

3. He 3 6 ; cf. 10 35.

4. Mt 5 14 ; cf. Ep 5 8.

5. 2 Jn 2.

6. Jn 5 44.

7. Ga 1 10.

8. Jc 4 4.