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AVERTISSEMENT

Pour une histoire marginale et désenchantée de la naissance de la Nouvelle Action Française

Un ami nous écrivait il y a peu que la Nouvelle Action Royaliste développait un peu trop son « amour de soi »… Gageons que le présent numéro du Lys Rouge le confortera dans cette opinion.

Nous publions en effet une histoire de la naissance de la Nouvelle Action Royaliste. Encore une fois ? Nous ne le croyons pas… Mais nous devons à nos abonnés les circonstances qui nous ont amenés à cette publication.

Depuis plusieurs années nous connaissons l’auteur de l’étude qui va suivre. Royaliste déçu, il ne s’intéresse plus qu’à l’histoire de ce courant d’idées pour lequel il a milité. Nous lui avons fait cadeau de vieilles archives qui nous concernaient si peu. D’autres ont fait de même. Et notre auteur se trouve à la tête d’une documentation peu commune à base de circulaires internes et de correspondances administratives de l’Action Française des années 70. Pourra-t-il en tirer un jour le parti qu’il espère ? On peut en douter. L’assemblage d’éléments très partiels ne donne pas toujours une synthèse proche de la réalité. Nous lui avons offert de tester sa méthode en rédigeant une étude sur la naissance de la Nouvelle Action Française.

Que dire du résultat ? Peu d’erreurs de détail, mais des interprétations qui feront peut-être sourire les protagonistes de cette affaire. Le jugement de l’auteur est encore trop peu séparé de celui exprimé dans les documents utilisés qui sont le plus souvent d’origine « juhélienne » (Pierre Juhel était le secrétaire général de la Restauration Nationale de ces années-là). Ces documents sont authentiques. Fallait-il les publier ? Même sous cette forme édulcorée ? Beaucoup des personnes mises en cause sont décédées. Elles ne pourront donc pas rectifier, et c’est regrettable, mais nous ne prétendons pas non plus que ce texte est vérité d’évangile. Ce n’est qu’une première version. La seule à notre connaissance. Lorsque nous avons commandé cette étude, il était entendu que nous publierions l’ensemble ou rien. Alors, malgré certaines réticences, fallait-il attendre cinquante ans que toutes les personnes mises en cause – peut-être injustement – aient disparu ? Mais à ce compte nous aurons le temps de disparaître aussi. Et l’histoire de la Nouvelle Action Royaliste, avec quoi la fera-t-on ?

Nous vous laissons maintenant découvrir ce qu’est une crise interne, une scission, tout ce que cela remue, qui n’est pas bien beau peut-être, mais qui fait que nous existons. Et surtout n’allez pas vous imaginer que cette partie de notre histoire soit l’essentiel de notre identité. Loin de là ! C’est pour nous désormais aussi lointain que l’« affaire Lagrange » qui déchira l’Action Française avant la guerre de 14 et sur laquelle pourtant nous aurions bien aimé lire un numéro spécial du Lys Rouge. Lys Rouge ? À moins qu’il ne s’agisse de ce fameux « Lys Noir » que certains appelaient de leurs vœux lors d’une autre crise, mais ceci est une autre histoire.

Frédéric Aimard

[3]

Historiographie didactique et analyse d’une des crises du spectacle royaliste

LESPÈS (Olivier), Une révolution dans le royalisme. La Nouvelle action royaliste, ses origines, son histoire, Royaliste, collection “Lys rouge”, Paris, 1984.Au début de cette année, les éditions de Royaliste publiaient une étude d’Olivier Lespès intitulée Une Révolution dans le Royalisme [1], interprétation synthétique de l’aventure « nafinariste » ; la dizaine de pages consacrées à « la genèse d’une crise » – eu égard au petit format dudit ouvrage – me paraît appeler un développement qui intéressera peut-être vos lecteurs, d’autant que, sauf erreur, Olivier Lespès n’a pu avoir accès qu’aux sources documentaires « nafistes », ce qui, malgré l’éventuelle objectivité intentionnelle de l’auteur, ne peut que restituer une vision superficielle des « événements »… Sans prétentions superfétatoires, voici donc quelques éléments analytiques qui sustenteront sans doute les joyeux factotums que sont les lecteurs du Lys Rouge

Substantiellement (et sans vouloir entamer quelque débat doctrinal), la scission « nafiste » n’est qu’un épisode de la longue série de situations conflictuelles que connaît le mouvement royaliste du XXe siècle, depuis que l’Action Française, substrat nationaliste révolutionnaire (= monarchiste), fut subrogée par l’« Action Française », association d’anciens combattants royalistes [2]… Subséquemment, on peut se contenter d’introniser « Mai 1968 » comme origine immédiate de la « Fronde nafiste ». L’« État-major » des étudiants parisiens de la Restauration Nationale fournit alors un effort considérable qui permit l’organisation de contre-manifestations et d’éditions semi-clandestines d’Aspects de la France et d’AF Université. La stratégie adoptée était, selon Pierre Juhel :

« Provoquer et conduire une réaction contre-Révolutionnaire en appelant à se grouper autour de la Restauration Nationale tous ceux qu’inquiétait la montée de la subversion en face d’un gouvernement désemparé, d’un État dont tous les rouages étaient bloqués [3]. »

Cependant, parmi les étudiants parisiens (puisque les mouvements « Mai 1968 » et « Nouvelle Action Française » furent essentiellement des phénomènes parisiens), certains, prenant acte de la similitude des slogans « mai soixante-huitards » et des thèmes « Action Française [4] », auraient vu plus volontiers la Restauration Nationale participer aux manifestations « gauchistes » pour prendre la tête de la contestation.

Aussi, en décembre 1968, une première intrigue se nouait dans un petit groupe d’étudiants de la capitale : onze étudiants et une étudiante adressaient à Hilaire de Crémiers (directeur de l’Institut de Politique Nationale, et aujourd’hui membre de la communauté religieuse de l’abbé Georges de Nantes) une lettre collective critiquant la stratégie adoptée par les responsables parisiens à la suite de la crise du printemps et de ses conséquences dans l’application de la loi Faure ; cette lettre se terminait par l’affirmation de la décision prise par les douze cosignataires de cesser tout travail de propagande au service de la Restauration Nationale tant que ne seraient pas appliquées les « rectifications » qu’ils exigeaient. Et effectivement, les quelques uns parmi les douze qui assuraient [4] la vente à la criée du journal abandonnèrent leur point de vente et leurs tentatives de généralisation de cette « grève » amenèrent Pierre Juhel à prendre des mesures d’exclusion à l’encontre de trois d’entre eux : Guy Delranc, Luc Frèrebeau et Renaud Perronnet.

Le malaise qui s’ensuivit n’était toujours pas dissipé lorsque l’année suivante, au début du printemps 1969, après le départ du général de Gaulle, la présentation d’une candidature royaliste aux élections présidentielles fut envisagée ; les avantages, inconvénients et possibilités de cette candidature furent étudiés. Selon Pierre Juhel :

« Il s’agissait pour nous d’utiliser les facilités exceptionnelles dont bénéficiaient les candidats pour exposer nos idées devant la France entière, et pas du tout de faire se compter les royalistes sur le nom d’un des leurs [5]. »

Les facilités exceptionnelles étant, à cette occasion, l’utilisation des moyens officiels d’information, l’affichage, l’envoi des déclarations à domicile, etc. À aucun moment, il n’était envisagé de jouer le jeu électoral jusqu’au bout, mais la désignation de la personne du candidat était importante ; une circulaire interne non datée, mais publiée quelques temps après ces élections, dressait la liste des qualités inhérentes au « bon choix » :

« Notre candidat devait être :

– attaché aux idées de l’AF et en avoir la totale connaissance ;

– en mesure de pouvoir les exposer devant n’importe quel auditoire et de répondre à n’importe quelle question ou contradiction ;

– assez au courant de la vie intérieure de l’AF pour ne pas tomber dans les questions pièges sur notre position vis-à-vis du prétendant, tout en affirmant ses droits et en le désignant comme l’héritier à chaque fois que ce rappel serait nécessaire. Sans rechercher ce sujet, ne pas le fuir et cependant ne pas risquer de gêner le prince ou de l’engager pour ne pas encourir un désaveu ;

– correspondre à l’idée que peut se faire la majorité des Français du meilleur candidat, de celui que l’on souhaiterait vraiment voir triompher parce que présentant toutes les garanties que constituent une réussite professionnelle et une vie familiale inattaquables, trop jeune pour avoir été amené à prendre parti dans les querelles anciennes et n’avoir été marqué ni par la résistance ou la collaboration, ni même simplement par l’attachement au gouvernement du Maréchal, être assez âgé pour ne pas être assimilé au monde étudiant dont la majorité des Français est aujourd’hui excédée. »

Dans l’attente d’une réunion du Comité Directeur de la Restauration Nationale (à qui il appartenait de prendre la décision), Pierre Juhel fit intéresser à ce projet des personnalités amies ou sympathisantes, élus départementaux ou municipaux, afin de disposer des cent signatures nécessaires au dépôt d’une candidature régulière. En même temps, il pressentait Georges-Paul Wagner, avocat à la Cour de Paris, membre du Comité Directeur, pour être le candidat… Curieux personnage d’ailleurs que Me Georges-Paul Wagner : en 1962, il lui fut proposé de prendre la direction de l’Institut de Politique Nationale ; il accepta et, à ce titre, fut appelé au Comité Directeur : il ne remplit pas ses fonctions à l’Institut de Politique Nationale et fit rarement acte de présence au Comité. La même année, il s’engagea à écrire le grand ouvrage que tous attendent encore sur le « procès de Lyon » (où Charles Maurras et Maurice Pujo fu[5]rent condamnés) ; à cet effet, lui fut remise toute l’importante documentation que possède la Restauration Nationale : pièces originales, photocopies de lettres, etc. Rien ne parut. À l’automne de 1966, sur la demande que lui fit Bernard Mallet (président du Comité Directeur de la Restauration Nationale), il promit de mettre au point une brochure de propagande dont les frais d’impression et de diffusion devaient être couverts par une section méridionale. Rien ne vint… Enfin, on le retrouvera quelques années plus tard à l’origine de la scission « nafiste » ! Mais pour en revenir aux élections présidentielles de 1969, Georges-Paul Wagner donna son accord de principe, disant seulement que, sauf contrordre de sa part dans les vingt-quatre heures qui suivaient, son acceptation serait considérée comme définitive. Passé ce délai, l’acceptation de Georges-Paul Wagner fut donc considérée comme acquise et les demandes de signatures furent « personnalisées » : la constitution exigeait cent signatures de maires et/ou conseillers généraux, représentant au moins dix départements différents. Le vendredi 9 mai, alors que l’opération était engagée depuis quarante-huit heures, Pierre Juhel, qui en discutait avec Hilaire de Crémiers, téléphona à Georges-Paul Wagner pour un détail d’organisation : ce dernier fit savoir son refus pour des raisons « strictement privées » et exprima ses regrets de ne pas en avoir avisé le mouvement dans les délais convenus. Dans la même journée, arrivèrent à Paris Bernard Mallet et Xavier Vallat, sans lesquels il n’avait pas été possible de réunir le Comité Directeur : ils furent avisés de l’entreprise et du refus de Georges-Paul Wagner qui modifiait entièrement les données du problème ; compte tenu du délai très limité qui restait pour le dépôt d’une candidature, il était impossible de recommencer toute l’opération sur une autre candidature présentant les conditions requises. C’est la raison pour laquelle le projet fut abandonné le soir même et qu’un contrordre fut envoyé par téléphone ou télégramme à tous ceux qui s’employaient à la réussite de l’opération. Commentaire final de Pierre Juhel :

« Il est bon de signaler que le dévouement et l’ingéniosité dont ont fait preuve à cette occasion un grand nombre de cadres et d’adhérents de la Restauration Nationale nous auraient certainement permis de déposer le 13 mai avant minuit les cent signatures nécessaires [6]… »

Le groupe des étudiants parisiens fut très affecté par ce qui représentait à ses yeux une reculade, et même une trahison à l’égard des intérêts de la Restauration Nationale : une campagne d’agitation en résulta, lancée contre le Comité Directeur en général et Georges-Paul Wagner en particulier : le Comité était effectivement accusé d’avoir manqué à son devoir en ne maintenant pas, à tout prix, une candidature. C’est à ce moment qu’intervient sur la « scène » de cette tragicomédie Yvan Aumont, qui vint alors proposer à Pierre Juhel de prendre la tête d’un mouvement intérieur pour renverser l’autorité du Comité ! Commentaire d’Yvan Aumont lui-même :

« À mon sens, il était très possible de trouver une autre personne ; nous avions proposé plusieurs noms… En fait, je pense que ce qui s’est passé à ce moment-là, c’est que Juhel ne voulait pas de cette candidature, mais j’ignore ses raisons : est-ce parce que ce n’était pas lui qui avait eu l’idée, pensait-il que l’importance des étudiants s’en serait trouvée accrue, etc. ? Je n’en sais rien… Mais par la suite, j’en ai parlé à Me Wagner, qui m’a répondu n’avoir jamais donné d’accord formel dans la mesure où Juhel ne lui avait présenté cette opération que comme une éventualité et non comme une entreprise établie et certaine ! […] Alors, c’est vrai que je suis venu proposer un putsch à Juhel, contre les membres [6] du Comité Directeur, gens charmants mais à l’antipode de militants ! Mais il est évident que si Juhel avait vraiment considéré mon projet au sens réel du terme putsch, il ne se serait pas contenté de m’éconduire de son bureau ! Il m’aurait viré du mouvement, ou, à tout le moins, ne m’aurait pas donné, dans les années qui ont immédiatement suivi, des responsabilités de plus en plus importantes, s’il avait vraiment été choqué comme il a tenté de le faire croire par la suite, s’il m’avait déjà catalogué “vilain scissionniste [7]”… »

Pour mieux apprécier la saveur de ces propos, il est bon effectivement de nous projeter quelques années en arrière et de brièvement retracer le cursus d’Yvan Aumont : lorsqu’icelui rentra du service militaire en 1963, il prit le secrétariat du groupement de la Restauration Nationale des VIIIe, XVIe et XVIIe arrondissements, où il se révéla immédiatement un administrateur de qualité : ses états d’effectifs et de cotisations, ses fichiers, etc. étaient les mieux tenus de la région parisienne ; en 1964, Pierre Juhel lui proposa de prendre la responsabilité de l’ensemble du nouveau département des Hauts-de-Seine ; il accepta, ne débuta rien, puis au bout de quelques mois dit à Pierre Juhel qu’il ne voulait pas quitter son secteur parisien, champ d’action plus limité mais qui lui suffisait. En 1965, Pierre Juhel lui confia le commandement en second du camp « Maxime Real del Sarte » des étudiants, sous les ordres d’Hilaire de Crémiers, puis également en 1966 avec Bertrand Renouvin. De là date l’installation d’Yvan Aumont chez les étudiants, lui-même ne l’étant plus. Ses qualités d’ordre et de méthode firent qu’il y joua de suite un rôle important, quoique, en apparence, effacé. Lors de la crise de mai 1968, il fit, à l’intérieur de l’« État-major » étudiant, un important travail d’organisation et se montra d’une redoutable efficacité dans la préparation et la conduite des manifestations ; c’est également à cette époque que se situe la fondation, sur l’initiative d’Hilaire de Crémiers, des Dossiers d’Action Française : la nouvelle publication fut domiciliée chez Yvan Aumont, qui tirait par ailleurs un bulletin intersections intitulé Restauration Nationale. Par la suite, Yvan Aumont, avec l’accord de Pierre Juhel, sous-titra son bulletin La Nouvelle Action Française, car ce sigle risquait alors d’être employé par le groupuscule fascisant L’Œuvre Française

Toujours au début de 1969, Pierre Chauvet (leader de la section provençale de la Restauration Nationale) annonça son intention d’organiser une réunion d’été, en plein air, sur le site exceptionnel de Montmajour : il souhaitait qu’à cette occasion les régions voisines viennent renforcer la Provence pour assurer le succès d’une manifestation dont le retentissement pourrait être grand si une nombreuse assistance était rassemblée ; un matériel important serait édité et mis à la disposition des propagandistes ; le financement était assuré pour l’organisation du terrain, les impressions, déplacements de personnel et de matériel, etc. Bref, le projet était enthousiasmant ! Aussi, Aspects de la France et la Restauration Nationale s’employèrent à sa réalisation : le journal multiplia les appels, des affichages d’une grande densité et des distributions massives de tracts furent effectués, etc. Le résultat, inférieur à ce qui était espéré, fut cependant encourageant puisque plus de deux mille personnes vinrent le 8 juin 1969 en un lieu, somme toute d’accès difficile, pour écouter les orateurs royalistes.

[7] À l’automne 1969, Pierre Juhel propose au Comité de confier à Yvan Aumont l’opération « Kangourou » qui avait pour objet de recruter en trois mois un nombre suffisant d’abonnés pour qu’Aspects de la France put disposer des cinq millions jugés nécessaires à un changement de formule du journal, qui aurait alors eu une présentation plus flatteuse : 687 abonnements nouveaux furent recueillis, mais les cinq millions ne furent pas atteints, et la présentation du journal ne put être modifiée, d’autant qu’un an plus tard, plus des trois quarts des nouveaux abonnements ne furent pas renouvelés. Cependant, l’opération « Kangourou » consacra l’intégration d’Yvan Aumont dans l’équipe dirigeante de la Fédération parisienne puisque, là encore, son esprit de méthode le rendit très vite indispensable ; les sections prirent plus en plus l’habitude de recevoir de lui toutes indications et consignes. En même temps, il tira de son bulletin des éditions locales à l’usage des différents arrondissements et secteurs. Toujours est-il que l’opération suscitée eut aussi une autre conséquence, non prévue : les étudiants accusèrent les autorités de la Restauration Nationale de vivre seulement sur d’anciennes habitudes et de limiter leurs ambitions à la conservation d’une petite formation royaliste, ce qui les amenait bien sur à redouter les progrès du mouvement et à préférer leur tranquillité à la poursuite des buts de la Restauration Nationale ; on vit apparaître dans le mensuel étudiant AF Université des prises de positions contraires à celles d’Aspects de la France, etc.

Mais cela n’empêcha pas le succès du meeting du 21 mars 1970 à la Mutualité (Paris), où, malgré un climat dont la détérioration devenait de plus en plus sensible, une salle comble applaudit au thème royaliste.

Le 7 juin 1970, plus de quatre mille personnes étaient rassemblées à Montmajour ; les affichages répétés avaient créé dans toute la Provence une obsession à laquelle succombaient des curieux, des anciens, des jeunes, etc. Un côté « kermesse » venait, de plus, s’ajouter à la formule initiale de réunion interrégionale de propagande.

Malgré l’éclatant succès de cette manifestation, le camp « Maxime Real del Sarte » 1970 fut le témoin de l’état de crise qui rongeait le mouvement étudiant : la plupart affirmaient la nécessité de rompre avec la clientèle habituelle des « nationaux » et de la laisser à Minute ou Rivarol, pour orienter le recrutement parmi les « contestataires qui se font les échos des revendications du Pays réel », etc.

Le lundi 5 octobre 1970, Pierre Pujo annonça, en conseil de rédaction, que le numéro d’Aspects de la France à sortir contiendrait un article de Jacques Ploncard d’Assac ; aucune des personnes présentes ne fit d’observations ; cependant, dès après le conseil, Fabre entreprit de monter une « opération de commando » contre le directeur de l’hebdomadaire. Prenant prétexte de l’article de Jacques Ploncard d’Assac, il présenta aux étudiants ce dernier comme étant un « nazi notoire » : il convenait donc de faire honte à Pierre Pujo de conserver un tel collaborateur. Le mardi soir, des affichettes « irrespectueuses » furent apposées sur les murs de la salle de rédaction, des inscriptions où les initiales de Pierre Pujo étaient associées aux initiales « SS » et à la croix celtique furent peintes sur les murs des escaliers de l’immeuble. Lorsque Pierre Pujo arriva rue Croix-des-Petits-Champs le mercredi 7 octobre après-midi, une douzaine d’étudiants, dont quelques-uns bottés et casqués (!), l’accueillirent aux cris de « Heil Pujo ! » et en faisant le salut hitlérien, le suivant dans son bureau et le prenant à partie. Marc-Henri Perrin, le secrétaire général des étudiants, [8] sommé de mettre fin à cette manifestation, déclara se solidariser avec ses auteurs ; finalement, il ne fut pris aucune autre sanction contre les « coupables » qu’une admonestation de Bernard Mallet.

Le même mois, on vit une importante formation d’étudiants de la Restauration Nationale passer avec armes et bagages à la « gauche militante » : tel qui, quelques semaines auparavant, vendait AF Université sur une place publique, proposait ensuite, sur le même point de vente, Rouge ou un autre organe gauchiste. Gérard Leclerc ressentit d’ailleurs amèrement ce qu’il considéra comme un échec personnel (il était alors directeur de l’Institut de Politique Nationale), d’autant que les jeunes transfuges disaient, pour leur part, être simplement en avance de quelques mois sur leurs camarades encore demeurés dans les rangs de la Restauration Nationale.

Toujours à la même époque, le représentant des étudiants à la faculté de droit d’Assas interdit la vente et l’exposition d’Aspects de la France sur le secteur où il avait autorité.

Pendant la période du Congrès, une crise (une de plus !) éclata chez les étudiants parisiens : une question de discipline opposa Marc-Henri Perrin au chef des commissaires étudiants Bernard Lugan. Une sanction, maladroite dans son principe, fut prise par Marc-Henri Perrin, qui priva temporairement Bernard Lugan de ses fonctions. Pierre Juhel n’intervint pas dans ce qui n’était a priori qu’une affaire de discipline intérieure des étudiants ; mais, sa « peine » accomplie, Bernard Lugan adressa au Secrétaire général de la Restauration Nationale une lettre par laquelle il dénonçait, de manière précise, un « complot » ourdi contre la direction du mouvement ; Bertrand Renouvin pour les étudiants, Louis « Titou » Juhel pour les Camelots, accepteront de mener ensemble une enquête pour vérifier le bienfondé des accusations de Bernard Lugan. Courant janvier 1971, Bertrand Renouvin déposa un rapport concluant à l’inexistence de ce complot et affirma que rien ne permettait de conclure au bienfondé des accusations de Bernard Lugan.

Cependant, le Comité Directeur fut amené à discuter de ce que Pierre Juhel présentait comme un « gauchissement » ; à la réunion du 24 février 1971, le Secrétaire général annonça son intention de revoir les épreuves du numéro d’AF Université de mars qui devait parvenir rue Croix-des-Petits-Champs le lendemain matin. Le Comité se sépara à 23 h et, quelques heures plus tard, Pierre Juhel faisait disparaitre du lot des épreuves une copie de Francis Bertin, mais il ne vit pas celle de Philippe Dartois sur la C.F.D.T., qui parut normalement et provoqua une mise au point de Bernard Mallet dans le numéro 1175 d’Aspects de la France daté du 25 mars 1971.

Pierre Juhel avisa alors Michel Ledoyen, directeur d’AF Université, au cours de deux conversations successives, de son intention de donner un « coup de barre » en s’occupant lui-même de la fabrication du numéro d’avril du journal étudiant. En fut aussi avisé le secrétaire de rédaction Michel Giraud, à qui il fut proposé de venir à l’imprimerie : Michel Giraud prit vingt-quatre heures de réflexion, puis refusa. Plusieurs articles avaient déjà été composés : deux furent retirés d’office, de Francis Mourad-Bertin, puis Pierre Juhel demanda à Bertrand Renouvin, qui avait signé l’éditorial, d’y apporter quelques corrections pour éviter que n’apparaissent des divergences avec Aspects de la France. Bertrand Renouvin préféra retirer son article. Alors que le numéro était sur le point d’être tiré, l’imprimerie se vit opposer un commandement d’huissier à la requête d’Yvan Aumont, accompagné de Marc-Henri Perrin et Philippe Houbart ! Yvan Aumont présenta un titre de propriété du journal, à lui vendu par Lionel Moreux, gérant de la société éditrice S.N.I.E.P., et daté du 4 février 1971. Ce titre de propriété fut la source d’une polémique sur ses origines ; voici la version [9] de Pierre Juhel :

« Je ne comprenais pas comment ce journal, fondé par nous en 1955, et appartenant à l’AF [sic], avait pu passer entre les mains de M. Aumont. L’explication devait être donnée plus tard. M. Moreux avait été victime d’un abus de confiance lorsque, en septembre 1970, il était venu signer rue Croix-des-Petits-Champs un certain nombre de pièces administratives. Une substitution de pièces fut opérée et une signature donnée pour autre chose se retrouvait au bas d’une feuille qui fut par la suite transformée en acte de vente [8]. »

Réponse d’Yvan Aumont :

« La situation juridique de la S.N.I.E.P. était depuis des années dans la plus parfaite illégalité ! Bernard Mallet s’en était beaucoup inquiété, et avait chargé un de nos amis, étudiant en droit, de remettre de l’ordre dans tout ça. Or il se trouvait, entre autres, que la S.N.I.E.P. ne pouvait être propriétaire à la fois d’Aspects de la France et d’AF Université ; d’où la solution proposée par Bernard Mallet : une vente “fictive” d’AF Université à une personne “X”. Un acte de vente, dont le nom du bénéficiaire n’était donc pas marqué, fut signé par le gérant de la S.N.I.E.P. Apprenant cela, nous avons récupéré ledit acte de vente avant de le mettre au nom d’une personne physique, en l’occurrence moi-même ! J’ai payé, par chèque, l’achat d’AF Université, et cet achat est rentré dans la comptabilité d’Aspects de la France “ni vu, ni connu”… La vente est ainsi devenue totalement légale, contrairement à ce qu’a dit Pierre Juhel qui n’a jamais très bien compris quel avait été le mécanisme qui nous avait permis d’être propriétaires d’AF Université [9] ! »

Vendredi 26 mars 1971 : dans la soirée, après la fermeture des bureaux de la rue Croix-des-Petits-Champs, Yvan Aumont, Marc-Henri Perrin et quelques autres revinrent pour emporter différents objets et pièces d’archives ; des quantités importantes de papier à duplicateur avaient auparavant été prélevées sur le stock existant.

Samedi 27 mars 1971 : Yvan Aumont proclame la « crise » ouverte ; tous les étudiants parisiens en furent avisés et invités à alerter par lettre, téléphone ou déplacement, leurs camarades des groupes de province. Ils devaient aussi demander à toutes leurs relations royalistes, amis ou parents, de se préparer à prendre parti ; dans les bureaux de la rue Croix-des-Petits-Champs et les cafés avoisinants, les discussions les plus vives opposaient les « scissionnistes » et les « fidèles », que les lycéens de l’Union Nationale Lycéenne d’Action Corporative traitaient de « fascistes ».

Mardi 30 mars 1971 : c’est dans ces conditions qu’eut lieu une réunion du Comité Directeur ; si celui-ci fut unanime à condamner l’opération, quatre de ses membres se refusèrent à approuver les sanctions envisagées contre Yvan Aumont, Marc-Henri Perrin, Philippe Houbart. Un communiqué portant les signatures de Georges-Paul Wagner, Yves Lemaignen, Jean Toublanc et Bertrand Renouvin, non daté, fut alors publié et abondamment diffusé. Bernard Mallet répondit dans une note datée du 3 avril 1971. Pierre Chauvet fut alors chargé d’une mission de conciliation.

Mardi 6 avril 1971 : à 12 h, Pierre Chauvet déjeune avec Gérard Leclerc, Bertrand Renouvin et Jean Toublanc ; il est convenu que rien ne sera publié ni d’un côté, ni de l’autre, tant que le Comité, qui doit se réunir à 20 h 30, n’aura pas entendu le compte-rendu que fera Pierre Chauvet de cet entretien. Avant l’heure limite pour boucler la mise en page d’Aspects de la France, qui est 15 h, Pierre Chauvet téléphone à Pierre Pujo, à l’imprimerie, pour que celui-ci retire tout ce qui de près ou de loin touche à la crise : article de Roger Joseph et divers communiqués annonçant la nomination d’un nouveau Secrétaire général des étudiants et celle d’un nouveau Président de la Fédération parisienne. Dans l’après-midi commence dans Paris la distribution d’un bulletin titré La Nouvelle Action Francai[10]se. À 20 h 30, Pierre Chauvet, à qui un exemplaire en est remis lors de son arrivée au Comité, s’indigne de ce non-respect de l’accord. Il téléphone à Bertrand Renouvin qui lui répond que cela ne peut venir que de l’impossibilité dans laquelle s’est trouvé Gérard Leclerc de joindre Yvan Aumont à temps. Ce dernier m’expliquera par la suite :

« Oui, nous avions participé à ces “négociations”, mais par personnes interposées et avec, de toute façon, la ferme conviction qu’elles n’aboutiraient pas à cause du blocage que Pierre Juhel et Pierre Pujo ne manqueraient pas de provoquer [10]. »

À 22 h, le Comité entend le compte-rendu de Pierre Chauvet. Pendant ce temps, Gérard Leclerc téléphone à Matthieu, des étudiants de Lyon : « Nous ne pouvons pas les suivre, la rupture est inévitable. Il faut prendre toutes dispositions pour lancer dès maintenant le nouveau mouvement. » Et à minuit, le bulletin est expédié par lettres et paquets-poste dans toutes les directions.

Mercredi 7 avril 1971 : Aspects de la France paraît sans aucune allusion à la crise, aucun communiqué, etc.

Jeudi 8 avril 1971 : le numéro spécial d’AF Université contenant l’appel à la dissidence paraît et est diffusé dans la France entière.

Lundi 12 avril 1971 : Yvan Aumont diffuse une note faisant état des négociations et signée par « Le Comité Directeur de la Nouvelle Action Française ». En même temps, la diffusion du bulletin La Nouvelle Action Française se poursuit, des enveloppes portant des suscriptions manuscrites d’Yvan Aumont sont postées à « Paris-principal » à minuit.

Mercredi 14 avril 1971 : Me Yves Lemaignen exprime ses « regrets » pour les « erreurs » qui sont à l’origine des manquements à l’engagement du 6 avril. Le Comité Directeur de la Restauration Nationale examine les conditions mises par les scissionnistes à une réunification, marque son accord sur un certain nombre de points, lesquels étaient d’ailleurs à l’étude avant la crise, et rejette les autres : l’une des conditions posées par Yvan Aumont était le départ de Pierre Juhel ; Pierre Chauvet, pour qui l’important était de refaire l’unité à n’importe quel prix, sentait bien alors que, même si Pierre Juhel lui-même s’y était prêté (ce qui était de toute façon totalement invraisemblable), une partie du public royaliste et Bernard Mallet lui-même s’y seraient opposés, ne serait-ce que pour la raison suivante : le départ de Pierre Juhel eût entrainé automatiquement celui de Pierre Pujo, et l’absence des deux seuls « permanents » du mouvement appartenant au Comité signifiait la fin du mouvement lui-même.

Aussi, le jeudi 15 avril 1971, un constat d’échec étant établi, la rupture peut être considérée comme consommée.

Samedi 17 avril 1971 : au Comité, Pierre Chauvet propose une réunion générale des cadres de la Restauration Nationale ; Pierre Pujo, Pierre Juhel et Pierre Chauvet interviendraient à la séance du matin, puis une commission serait désignée pour étudier des mesures à proposer pour améliorer le fonctionnement de l’ensemble de la maison. Ladite commission tiendrait une première séance l’après-midi pour fixer son plan de travail et décider si elle se scinderait en deux ou trois groupes spécialisés, puis rendrait compte en fin d’après-midi de cette première séance ; le reste de l’assistance devant, au cours de la réunion d’après-midi, pouvoir poser des questions à tous les membres du Comité présents, puisqu’ils ne participaient pas eux-mêmes aux travaux de la Commission. Pierre Juhel proposa de reprendre la commission qui avait fonctionné, sous la présidence du colonel Marcel Borius, pour le congrès précédent, complétée par des éléments nouveaux à désigner parmi les présents à la réunion du 24…

Samedi 24 avril 1971 : au matin, avant l’ouverture, Jacques Maurras dit à Pierre Juhel qu’il avait fait appel à Jean-François Chiappe [11] pour donner d’éventuels conseils sur le plan de l’enrichissement du journal. Pierre Chauvet proposa à Pierre Juhel, pour la commission, les noms de plusieurs personnes ; l’une d’elles fit savoir quelques temps plus tard à Pierre Juhel quel devait être le but réel de cette commission : « déboulonner Juhel [11] »… Dès la séance ouverte, l’exposé de Pierre Juhel fut suivi de celui de Pierre Pujo, puis Pierre Chauvet fit un compte-rendu de ses conversations avec Jean Toublanc, Yves Lemaignen, Gérard Leclerc ; on entendit ensuite le tonitruant Pierre Debray clamer son désaccord avec Pierre Pujo. La composition définitive de la commission ayant été arrêtée, Pierre Juhel procéda à l’appel des participants, certains d’entre eux, empêchés ce jour-là, devant participer aux réunions suivantes. Cependant, Jacques Maurras annonça qu’il n’y aurait pas de séance l’après-midi, mais que les personnes désirant s’entretenir avec les membres présents du Comité pourraient revenir, pendant que la commission travaillerait de son côté. À 14 h 30, Pierre Juhel fit rouvrir la « grande salle », tandis que la commission s’installait dans une petite salle réservée. Cette fameuse « commission du journal » était composée de Jean-François Chiappe (président), de la cousine de Jacques Maurras, Mlle Colle, et de Christian Charlet (l’appartenance des deux derniers à la dissidence étant déjà notoire !). En fin de séance, le colonel Marcel Borius vint rendre compte à l’« assemblée » du travail de la « commission du mouvement » qu’il présidait : le texte lu présentait une refonte complète de l’appareil dirigeant, le secrétariat général disparaissant, la commission devenant permanente et représentant un pouvoir dont la position vis-à-vis du Comité n’était pas définie clairement ; mais certains commissaires affirmèrent que la note lue par le colonel Marcel Borius ne correspondait pas aux travaux de la commission ! L’heure avançant, on en resta là, et au moment où Pierre Pujo et Pierre Juhel quittaient les lieux, Jacques Maurras et Pierre Chauvet leur demandèrent de se retrouver rue Croix-des-Petits-Champs. Pierre Pujo, appelé à un rendez-vous, ne fit qu’y passer, tandis que Pierre Chauvet et Jacques Maurras essayaient de convaincre Pierre Juhel du bien-fondé des « décisions » de la Commission, en vain…

Dimanche 25 avril 1971 : de Marseille, Pierre Chauvet appelle Pierre Juhel pour connaître sa réponse, mais s’entend signifier le même refus.

Début de mai 1971 : Jacques Maurras et Pierre Chauvet, au cours d’une conversation qu’ils eurent dans un bistrot de la rue Croix-des-Petits-Champs, décidèrent de dissoudre le Comité Directeur. Pierre Pujo et Pierre Juhel refusèrent à Jacques Maurras le droit de prononcer cette dissolution, et Pierre Pujo déclara assumer la présidence. Le communiqué de Jacques Maurras, et l’appel de Bernard Mallet le confirmant, furent abondamment diffusés par la radio, voie de presse et par tracts, ce qui n’empêcha pas la réussite du Cortège de Jeanne d’Arc. Pierre Chauvet décida alors de réunir à Lyon une « assemblée constituante » composée des représentants des régions, dûment alertés par lui et Pierre Debray, mais ce fut un échec. Jacques Maurras appela ensuite Pierre Juhel au téléphone pour lui proposer de reprendre la conversation sur la base du communiqué de Bernard Mallet du 30 avril, Pierre Pujo et lui-même se démettant de leur présidence. Pierre Juhel, ayant pris l’avis de Pierre Pujo, rencontra donc Jacques Maurras qui lui apprit que Bernard Mallet voulait compléter le Comité en appelant notamment Drieu La Rochelle auquel il tenait beaucoup ; de son côté, Jacques Maurras avançait les noms du colonel Marcel Borius et de Gérard de Gubernatis (« Un activiste qui n’a pas vraiment assimilé Maurras ; toute sa valeur est dans son éloquence dont la forme est bien meilleure que le fond », dixit Pierre Juhel [12]). Pierre Juhel avança les noms d’Antoine Murat, Félix Duraud et Roger Joseph. Ces trois derniers furent récusés par Jacques Maurras qui suggéra à Pierre Juhel : Guy Steinbach et Guy Rérolle ; le nom [12] de Georges Mollard, avancé par Pierre Pujo, fut ensuite retenu par Bernard Mallet.

2 juin 1971 : les Comités Directeurs de la Restauration Nationale se réunissent donc, sous la convocation et la présidence de Bernard Mallet, qui publie à cette occasion un communiqué.

13 juin 1971 : la foule est aussi nombreuse que l’année précédente à « Montmajour 1971 » ; Aspects de la France et la Restauration Nationale firent un effort semblable, mais Pierre Pujo et Pierre Juhel se virent refuser l’accès de la tribune ; de plus, entre deux déclarations politiques malheureuses sur le couteau de cuisine et la reconquête de l’Algérie, Gérard de Gubernatis attaqua personnellement Pierre Juhel dans son discours, mais seuls les « initiés » sentirent qu’il se passait quelque chose et s’étonnèrent de l’éviction de la direction parisienne.

30 juin 1971 : à la réunion du Comité Directeur, Pierre Chauvet demande, soit la démission de Pierre Juhel et Pierre Pujo, soit l’institution d’un contrôle rigoureux sur eux, exercé par le président de chacune des commissions. L’idée foncière de Pierre Chauvet étant manifestement d’amener Pierre Pujo et Pierre Juhel à démissionner de leurs fonctions respectives, ces deux derniers pondirent alors un libelle polémique, non daté, non signé, et à diffusion restreinte :

« Les deux propositions de Chauvet sont inacceptables parce que :

« – Il est de tradition constante à l’AF que le ou les directeurs du journal et le responsable du mouvement soient membres de droit du Comité Directeur. Ils ne peuvent être contrôlés par un autre membre du Comité pour ce qui est de leurs tâches respectives et ne peuvent accepter que le contrôle global du Comité ;

« – Les Commissions ne peuvent avoir pour fonction de contrôler le directeur d’Aspects et le Secrétaire général de la RN. Leur rôle doit être de les aider à assumer leur tâche, en les conseillant, les informant, en participant à certaines études fondamentales destinées à l’amélioration du journal ou du fonctionnement du mouvement ;

« – Le Président M. Mallet a dit, lors de la réunion du 18 juin, qu’à son avis, les commissions devraient désigner elles-mêmes leurs présidents respectifs. Chauvet, par contre, parle de présidents désignés par la Président.

« Une chose doit être bien établie : le président de la Commission du journal est le directeur d’Aspects, le président de la Commission de la propagande est le Secrétaire général de la RN. Il en avait été décidé ainsi lors de la réorganisation du Comité après la mort de Maurice Pujo […]. »

Suit alors une « réponse » aux critiques de Pierre Chauvet, les mêmes en fait que celles émises quelques mois plus tôt par les « nafistes » ! Pierre Chauvet, d’autre part, annonçait sa décision de faire en Provence un camp d’été, concurrent du camp « Maxime Real del Sarte », décision qui était d’ailleurs d’avantage celle de Jean Lavoëgie qui acceptait de renoncer au camp de Provence si le chef du camp « Maxime Real del Sarte » était un marseillais ! (Le chef de camp, le toulousain Henri Bec, et le directeur des études, Pierre Gourinard, avaient déjà été désignés…)

Survinrent les obsèques de Bernard Mallet, après lesquelles le Comité se réunit et décida que sa prochaine séance se tiendrait le 1er septembre pour la désignation d’un nouveau président…

1er septembre 1971 : Georges Mollard mit en avant le nom de Pierre Pujo qui, n’ayant par ailleurs rien sollicité, objecta qu’il avait déjà fort à faire avec la direction du journal ; cependant, la majorité du Comité se prononça pour lui : il refusa, considérant qu’il avait besoin de l’unanimité. L’heure avançait et certains redoutaient de manquer le dernier métro, aussi Pierre Pujo proposa-t-il Guy Rérolle… Tous se regardèrent, aucune voix contre… Tous les détails de cette réunion furent largement connus dès les dix premiers jours de septembre, grâce à quelques [13] « indiscrétions »…

Selon Pierre Juhel, Guy Rérolle fut l’objet, dès sa nomination, d’un « siège en règle » de la part de Jacques Maurras et de l’« équipe provençale » que Pierre Juhel décrit d’une façon particulièrement savoureuse dans une correspondance privée datée du 25 février 1972 :

« Chauvet : tu le connais bien, il a beaucoup de dévouement et de générosité. À mon avis, son jugement politique est souvent mauvais. Son état de santé est préoccupant : il fait des crises de dépression. Il est, par ailleurs, sur le plan professionnel, accablé de soucis. Sa rencontre avec l’abbé de Nantes l’a fait sombrer dans une sorte de mysticisme et il donne priorité, dans ses préoccupations, à l’abbé par rapport à nous. Lors de l’affaire Boutang, et dans les années suivantes, il fit campagne pour éliminer Georges [Calzant, ndla], seul obstacle à son avis à la “reconstitution de l’unité”, c’est-à-dire au retour de Boutang. Je possède là-dessus une correspondance édifiante.

« Gérard Pol : le jeune président de Marseille [sic]. Intellectuellement valable, mais personnage inconsistant, fait pour les seconds rôles, et dont l’attachement à l’AF est encore à mes yeux incertain.

« Jean Lavoëgie : ancien Camelot de Marseille. C’est un cas ! Il tient à la fois de Tartarin, du Capitaine Conan et d’Henry Charbonneau. Son attachement à l’AF, réel, est fait d’avantage de la vivacité de ses souvenirs de jeunesse que de l’adhésion aux idées qu’il a peu approfondies. La grande époque de sa vie fut pour lui son passage à la Milice où il exerça, semble-t-il, un commandement relativement important dont il a conservé la nostalgie. Ceci explique son goût de l’uniforme, du rang serré, des alignements, des veillées romantiques et des armes à feu. La Milice a correspondu, chez certains, à une volonté de porter l’uniforme en un temps de guerre perdue. Ce fut le cas de ce sous-officier des chasseurs alpins qui se retrouva capitaine ou chef de bataillon chez Darnand, lequel était également ancien chasseur et ancien chef des Camelots de Provence. Lavoëgie dut être de ceux que les méthodes militaires de la Wehrmacht et des SS impressionnèrent, et son style de commandement cause un certain malaise. L’AF, à Marseille, fait maintenant penser, dit-on, à une formation fasciste. C’est peut-être vrai et il y aurait là un danger de plus. Toujours est-il qu’après une longue et pénible détention, Lavoëgie revint vers 1955, et se rendit indispensable auprès de Chauvet que, maintenant, il domine entièrement, au moins sur un certain plan, car il faut réserver le secteur “abbé de Nantes”. Lavo pense aujourd’hui que, s’il ne joue pas un rôle d’importance à l’AF, c’est parce qu’il est barré par Pujo et moi. Vis-à-vis de l’AF c’est une haine féroce. Il affirme à tout propos “qu’il aura sa peau”. Dans mon cas, c’est plus complexe. À ses yeux, je représente la moitié de la tradition des Camelots et lui l’autre. À mon sujet, il balance entre une jalousie haineuse et une affection fraternelle. Il est persuadé, et Chauvet le lui a peut-être dit, que je m’étais opposé à son entrée au Comité. C’est faux, comme je l’expose plus haut, car je n’ai élevé d’objections vis-à-vis de personne et j’ai laissé aller. Son nom n’a pas été prononcé par Jacques Maurras. Il y aurait été ni plus ni moins qualifié que d’autres. Il y a, bien sûr, son passé de milicien. Il y a aussi autre chose qui relève sans doute de la médecine psychiatrique. Avec un simple verre dans le nez, il pique des colères d’une violence inouïe, dit alors les pires choses, emploie n’importe quel argument et frappe n’importe qui. À Lyon, en novembre, au cours d’un dîner, il se mit à injurier grossièrement Pierre Pujo. Au lieu de lui enjoindre de se taire, Rérolle quitta la salle. Un de nos amis, [14] membre du bureau de la section de Lyon, s’étant permis une observation, Lavo le frappa violemment au visage. Après une scène extrêmement violente dans la salle du diner, il fut tiré dans une antichambre, et, pendant près de 10 mn, il fut solidement maintenu à terre par des jeunes, en attendant qu’il se calme. Sitôt relevé, il se remit à la recherche de son antagoniste, sous prétexte de lui dire ses regrets, et à nouveau, il lui envoya un coup de poing à la figure. Je réussis à le conduire à l’extérieur, l’air frais le calme et, tranquillement, sérieusement, il me proposa un suicide en commun. Nous irions à sa voiture chercher son pistolet, puis descendrions sur la berge du Rhône, puis, l’un après l’autre, nous nous tirerions une balle dans la tête. Lui et moi n’avions pas de meilleure façon d’en sortir, puisque, de toute évidence, l’AF était foutue ! J’obtins un petit délai de grâce jusqu’au lendemain matin. Et là, à la permanence de Lyon, au cours de la réunion de la commission de propagande, Lavo présenta son projet de constitution de l’AF : une assemblée représentative se substituant à la Direction ! »

Quittons quelques instants cette émouvante équipe provençale, galéjade inexpugnable, pour en revenir au nouveau président du Comité Directeur, Guy Rérolle, et laissons le soin à Pierre Juhel de nous dresser un portrait de l’heureux élu :

« Rérolle est un homme d’impulsion, qu’une réussite professionnelle a gonflé, et qui pense avoir raison en tout. Il ne supporte pas l’échange des arguments. Son flair et son jugement politique sont sujets à caution, de Boutang à Tixier, il en a donné la preuve. Sa connaissance de l’AF est rudimentaire. C’est très courageusement qu’à l’origine, il a accepté des fonctions qu’il n’avait pas sollicitées. L’immensité des soucis que cela représente n’est pas compensée par les “honneurs” correspondants. Les “honneurs”, cependant, lui sont montés à la tête. Le sommet des honneurs, c’est le retour à l’unité sous sa houlette. Il ne se rend pas compte que là, il est joué [13]. »

Et effectivement, force est de reconnaitre que le « règne » de Guy Rérolle fut une longue suite de gaffes et d’erreurs, depuis ses manières de mauvais adjudant jusqu’à la création du poste d’Inspecteur Général pour Marcel Borius (que Guy Rérolle destinait initialement au poste de Secrétaire général adjoint, Pierre Juhel n’ayant même pas été avisé !), en passant par sa tentative d’imposer à Pierre Pujo la collaboration de Pierre Debray, qui écrivait également dans La Nouvelle Action Française, etc.

Parallèlement à ces incidents mêlant Parisiens et Bourguignons, il y avait à Nantes une situation particulièrement délicate, exploitée par les « marseillais », car Philippe Legrand était en contact avec les Provençaux. Le vice-président de la section nantaise, Helle, convoqua un soir de novembre 1971 ses adhérents. Guy Rérolle, ayant eu connaissance de cette réunion, téléphona à Pierre Juhel pour lui demander d’être présent, l’attitude de Helle étant « ambigüe ». Pierre Juhel vint donc dans la capitale bretonne mais ne se présenta pas à la réunion, sur le conseil d’amis nantais (dont le fils de Bernard Mallet). Ces derniers lui firent un compte-rendu de cette réunion : Helle avait interrogé les participants sur la position que devait prendre la section, Nouvelle Action Française, Restauration Nationale ou « tiers-parti » (en l’occurrence, le clan dit « légitimiste », dont Helle était sympathisant) ? Pierre Juhel alla donc trouver Helle le lendemain matin, ce dernier lui confirmant que son intention était de créer à Nantes une organisation indépendante de la Restauration Nationale où toutes les tendances cohabiteraient ! Pierre Juhel lui signifia évidemment son exclusion, confirmée par écrit (le double de cette lettre, résumant entre autres la conversation, fut communiquée à Guy Rérolle, qui ne fit pas de commentaires). Or, à la fin de janvier 1972, Pierre Juhel fit une réunion à Nantes, avec le nouveau président local, [15] à laquelle Helle assista. Ce dernier informa Pierre Juhel qu’il avait participé la veille, à Marseille, à une réunion de cadres, sous la présidence de Guy Rérolle, pour arrêter le programme des activités de la Restauration Nationale, sur le plan national, pour l’été 1972 !

Pierre Juhel, qui n’était pas au courant, alla chez Guy Rérolle qui lui annonça que la dissidence n’en avait plus pour longtemps, car le retour d’Yves Lemaignen, le premier et le plus spectaculaire, ne tarderait pas… Il ajouta : « … Mais tu es le seul obstacle ! », nommant de suite Pierre Juhel vice-président !!! Là encore, je laisse Pierre Juhel raconter lui-même cette anecdote croustillante, qui vaut son pesant de sagou :

« Il me mit ensuite, sous les yeux, une lettre de Chauvet, dans laquelle lui était fixée, dans le détail, la façon dont devait être conduit le prochain Comité ! Après quoi, ayant assuré la retraite glorieuse de Juhel, on ferait appel à l’arbitrage de l’abbé de Nantes pour traiter avec la NAF. Bien sur, ma réaction l’irrita et il devint insultant. Je repris alors ma valise dans la chambre que Mme Rérolle m’avait préparée et retournai, à pied et en pleine nuit, à la gare de Dijon [14]. »

… sifflotant sans doute « I’m a poor lonesome cow-boy… » sur fond de soleil couchant !!!

Cela dit, Pierre Pujo n’était pas plus gâté : Aspects de la France appartient à une société éditrice dont les actionnaires, fidèles de la Restauration Nationale, anciens Camelots du Roi, etc., ne sont plus engagés dans l’action militante. Le précédent de 1944, où les biens de l’Action Française avaient été confisqués, avait amené Georges Calzant à adopter une formule dans laquelle le nouveau journal serait la propriété d’une société commerciale, indépendante du mouvement, et où les actionnaires ne pourraient être amenés à répondre de leur activité politique, Lionel Moreux, directeur gérant, étant responsable aux yeux de la loi. La mise en harmonie des statuts de la société, qui dataient de 1947, avec les dispositions légales résultant de textes ultérieurs, avait nécessité l’appel à un juriste. Le choix en fut particulièrement judicieux, puisque c’est lui qui organisé le « rapt » d’AF Université ! Durant l’été 1971, il fut question d’une augmentation du capital de la S.N.I.E.P., avec disparition des fidéicommis et distribution des parts à tous les membres du Comité et à un certain nombre de personnalités extérieures. Le projet mis au point en octobre 1971 prévoyait pour Pierre Pujo, directeur responsable du journal, une minorité de blocage par l’octroi d’un plus grand nombre de parts. Ce projet avait reçu l’approbation de Me Antoine Murat, qui était, depuis la fondation d’Aspects de la France, son avocat. Le Dr Guy Rérolle donna aussi son approbation écrite. Au Comité, Jacques Maurras déclara ne pas vouloir de parts à son nom, mais ne fit pas opposition au projet. Plusieurs semaines après, alors que l’administrateur avait recueilli les souscriptions des nouveaux actionnaires, le projet adopté fut déclaré rejeté par Guy Rérolle, qui s’avisa tout d’un coup de refuser à Pierre Pujo la situation privilégiée correspondant à ses responsabilités. Un nouveau projet prévit alors une répartition entre tous les membres du Comité, et la signature de « cessions de part » en blanc par chacun, à déposer chez un notaire, à la disposition du seul Guy Rérolle ! Pierre Pujo et Pierre Juhel demandèrent que ce second projet fasse l’objet, comme le premier, d’une consultation auprès de Me Antoine Murat, ce que Guy Rérolle refusa catégoriquement, déclarant qu’il imposerait sa volonté ; les actionnaires se refusèrent à avaliser l’opération et déclarèrent qu’ils s’en tiendraient, eux aussi, à l’avis de l’avocat de la S.N.I.E.P.

Sur ces entrefaites, Pierre Pujo pris la parole, un dimanche du début février 1972, à Beaune, lors de la fête des Rois. Arrivant ce dimanche matin à Dijon, Pierre Pujo fut invité à déjeuner chez Guy Rérolle, avec le couple Debray (Pierre Debray collaborant toujours à [16] La Nouvelle Action Française)… À la même époque, un journal dijonnais publia une interview de Guy Rérolle, accompagné d’une photo, dans laquelle « la plus haute autorité de la RN » prenait des positions des plus irréfléchies, peu conformes à l’enseignement de Charles Maurras, faisant des déclarations imprudentes et montrant une connaissance plus que sommaire des idées d’Action Française. Lorsque Pierre Juhel lui conseilla d’exiger une rectification, Guy Rérolle répondit que la chose était sans importance.

Le 9 mai 1972, Guy Rérolle fait publier une circulaire, mettant en accusation Pierre Pujo et Pierre Juhel, et présentant une suite de griefs plus ou moins bien fondés. Par ailleurs, il était difficile de prendre au sérieux le dernier alinéa concernant les limites de la diffusion de ladite circulaire qui « vous est adressée personnellement et ne peut être montrée qu’à des militants sûrs à l’exception de tous ceux qui pourraient voir […] » puisqu’au Cortège traditionnel de Jeanne d’Arc, où chacun put voir des militants « nafistes » scander « RÉ-ROLLE ! RÉ-ROLLE ! », des « dissidents » allaient de groupe en groupe pour offrir la « déclaration présidentielle »… Le même mois, L’Action Bourguignonne et Franc-Comtoise, bulletin bimestriel imprimé à Dijon dont Guy Rérolle était le directeur politique, publia en première page un article d’icelui, mettant ouvertement en cause la responsabilité de Pierre Juhel dans les événements qui s’étaient déroulés ces derniers mois, sans citer son nom, toutefois, afin de ne pas permettre l’usage du droit de réponse !

Le vendredi 2 juin 1972, Pierre Juhel lui ayant refusé l’accès des locaux de la rue Croix-des-Petits-Champs, le Comité Directeur de la Restauration Nationale se réunit chez Mme Mallet et, à l’unanimité des membres présents (Guy Rérolle, Marcel Borius, Pierre Chauvet, Gérard de Gubernatis, Maurice de Lansaye, Jacques Maurras, Georges Mollard et Guy Real del Sarte), prit les décisions suivantes, notifiées par un communiqué daté du 5 juin :

« 1/ P. Juhel est démis de ses fonctions de Secrétaire général de la RN ;

« 2/ Les présidents des Unions Royalistes ne recevront dorénavant de directives que du Comité Directeur ;

« 3/ Les efforts doivent porter sur le soutien d’Aspects de la France ;

« 4/ Dans cette perspective […], plus aucun versement ne devra être effectué au nom de Pierre Juhel ;

« 5/ Nos amis sont invités dès maintenant à se regrouper dans des Unions Royalistes parisiennes ou provinciales sous l’autorité d’un président qui sera nommé ou confirmé par le Comité Directeur.  »

C’était l’acte de naissance de ce qui deviendra rapidement la Fédération des Unions Royalistes de France, qui pourra faire l’objet d’une seconde partie de cette historiographie si vous le souhaitez.

Pour tous renseignements supplémentaires, lettres d’insulte, colis piégés, brutalités, voies de fait, etc., veuillez écrire au siège de la Nouvelle Action Royaliste, à mon nom.

Anarchiquement votre,

Yann Gweltaz

Merci à Yvan Aumont, Yves Bruno et « X » pour leur aide dans mes investigations archéologiques, et à Frédéric Aimard qui publie décidément n’importe quoi !

1. Lespès (Olivier), Une Révolution dans le Royalisme. La Nouvelle action royaliste, ses origines, son histoire, Royaliste, collection « Lys rouge », Paris, 1984.

2. Cf. l’excellent travail de Jacques Paugam, L’Age d’or du Maurrassisme, Paris, Denoël, 1971.

3. Juhel (Pierre), « Les origines de la crise », Paris, avril 1971.

4. Cf. Gasquet (Vasco), Les 500 affiches de Mai 68, Paris, Balland, 1978.

5. Juhel (Pierre), ibid.

6. Ibid.

7. Aumont (Yvan), entretien avec l’auteur, 10 octobre 1981, Paris.

8. Juhel (Pierre), ibid.

9. Aumont (Yvan), ibid.

10. Ibid.

11. Juhel (Pierre), courrier personnel daté du 25 février 1972.

12. Ibid.

13. Ibid.

14. Ibid.