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330 Économie

« Infléchis mon cœur vers Ton témoignage, et non point vers le gain. »

Ps 118 (119) 36

« Jamais l’or n’a perdu la plus petite occasion de se montrer stupide. On compterait aujourd’hui dix Venise dans Paris, si les commerçants retirés avaient eu cet instinct des grandes choses qui distingue les Italiens. De nos jours encore, un négociant milanais lègue très-bien cinq cent mille francs au Duomo pour la dorure de la Vierge colossale qui en couronne la coupole. Canova ordonne, dans son testament, à son frère, de bâtir une église de quatre millions, et le frère y ajoute quelque chose du sien. Un bourgeois de Paris (et tous ont, comme Rivet, un amour au cœur pour leur Paris) penserait-il jamais à faire élever les clochers qui manquent aux tours de Notre-Dame ? Or, comptez les sommes recueillies par l’État en successions sans héritiers. On aurait achevé tous les embellissements de Paris avec le prix des sottises en carton-pierre, en pâtes dorées, en fausses sculptures consommées depuis quinze ans par les individus du genre Crevel. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 116).

« Les avares ne croient pas à une vie à venir, le présent est tout pour eux. Cette réflexion jette une horrible clarté sur l’époque actuelle, où, plus qu’en aucun autre temps, l’argent domine les lois, la politique et les mœurs. Institutions, livres, hommes et doctrines, tout conspire à miner la croyance d’une vie future sur laquelle l’édifice social est appuyé depuis dix-huit cents ans. Maintenant le cercueil est une transition peu redoutée. L’avenir, qui nous attendait par delà le requiem, a été transposé dans le présent. Arriver per fas et nefas au paradis terrestre du luxe et des jouissances vaniteuses, pétrifier son cœur et se macérer le corps en vue de possessions passagères, comme on souffrait jadis le martyre de la vie en vue de biens éternels, est la pensée générale ! pensée d’ailleurs écrite partout, jusque dans les lois, qui demandent au législateur : “Que paies-tu ?” au lieu de lui dire : “Que penses-tu ?” Quand cette doctrine aura passé de la bourgeoisie au peuple, que deviendra le pays ? »

Balzac (Honoré, de), Eugénie Grandet (Paris, Garnier-Flammarion, 1964, pp. 97-98).

« Buvons donc à l’imbécillité du pouvoir qui nous donne tant de pouvoir sur les imbéciles ! dit le banquier. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin (Paris, Flammarion, s.d., p. 54).

« Nous ne manquons jamais d’argent pour nos caprices, nous ne discutons que le prix des choses utiles ou nécessaires. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin (Paris, Flammarion, s.d., p. 107).

« L’amour de l’argent [est la] source des divisions et des querelles. »

César (Jules), Guerre des Gaules, VI, 22, 3 (traduction par Léopold-Albert Constans, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1926, édition 1972, p. 192).

« La paresse et la dissipation sont filles de l’abondance excessive. »

Maurras (Charles), Mes idées politiques, Paris, Albatros, 1983 (édition originale : Paris, Fayard, 1937), p. 35.

« Les hommes oublient plus tôt la mort de leur père que la perte de leur patrimoine. »

Machiavel (Nicolas), Le Prince, XVII (traduction de Jacques Gohory, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche classique », 1962, p. 119).

οὐδὲν γὰρ ἀνθρώποισιν οἷον ἄργυρος
κακὸν νόμισμ᾽ ἔβλαστε. τοῦτο καὶ πόλεις
πορθεῖ, τόδ᾽ ἄνδρας ἐξανίστησιν δόμων:
τόδ᾽ ἐκδιδάσκει καὶ παραλλάσσει φρένας
χρηστὰς πρὸς αἰσχρὰ πράγματ᾽ ἵστασθαι βροτῶν:
πανουργίας δ᾽ ἔδειξεν ἀνθρώποις ἔχειν
καὶ παντὸς ἔργου δυσσέβειαν εἰδέναι.
[…] οὐκ ἐξ ἅπαντος δεῖ τὸ κερδαίνειν φιλεῖν.
ἐκ τῶν γὰρ αἰσχρῶν λημμάτων τοὺς πλείονας
ἀτωμένους ἴδοις ἂν ἢ σεσωσμένους.

« Rien ne fut établi, rien n’a germé, chez l’homme,
« de plus vil que l’argent ; il corrompt les cités,
« chasse les gens de leurs demeures ;
« il égare, il séduit les esprits vertueux
« et les entraîne vers le crime ;
« à l’homme, il enseigna, toujours, la perfidie,
« et la pratique, aussi, de toute impiété.
« […] Il ne faut pas tirer son gain de toute chose :
« en effet, on voit ceux qui gagnent indûment
« se perdre plus qu’ils ne se sauvent. »

Sophocle, Antigone, vv. 295-301, 312-314 (traduction par Pierre Dumoulin, Paris, Hatier, collection « Les classiques pour tous », 1938, p. 22).