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501.3 Valeur de la science

« Ce n’est pas assez dire que la Science n’a moralisé personne, elle a même démoralisé les savants. »

Bernanos (Georges), Français, si vous saviez (1945-1948), Paris, Gallimard, collection « Idées », 1961 (édition 1969), p. 162.

« Les imbéciles trouvent ce monde raisonnable parce qu’il est savant, alors que la vie nous démontre tous les jours qu’il est des savants parfaitement déraisonnables, que la science ne confère nécessairement ni le bon sens, ni la vertu. Le monde moderne qui se vante de l’excellence de ses techniques est en réalité un monde livré à l’instinct, je veux dire à ses appétits. Voilà pourquoi il s’oriente de lui-même vers des expériences qui ne semblent si hardies que parce qu’elles ne lui sont nullement proposées par la raison, mais inspirées par l’instinct. »

Bernanos (Georges), La liberté pour quoi faire ?, Paris, Gallimard, collection « Idées », 1953 (édition 1972), p. 32.

« Soutenir qu’il suffit de donner à l’Homme une information (une instruction) meilleure pour qu’il devienne moral atteste une incompréhension radicale de ce que sont la morale et le jugement moral. L’imbécile qui a lancé le slogan “Instruisez l’Homme, vous le rendrez meilleur”, mérite les verges.

« […] J’ai connu des hommes de science d’une grande bonté et d’une haute moralité ; j’en ai connu quelques autres qui, non seulement étaient féroces pour leurs collègues et leurs subordonnés, mais violaient sciemment et quotidiennement les règles morales les plus fondamentales. Le mal puise un aliment très favorable à son développement, à sa réussite, dans le progrès scientifique. L’hitlérisme, qui a été la plus démoniaque et la plus féroce des tyrannies, se fondait sur des données scientifiques et tenait beaucoup à leur appui.

« Le crime parfait est l’œuvre de l’Homme “parfaitement” informé sur les circonstances dans lesquelles il va commettre son forfait et sur les conséquences qui en découleront.

« La maffia, le fait est prouvé, compte parmi ses membres des hommes fort instruits. Les chefs de gangs sont les plus astucieux, les plus instruits de leurs bandes, ils en sont, dit-on, le cerveau !

« Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent, intelligence étincelante, diplomate incomparable, fut d’une constante immoralité. Arrêtons là cette énumération, car on pourrait l’allonger indéfiniment.

« La science livre ses découvertes à l’Homme : du couteau à la fission de l’atome. De l’un comme de l’autre, l’Homme use à sa guise. Le couteau est le plus pacifique des outils, mais dans la main de Caïn, il devint l’instrument du crime. La science n’est ni bonne ni mauvaise en soi. C’est nous qui lui donnons une valeur morale ou immorale. La vérité scientifique ne touche pas notre conscience morale ; on peut aller jusqu’à dire qu’elle lui est étrangère. L’analphabète peut posséder plus de sens moral que le plus savant des hommes. »

Grassé (Pierre-Paul), Toi, ce petit dieu ! Essai sur l’histoire naturelle de l’homme, Paris, Albin Michel, collection « Les Savants et le Monde », 1971, pp. 82-83.