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370 Éducation (enseignement, instruction, ouvrages interdisciplinaires, psychopédagogie, sciences de l’éducation)

« Il y a toujours flottement entre ces deux mots : instruction, éducation. Ils sont évidemment étroitement liés et, si le professeur est chargé de donner l’instruction à l’enfant qui lui est confié, il faillira à sa tâche s’il se désintéresse complètement de son éducation.

« L’instruction concerne principalement l’intelligence, l’esprit, tout ce qui doit meubler un cerveau de connaissances : sciences ou lettres. C’est le travail patient qui d’un enfant de six ans illettré forme à seize ans un jeune homme instruit suffisamment pour pouvoir ou s’orienter dans la vie avec un minimum de connaissances, ou aborder des études beaucoup plus poussées.

« L’éducation, c’est un ensemble de formation morale – et religieuse – qui, à côté de l’instruction, suit le développement de l’enfant, recherche et met en valeur ses qualités, réfrène ses défauts, lui donne des habitudes de tenue, de discipline, de respect et le forme à tout ce qui doit au cours de sa vie faire de lui un être complet et équilibré.

« Si l’instruction est nécessaire, l’éducation semble encore plus indispensable. »

Vers une vie meilleure parce que plus fraternelle, Paris, Service d’éducation familiale de la Ligue Féminine d’Action Catholique Française, 1945, pp. 37-38.

« Vous dites que, pour instruire, il faut connaître ceux qu’on instruit. Je ne sais. Il est peut-être plus important de bien connaître ce qu’on enseigne. »

Alain, Propos sur l’éducation, XXI, Paris, Presses universitaires de France, 1932 (15e édition : 1972), p. 55.

οὐ μικρὸν οὖν διαφέρει τὸ οὕτως ἢ οὕτως εὐθὺς ἐκ νέων ἐθίζεσθαι, ἀλλὰ πάμπολυ, μᾶλλον δὲ τὸ πᾶν.

« Ce n’est […] pas une chose de petite importance que de contracter, dès l’enfance et aussitôt que possible, telles ou telles habitudes. C’est au contraire un point de très grande importance, ou pour mieux dire c’est là tout. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, 1103b (II, 1, § 7) [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), pp. 79-80].

Διὸ δεῖ ἦχθαί πως εὐθὺς ἐκ νέων […] ὥστε χαίρειν τε καὶ λυπεῖσθαι οἷς δεῖ: ἡ γὰρ ὀρθὴ παιδεία αὕτη ἐστίν.

« Il faut dès la première enfance […] qu’on nous mène de manière à ce que nous placions nos joies et nos douleurs dans les choses où il convient de les placer ; et c’est en cela que consiste la bonne éducation. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, 1104b (II, 3, § 2) [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), p. 83].

« Sur un enfant de douze ans les choses vues ou entendues ont plus d’effet que les enseignements livresques. »

Aron (Robert), Les années obscures de Jésus, Paris, Grasset, 1960, p. 224.

« “Nous ne formons que ce que nous sommes”, disait [le Père Jacques Sevin]. Est vaine, aujourd’hui comme hier, toute tentative éducatrice qui demanderait à un jeune l’effort et le don que l’éducateur ne ferait pas lui-même dans son existence personnelle. »

Bourcereau (Madeleine), Jacques Sevin fondateur et mystique (1882-1951), Paris, Salvator, 2007, p. 11.

« [Gavroche] était un de ces enfants dignes de pitié entre tous qui ont père et mère et qui sont orphelins. »

Hugo (Victor), Les Misérables, III, 1, 13 [Paris, Librairie Générale Française, « Le Livre de poche classique » (n. 9633), 1998 (édition 2003), pp. 818-819].

« Depuis Socrate il va de soi que la vertu s’accroît grâce à la vertu et qu’elle est le produit d’une éducation progressive, dans laquelle les bonnes fréquentations, l’exemple, l’exercice, la connaissance et avant tout l’effort continuel – “l’amour du bien” éveillé d’abord du dehors et par l’imitation, mais qu’on s’approprie toujours davantage – jouent un rôle. Que l’individu soit capable d’amélioration (après tout on fait des progrès à l’école et également dans les aptitudes corporelles) et qu’il y ait des aides pour cela et une voie dans le sujet lui-même – par conséquent un possible mouvement de progression éventuellement asymptotique – cela n’a jamais été douteux. »

Jonas (Hans), Le principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, traduit de l’allemand par Jean Greisch, Paris, Cerf, collection « Passages », 1990 (édition 1997), p. 220.

Defensor culpae dicet mihi, « Fecimus et nos haec juvenes. » Esto, desisti nempe nec ultra fovisti errorem. Breve sit quod turpiter audes, quædam cum prima resecentur crimina barba. Indulge veniam pueris.

« Un homme indulgent me dira : “Nous en avons fait autant dans notre jeunesse.” Soit, mais assurément tu ne le fais plus, tu n’as pas continué à te complaire dans tes erreurs. Les dérèglements honteux doivent être courts, il y a des fautes qu’on doit retrancher avec la première barbe. Garde ton indulgence pour les petits jeunes gens. »

Juvénal, Satires, VIII, 163-167 [traduction par Pierre de Labriolle et François Villeneuve, Paris, Les Belles Lettres, collection des universités de France, 1921, p. 108].

« Comme dans la première jeunesse on ne sait pas quelles fins pourraient s’offrir à nous dans le cours de la vie, les parents cherchent principalement à faire apprendre à leurs enfants une foule de choses diverses ; ils pourvoient à l’habileté dans l’emploi des moyens en vue de toutes sortes de fins à volonté, incapables qu’ils sont de décider pour aucune de ces fins, qu’elle ne puisse pas d’aventure devenir réellement plus tard une visée de leurs enfants, tandis qu’il est possible qu’elle le devienne un jour ; et cette préoccupation est si grande qu’ils négligent communément de leur former et de leur rectifier le jugement sur la valeur des choses qu’ils pourraient bien avoir à se proposer pour fins. »

Kant (Emmanuel), Fondements de la métaphysique des mœurs (traduction par Victor Delbos, Paris, Delagrave, 1969, p. 126).

« Il y a d’étranges pères, et dont toute la vie ne semble occupée qu’à préparer à leurs enfants des raisons de se consoler de leur mort. »

La Bruyère (Jean, de), Les Caractères, XI, 17 (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 246).

« Rien ne prouve [que] le brevet du champion, le diplôme du fort en thème et de la bête à concours, soient les seuls titres sur lesquels il faille classer les humains. »

Maurras (Charles), Mes idées politiques, Paris, Albatros, 1983 (édition originale : Paris, Fayard, 1937), p. 33.

« La paresse et la dissipation sont filles de l’abondance excessive. »

Maurras (Charles), Mes idées politiques, Paris, Albatros, 1983 (édition originale : Paris, Fayard, 1937), p. 35.


« L’éducation des enfants est une chose à quoi il faut s’attacher fortement. […] Les mauvais déportements des jeunes gens viennent le plus souvent de la mauvaise éducation que leurs pères leur donnent. »

Molière, Les fourberies de Scapin, II, 1.

« L’éducation est une continuation de la procréation et souvent une façon de l’améliorer après coup. »

Nietzsche (Friedrich), Aurore. Pensées sur les préjugés moraux, § 397 [traduction par Julien Hervier, Paris, Gallimard, collection « Folio/Essais », n. 119, 1989, p. 222].

« Dans la vie privée, nos concitoyens les plus sages et les meilleurs sont incapables de transmettre à d’autres le talent qu’ils possèdent ; ainsi Périclès, le père des jeunes gens que voilà, les a fait instruire à merveille de ce qui dépend des maîtres ; mais pour sa propre sagesse, il ne la leur enseigne pas ni ne la leur fait enseigner par d’autres ; mais il les laisse courir et paître en liberté, comme des animaux sacrés, pour voir si d’eux-mêmes ils tomberont sur la vertu. »

Platon, Protagoras, X, 319e-320a [traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1967 (édition 1996), p. 51].

« [L’]éducation commence à l’âge tendre, et les pères la poursuivent jusqu’à leur mort. Dès que l’enfant comprend ce qu’on lui dit, nourrice, mère, gouverneur, sans parler du père lui-même, s’évertuent à le perfectionner ; chaque action, chaque parole sert de texte à un enseignement direct : “Telle chose est juste, lui dit-on, telle autre injuste ; ceci est beau, cela est honteux ; ceci est saint, cela impie ; fais ceci, ne fais pas cela”. Il se peut que l’enfant obéisse volontairement ; il se peut qu’il soit indocile ; alors, comme on fait d’un bois courbé et gauchi, on le redresse par les menaces et les coups. Puis on envoie les enfants à l’école et on recommande beaucoup plus aux maîtres de veiller à leurs mœurs que de leur apprendre les lettres et la cithare. Les maîtres y veillent en effet, et quand leurs élèves savent lire et sont à même de comprendre ce qui est écrit, comme ils comprenaient les leçons orales, on leur donne à lire sur leurs bancs les œuvres des grands poètes et on les leur fait apprendre par cœur. Ils y trouvent quantité de préceptes, quantité de récits à la louange et à la gloire des héros d’autrefois : on veut que l’enfant, pris d’émulation, les imite et s’efforce de leur ressembler.

« Les maîtres de cithare font de même : ils s’appliquent à rendre les jeunes gens tempérants et veillent à ce qu’ils ne fassent rien de mal ; puis, quand ils leur ont appris à jouer de la cithare, ils leur font étudier les œuvres d’autres grands poètes, les poètes lyriques, en les faisant exécuter sur l’instrument ; ils forcent ainsi les âmes des enfants à s’approprier les rythmes et les accords, pour qu’ils se rendent plus doux et que, devenus mieux rythmés et plus harmonieux, ils soient bien préparés pour la parole et pour l’action ; car toute la vie de l’homme a besoin de nombre et d’harmonie.

« Après cela, on les envoie encore chez le maître de gymnastique, afin qu’ils aient un corps plus sain à mettre au service d’un esprit vertueux et ne soient pas des trembleurs à la guerre et ailleurs, par la faiblesse de leur constitution. »

Platon, Protagoras, XV [traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1967 (édition 1996), pp. 56-57].

« Lorsque [les] vices du tempérament sont renforcés par de mauvaises institutions et par des discours qu’on entend dans les villes, soit en particulier, soit en public, et qu’on n’a pas dès le jeune âge reçu de leçons qui puissent guérir le mal, c’est ainsi que tous ceux de nous qui sont méchants le deviennent par deux causes tout à fait indépendantes de leur volonté, et il faut toujours en accuser les pères plutôt que les enfants, les instituteurs plutôt que les élèves. »

Platon, Timée, 87b [traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1969, pp. 463-464].