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306.6 Sociologie religieuse (changements dans les institutions religieuses, non-violence, pratiques religieuses)

« La religion engendre des faits culturels, sociaux et même économiques qui doivent être étudiés selon les méthodes des disciplines auxquelles ils appartiennent. Mais ces faits ne constituent pas la religion et, si on les identifie avec elle, leur interprétation mènera aux plus étranges confusions. »

Dupré (Louis), L’autre dimension. Essai de philosophie de la religion, traduit de l’anglais par Marcelle Jossua, Paris, Cerf, collection « Cogitatio Fidei » (n. 90), 1977, p. 65.

« Si la religion n’a pas d’autre but que celui de conserver le groupe dans lequel elle est née, comme le pensait Durkheim, le croyant se trompe lourdement sur son caractère transcendant. »

Dupré (Louis), L’autre dimension. Essai de philosophie de la religion, traduit de l’anglais par Marcelle Jossua, Paris, Cerf, collection « Cogitatio Fidei » (n. 90), 1977, p. 66.

« La modernité d’une société se mesure essentiellement à la place qu’elle reconnaît, dans tous les registres de l’activité humaine, à l’autonomie du sujet, c’est-à-dire à la capacité qu’a chaque individu de déterminer, en conscience, les orientations qu’il entend donner à sa propre vie. »

Hervieu-Léger (Danièle), « L’évêque, l’Église et la modernité », Tous les chemins ne mènent plus à Rome. Les mutations actuelles du catholicisme, Paris, Albin Michel, collection « Spiritualités », 1995, p. 335.

« Comment se fait-il qu’un Breton qui pratique sa religion de façon très scrupuleuse dans son village, lorsqu’il arrive à Paris, dans la grande majorité des cas, abandonne toute pratique religieuse ? Le trottoir de la gare Montparnasse et son effet sur la pratique religieuse donnait beaucoup à réfléchir à G. Le Bras. De là, immédiatement, on tire l’argument que la religion des paysans bretons est une religion traditionnelle de pur conformisme social qui ne comporte pas de véritable “croyance” : dès qu’ils sont libérés de la “contrainte” sociale du village et de l’autorité du recteur, les Bretons sont aussi peu pratiquants que les autres et il est clair qu’ils ne croient pas, puisqu’ils ne pratiquent plus, dès qu’ils le peuvent. L’argument selon lequel pratique égale croyance mériterait d’être discuté longuement, mais ce n’est pas le propos ici.

« Au village, le fils de la famille Untel va à la messe et n’a pas à s’affirmer en tant que catholique ni à exprimer verbalement une opinion sur ses croyances religieuses. Son attitude religieuse est une attitude diffuse et profonde, qui se manifeste, s’actualise dans un certain nombre de comportements réglés par le groupe social. La pression sociale organise les comportements et entrave l’expression verbale d’opinions. Il serait indécent de dire ce que l’on pense sur des sujets importants comme la religion. On peut parler de la pluie et du beau temps, mais on n’a pas à remettre en question l’ordre de l’univers et les croyances au sujet de l’Au-delà.

« En ville, arrivant de son village où il n’a jamais eu l’habitude d’exprimer verbalement ses opinions religieuses, le Breton a le sentiment qu’aller à la messe le dimanche, c’est affirmer une opinion religieuse, par opposition à ceux qui n’y vont pas et qui ne l’affirment pas. C’est donc une démarche inhabituelle pour lui et qui lui est relativement difficile. S’il ne va pas à la messe à Paris, à Vitry ou à Choisy, alors qu’il y allait dans son village, cela ne veut pas dire qu’il croit ou qu’il ne croit pas, mais simplement qu’il n’a pas encore fait l’apprentissage de son nouveau milieu social et qu’il trouve inconvenant “de s’afficher”, comme on dit en langage courant. »

Mendras (Henri), Éléments de sociologie, Paris, Armand Colin, collection U, 1975 (6e édition : 1976), p. 142.

« La tendance à la “sécularisation” de nos sociétés, c’est-à-dire la distinction de plus en plus grande entre le profane et le religieux dans la vie sociale quotidienne, […] est analysée par les sociologues de la religion en même temps qu’apparaissent de nouvelles formes de “religiosité profane” dans la société industrielle et des mouvements sectaires et messianiques dans les pays en voie d’industrialisation rapide. »

Mendras (Henri), Éléments de sociologie, Paris, Armand Colin, collection U, 1975 (6e édition : 1976), p. 146.