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302.222 3 Symboles (symbolisme)

« SYMBOLE […] Un geste ou un objet auxquels la tradition culturelle attribue un sens particulier dans le cadre d’une isotopie plus générale. Ex. : le salut militaire, l’échange des anneaux lors du mariage, le “signe de la croix”, le langage des fleurs, la symbolique des nombres, etc. […]

« Dans ce type de symbole, le passage d’un terme à l’autre s’effectue non seulement par analogie, mais encore par métonymie […] ou synecdoque, voire en vertu d’une pure convention. »

Dupriez (Bernard), Gradus. Les procédés littéraires (Dictionnaire), Paris, Union générale d’Éditions, collection « 10/18 » (n. 1370), 1984, p. 438.

« [Signe et symbole] renvoient, au-delà d’eux, à la réalité signifiée ou symbolisée. Mais le signe reste étranger à la réalité à laquelle il renvoie : le rouge qui interdit le passage est totalement étranger à cette interdiction et ne lui est lié que par convention. Le symbole, au contraire, participe de quelque manière à la réalité à laquelle il renvoie : le drapeau n’est pas un simple signe, mais un symbole de la nation, de sorte qu’insulter le drapeau équivaut à insulter la nation. Le signe n’est qu’informatif : il indique une réalité étrangère ; le symbole, au contraire, représente la réalité à laquelle il renvoie, il la dévoile et participe à son pouvoir. Les symboles religieux dévoilent la dimension profonde de la réalité, et renvoient donc à une réalité qui transcende toute réalité conditionnelle, rendant possible l’expérience de la dimension de la profondeur, l’expérience de l’absolu. »

Gibellini (Rosino), Panorama de la théologie au XXe siècle, traduction par Jacques Mignon, Paris, Cerf, collection « Théologies », 1994, p. 100.

« Symbole, image ou objet qui représente une chose abstraite ; la statue de la liberté est un symbole. – La notion de symbole est un cas particulier de celle de signe : un signe peut être abstrait (un simple trait, une croix, une trace), et il n’a pas nécessairement une signification symbolique. L’expression symbolique, d’une façon générale, s’oppose à l’expression rationnelle, qui expose directement une idée, sans passer par le détour d’une figure sensible. Il semble qu’il appartienne à la nature de la pensée humaine d’être une pensée symbolique, dans la mesure où sa tendance naturelle, disait Descartes, est d’“exprimer imaginativement les choses abstraites, et d’exprimer abstraitement les choses concrètes”. Plus précisément un sentiment ne peut s’exprimer rationnellement (par le discours conceptuel) ; il ne peut s’exprimer directement (tel le sentiment religieux) que par des symboles et des mythes. »

Julia (Didier), Dictionnaire de la philosophie, Paris, Larousse, 1984, p. 283.

« SIGNE. Le signe est une réalité qui renvoie à une autre et, ce faisant, la montre. Cette fonction peut tenir à la nature même du signe ou n’être qu’une disposition conventionnelle ; elle peut provenir de ce qui est désigné ou être créé par d’autres : symbole, sacrement. Suivant la nature et les limites du contexte dans lequel s’exerce cette fonction, le signe annonce une réalité absente ou la rend présente, la révèle et la cache à la fois. »

Rahner (Karl), Vorgrimler (Herbert), Petit dictionnaire de théologie catholique, traduction par Paul Démann et Maurice Vidal, Paris, Seuil, collection « Livre de vie » (n. 99), 1970 (édition 1995), p. 450.

« SYMBOLE. Dans son sens authentique et originel, le symbole n’est pas un signe arbitrairement choisi par l’homme et mis extérieurement en rapport avec une réalité donnée pour en signaler historiquement la présence dans l’espace et le temps. Le symbole est une “manifestation” : c’est la réalité symbolisée elle-même qui, à des degrés naturellement très divers, s’affirme dans une réalité à la fois différente et conjointe, et donc, en même temps, s’y “extériorise” et s’y exprime. Dans la Trinité, le Père est lui-même en se disant soi-même dans le Fils, qu’il distingue ainsi de soi. L’âme est elle-même, c’est-à-dire réalise sa propre essence en s’incarnant et s’exprimant dans le corps distinct d’elle, qu’elle informe. L’homme arrive à prendre une attitude déterminée en la réalisant dans un geste déterminé : c’est en “s’extériorisant” que l’attitude devient elle-même ou gagne en profondeur existentielle.

« Ce fait que le symbole ait son origine dans la réalité symbolisée elle-même n’exclut pas que soient imposées de l’extérieur des normes fixant la forme d’une expression symbolique authentique. Par exemple, la volonté de contracter mariage doit se soumettre à la “forme” ecclésiale déterminée, dans laquelle elle s’exprime comme liant d’une manière absolue.

« À partir de là on peut accéder à une meilleure intelligence des sacrements (comme symboles historiques de l’action de Dieu à l’égard de l’homme dans l’espace et le temps), de la causalité des sacrements (opus operatum), de la liturgie, etc. »

Rahner (Karl), Vorgrimler (Herbert), Petit dictionnaire de théologie catholique, traduction par Paul Démann et Maurice Vidal, Paris, Seuil, collection « Livre de vie » (n. 99), 1970 (édition 1995), p. 459.

« Symbole, élément substitutif riche en signification et exprimant, d’une certaine manière, l’essence même de l’idée ou de la chose qu’il représente. – Le symbole peut avoir n’importe quel aspect, celui d’un mythe ou d’un objet, mais on y retrouve toujours quelque chose du symbolisé (par ex., le couple royal pour le couple parental). Les psychanalystes considèrent qu’il a pour fonction de faire admettre jusqu’à la conscience, sous une autre forme, certains contenus qui, sans cela, n’y seraient pas parvenus à cause de la censure. D’autres auteurs (C. G. Jung), au contraire, loin de voir seulement dans le symbole un déguisement de la pensée, le considèrent comme le seul moyen d’expression dont le sujet dispose pour formuler une réalité affective particulièrement complexe qu’il ne parvient pas à conceptualiser clairement (Lacan). Le symbolisme intervient surtout dans les rêves, mais on le retrouve dans les actes manqués, la poésie, les mythes, etc. Malgré une certaine concordance entre les symboles les plus généraux (le serpent, par ex., représente le phallus, la fécondité), il est impossible d’établir un dictionnaire universel des symboles, car chaque individu a sa symbolique personnelle. Aussi est-il nécessaire de recourir aux associations d’idées pour trouver la signification cachée, personnelle, des rêves et des lapsus. »

Sillamy (Norbert), Dictionnaire de la psychologie, Paris, Larousse, collection « Les dictionnaires de l’homme du XXe siècle », 1964 (édition 1984), pp. 291-292.