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362.5 Pauvreté

« Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs percent et cambriolent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel : là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent. Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur.

« La lampe du corps, c’est l’œil. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera lumineux. Mais si ton œil est malade, ton corps tout entier sera ténébreux. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres !

« Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent.

« Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Que si Dieu habille de la sorte l’herbe des champs, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne fera-t-Il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ! Ne vous inquiétez donc pas en disant : Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? De quoi allons-nous nous vêtir ? Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez d’abord Son Royaume et Sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine. »

Mt 6 19-34

« Et voici qu’un homme s’approcha et dit [à Jésus] : “Maître, que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ?” Il lui dit : “Qu’as-tu à M’interroger sur ce qui est bon ? Un seul est le Bon. Que si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements.” – “Lesquels ?” Lui dit-il. Jésus reprit : “Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne voleras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère, et tu aimeras ton prochain comme toi-même.” – “Tout cela, Lui dit le jeune homme, je l’ai observé ; que me manque-t-il encore ?” – Jésus lui déclara : “Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-Moi.” Entendant cette parole, le jeune homme s’en alla contristé, car il avait de grands biens.

« Jésus dit alors à Ses disciples : “En vérité, Je vous le dis, il sera difficile à un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux. Oui, Je vous le répète, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux.” Entendant cela, les disciples restèrent tout interdits : “Qui donc peut être sauvé ?” disaient-ils. Fixant son regard, Jésus leur dit : “Pour les hommes c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible.”

« Alors, prenant la parole, Pierre Lui dit : “Voici que nous, nous avons tout laissé et nous T’avons suivi, quelle sera donc notre part ?” Jésus leur dit : “En vérité Je vous le dis, à vous qui M’avez suivi : dans la régénération, quand le Fils de l’homme siégera sur Son trône de gloire, vous siégerez vous aussi sur douze trônes, pour juger les douze tribus d’Israël. Et quiconque aura laissé maisons, frères, sœurs, père, mère, enfants ou champs, à cause de Mon Nom, recevra bien davantage et aura en héritage la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, et de derniers seront premiers.” »

Mt 19 16-30

« Profitable, oui, la piété l’est grandement pour qui se contente de ce qu’il a. Car nous n’avons rien apporté dans le monde et de même nous n’en pouvons rien emporter. Lors donc que nous avons nourriture et vêtement, sachons être satisfaits. Quant à ceux qui veulent amasser des richesses, ils tombent dans la tentation, dans le piège, dans une foule de convoitises insensées et funestes, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. Pour s’y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l’âme de tourments sans nombre. »

1 Tm 6 6-10

« Les meubles de chacune de nos chambres à la façon du prophète Élisée en l’Écriture [cf. 2 R 4 10 : “un lit, une table, un siège et une lampe”]. Outre, un sable sur la table, un tableau sur l’oratoire, une croix sur le lit ; un crucifix devant le lieu où on lit et écrit ordinairement, quelque image de la Vierge en la chambre, une image à la porte.

« Que pour le superflu ou la décoration variée des maisons, comme on l’a fait dans les autres monastères qui sont anciens, on ne puisse jamais rien prendre sur les aumônes des bienfaiteurs de la congrégation, ni sur d’autres fonds. Que tout soit commun et ordinaire, mais pratique, sain et aussi approprié à nos fonctions. Qu’il n’y ait rien de magnifique que l’Église et ce qui dans l’Église est consacré à Jésus-Christ.

« Ce que le monde dépenserait pour du superflu, que ceux de la congrégation en fassent de pieux usages. »

Bérulle (Pierre, de), Œuvres complètes. 4 – Œuvres de piété, n. 338, Paris, Cerf, 1996, pp. 461-462.

πένητα φεύγει πᾶς τις ἐκποδὼν φίλον.

« La pauvreté met les amis en fuite. »

Euripide, Médée, v. 561 [traduction par Marie Delcourt-Curvers, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche classique » (n. 2450), 1968, p. 129].

« “Le pauvre, ami des hommes”, les enrichit tous avec la richesse de sa pauvreté – l’amour de Dieu. »

Evdokimov (Paul), L’orthodoxie, Paris, Desclée De Brouwer, collection « Théophanie », 1979, p. 24.

αἰδῶ δ᾽ οὐκ ἀγαθήν ἔμμεναι ἀνδρὶ προΐκτῃ.

« La honte n’est pas de saison quand on est dans le besoin. »

Homère, L’Odyssée, XVII, 352 [traduction par Médéric Dufour et Jeanne Raison, Paris, Garnier, 1965 (édition 1992), p. 249].

« Du seul point de vue de l’analyse sociologique, la théorie de Marx sur la religion est déjà peu exacte, – ou du moins elle est incomplète. La religion pourrait être en effet, admettons-le du moins, l’opium du peuple, si le peuple avait le goût de cet opium. Peut-être l’a-t-il, en certaines circonstances heureuses. Mais l’observation nous donne à penser que, à mesure qu’il devient prolétariat, le peuple perd précisément ce goût. Loin de provoquer par compensation mystique un élan religieux, l’aliénation sociale croissante qui caractérise la condition prolétarienne tend plutôt à étouffer l’intérêt pour la religion. Elle détourne de Dieu celui qu’elle déshumanise.

« Un certain degré d’aliénation sociale peut entraîner en effet l’aliénation de la conscience. Mais la conscience aliénée est tout le contraire de la conscience religieuse.

« “Le prolétaire n’a point de patrie”. En un sens analogue, et pour de semblables motifs, le prolétaire n’a point de religion. Dans une société telle que la nôtre, la religion tend à devenir un article de luxe, que toute une part de la population ne peut plus se procurer. La suppression du prolétariat ne rendra pas automatiquement Dieu à l’homme : mais dans une certaine mesure elle est une condition pour que Dieu lui soit rendu. »

Lubac (Henri, de), Sur les chemins de Dieu, Paris, Aubier, 1956, pp. 208-209.

« Quand on s’avisait de plaindre [saint François de Sales] sur les mauvais gîtes qu’il rencontroit souvent, ou sur les incommodités qu’il étoit obligé de souffrir, il répondoit avec une sainte joie, qu’il n’avoit point encore rencontré de logement si incommode que l’étable de Bethléem, ni de lit si rude que celui de la Croix ; que cependant le Sauveur avoit bien voulu naître dans l’un, et mourir sur l’autre. »

Marsollier (Jacques, de), Vie de saint François de Sales, évêque et prince de Genève, t. I, Paris, Méquignon, 1820, p. 402.