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843.7 Balzac (Honoré, de)

BALZAC (Honoré, de)

« Il vaut mieux avoir du luxe dans ses sentiments que sur ses habits. »

Balzac (Honoré, de), Le Colonel Chabert (Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche classique », n. 3107, 1994, p. 127).

« Les séducteurs à petits motifs ne comprennent jamais les grandes âmes. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 21).

« En ceci peut-être consiste toute la différence qui sépare l’homme naturel de l’homme civilisé. Le Sauvage n’a que des sentiments, l’homme civilisé a des sentiments et des idées. Aussi, chez les Sauvages, le cerveau reçoit-il pour ainsi dire peu d’empreintes, il appartient alors tout entier au sentiment qui l’envahit, tandis que chez l’homme civilisé, les idées descendent sur le cœur qu’elles transforment ; celui-ci est à mille intérêts, à plusieurs sentiments, tandis que le Sauvage n’admet qu’une idée à la fois. C’est la cause de la supériorité momentanée de l’enfant sur les parents et qui cesse avec le désir satisfait ; tandis que, chez l’homme voisin de la Nature, cette cause est continue. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 44).

« Les gens réellement vertueux, car il faut retrancher les hypocrites, ont presque tous de légers soupçons sur leur situation ; ils se croient dupés au grand marché de la vie, et ils ont des paroles aigrelettes à la façon des gens qui se prétendent méconnus. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 55).

« La passion est un martyre. On aspire à l’idéal, à l’infini, de part et d’autre l’on veut devenir meilleurs par l’amour. Toutes ces belles phrases sont un prétexte à mettre encore plus d’ardeur dans la pratique, plus de rage dans les chutes que par le passé. Cette hypocrisie, le caractère de notre temps, a gangrené la galanterie. On est deux anges, et l’on se comporte comme deux démons, si l’on peut. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 99).

« Jamais l’or n’a perdu la plus petite occasion de se montrer stupide. On compterait aujourd’hui dix Venise dans Paris, si les commerçants retirés avaient eu cet instinct des grandes choses qui distingue les Italiens. De nos jours encore, un négociant milanais lègue très-bien cinq cent mille francs au Duomo pour la dorure de la Vierge colossale qui en couronne la coupole. Canova ordonne, dans son testament, à son frère, de bâtir une église de quatre millions, et le frère y ajoute quelque chose du sien. Un bourgeois de Paris (et tous ont, comme Rivet, un amour au cœur pour leur Paris) penserait-il jamais à faire élever les clochers qui manquent aux tours de Notre-Dame ? Or, comptez les sommes recueillies par l’État en successions sans héritiers. On aurait achevé tous les embellissements de Paris avec le prix des sottises en carton-pierre, en pâtes dorées, en fausses sculptures consommées depuis quinze ans par les individus du genre Crevel. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 116).

« On hait de plus en plus, comme on aime tous les jours d’avantage, quand on aime. L’amour et la haine sont des sentiments qui s’alimentent par eux-mêmes ; mais des deux, la haine a la vie la plus longue. L’amour a pour borne des forces limitées, il tient ses pouvoirs de la vie et de la prodigalité ; la haine ressemble à la mort, à l’avarice. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 160).

« […] la majorité, composée, comme on le sait, de sots, d’envieux, d’ignorants et de gens superficiels. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, pp. 206-207).

« Le dévouement […] est un sentiment qui, pour un mari, lui semble dû, la conscience de l’immense valeur d’un amour absolu se perd bientôt, comme le débiteur se figure, au bout de quelque temps, que le prêt est à lui. Cette loyauté sublime devient en quelque sorte le pain quotidien de l’âme, et l’infidélité séduit comme une friandise. La femme dédaigneuse, une femme dangereuse surtout irrite la curiosité, comme les épices relèvent la bonne chère. […] Beaucoup d’hommes veulent avoir ces deux éditions du même ouvrage (la femme et la maîtresse), quoique ce soit une immense preuve d’infériorité chez un homme de ne pas savoir faire de sa femme sa maîtresse. La variété dans ce genre est un signe d’impuissance. La constance sera toujours le génie de l’amour, l’indice d’une force immense, celle qui constitue le poète ! On doit avoir toutes les femmes dans la sienne, comme les poètes crottés du dix-septième siècle faisaient de leurs Manons des Iris et des Chloés ! »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 216).

« Beaucoup de femmes mariées, attachées à leurs devoirs et à leurs maris, pourront […] se demander pourquoi ces hommes si forts et si bons […] ne prennent pas leurs femmes […] pour l’objet de leur fantaisie et de leurs passions. Ceci tient aux plus profonds mystères de l’organisation humaine. L’amour, cette immense débauche de la raison, ce mâle et sévère plaisir des grandes âmes, et le plaisir, cette vulgarité vendue sur la place, sont deux faces différentes d’un même fait. La femme qui satisfait ces deux vastes appétits des deux natures, est aussi rare, dans le sexe, que le grand général, le grand écrivain, le grand artiste, le grand inventeur, le sont dans une nation. L’homme supérieur comme l’imbécile […] ressentent également le besoin de l’idéal et celui du plaisir ; tous vont cherchant ce mystérieux androgyne, cette rareté, qui, la plupart du temps, se trouve être un ouvrage en deux volumes. Cette recherche est une dépravation due à la société. Certes, le mariage doit être accepté comme une tâche, il est la vie avec ses travaux et ses durs sacrifices également faits des deux côtés. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 270).

« L’amour vrai, l’amour saint et dévoué d’une femme a d’autres plaisirs que ceux qui s’achètent au marché de la prostitution. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 290).

« Un véritable amoureux ressemble à un eunuque, car il n’y a plus de femme pour lui sur la terre ! »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, pp. 369-370).

« L’ignorance est la mère de tous les crimes. Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 398).

« [Le comte Wenceslas de Steinbock] passa critique, comme tous les impuissants qui mentent à leurs débuts. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 410).

« À la longue, il en est d’une profession comme du mariage, on n’en sent plus que les inconvénients. »

Balzac (Honoré, de), Le cousin Pons (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 27).

« Une fille unique est un enfant que l’indulgence de ses parents habitue à faire ses volontés, et qui n’a jamais connu la contrariété. »

Balzac (Honoré, de), Le cousin Pons (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 113).

« En général, les femmes ont une foi particulière, une morale à elles, elles croient à la réalité de tout ce qui sert leurs intérêts et leurs passions. »

Balzac (Honoré, de), Le cousin Pons (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, pp. 115-116).

« Dieu n’a pas voulu que la vie fût pour moi comme je la rêvais, reprit Pons. J’aurais tant aimé une femme, des enfants, une famille !… Être chéri de quelques êtres dans un coin, était toute mon ambition ! La vie est amère pour tout le monde, car j’ai vu des gens avoir tout ce que j’ai tant désiré vainement, et ne pas se trouver heureux… »

Balzac (Honoré, de), Le cousin Pons (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 298).

« Il n’y point de petits événements pour le cœur : il grandit tout, il met dans les mêmes balances la chute d’un empire de quatorze ans et la chute d’un gant de femmes, et presque toujours le gant y pèse plus que l’empire. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 17).

« [Antoinette de Langeais était] pleine de sentiments élevés, mais manquant d’une pensée qui les coordonnât. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 48).

« Peut-être faut-il beaucoup de temps à une restauration pour devenir une monarchie. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 53).

« [Le désir du marquis Armand de Montriveau] devint un serment fait à la manière des Arabes avec lesquels il avait vécu, et pour lesquels un serment est un contrat passé entre eux et toute leur destinée, qu’ils subordonnent à la réussite de l’entreprise consacrée par le serment, et dans laquelle ils ne comptent même plus leur mort que comme un moyen de plus pour le succès. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, pp. 67-68).

« Les révolutions les plus rapides ne troublent que les intérêts de l’homme, tandis qu’une passion en renverse les sentiments. Or, pour ceux qui vivent plus par le sentiment que par l’intérêt, pour ceux qui ont plus d’âme et de sang que d’esprit et de lymphe, un amour réel produit un changement complet d’existence. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 68).

« Être coquette […] c’est se promettre à plusieurs et ne pas se donner. Se donner à tous est du libertinage. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 80).

« Si, en donnant notre personne, nous devenons esclaves, un homme ne s’engage à rien en nous acceptant. Qui m’assure que je serai toujours aimée ? L’amour que je déploierais à tout moment pour vous mieux attacher à moi serait peut-être une raison d’être abandonnée. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, pp. 99-100).

« …ce que sont tous les hommes sous le feu des désirs, éloquent, insinuant. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 101).

« Les hommes qui ont assez de force pour teindre leur âme d’un sentiment unique ressentent des jouissances infinies en contemplant par échappées toute une vie incessamment ardente, comme certains religieux pouvaient contempler la lumière divine dans leurs extases. Sans cette croyance en sa perpétuité, l’amour ne serait rien ; la constance le grandit. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, pp. 103-104).

« Pour la première fois peut-être, dans un cœur d’homme, l’amour et la vengeance se mêlèrent si également, qu’il était impossible à Montriveau lui-même de savoir qui de l’amour, qui de la vengeance l’emporterait. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 110).

« L’amour et la passion sont deux différents états de l’âme que poètes et gens du monde, philosophes et niais confondent continuellement. L’amour comporte une mutualité de sentiments, une certitude de jouissances que rien n’altère, et un trop constant échange de plaisirs, une trop complète adhérence entre les cœurs pour ne pas exclure la jalousie. La possession est alors un moyen et non un but ; une infidélité fait souffrir, mais ne détache pas ; l’âme n’est ni plus ni moins ardente ou troublée, elle est incessamment heureuse ; enfin le désir étendu par un souffle divin d’un bout à l’autre sur l’immensité du temps nous le teint d’une même couleur : la vie est bleue comme l’est un ciel pur. La passion est le pressentiment de l’amour et de son infini auquel aspirent toutes les âmes souffrantes. La passion est un espoir qui peut-être sera trompé. Passion signifie à la fois souffrance et transition ; la passion cesse quand l’espérance est morte. Hommes et femmes peuvent, sans se déshonorer, concevoir plusieurs passions ; il est si naturel de s’élancer vers le bonheur ! Mais il n’est dans la vie qu’un seul amour. Toutes les discussions, écrites ou verbales, faites sur les sentiments, peuvent donc être résumées par ces deux questions : Est-ce une passion ? Est-ce l’amour ? »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 131).

« Se donner à un sot, n’est-ce pas avouer clairement que l’on a que des sens ? »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 134).

« La vie est tout bonnement une complication d’intérêts et de sentiments […] ; et, pour être heureux […], il faut tâcher d’accorder ses sentiments avec ses intérêts. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (Paris, Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 151).

« L’amour n’est-il pas la lumière du cœur ? »

Balzac (Honoré, de), Eugénie Grandet (Paris, Garnier-Flammarion, 1964, p. 70).

« Les avares ne croient pas à une vie à venir, le présent est tout pour eux. Cette réflexion jette une horrible clarté sur l’époque actuelle, où, plus qu’en aucun autre temps, l’argent domine les lois, la politique et les mœurs. Institutions, livres, hommes et doctrines, tout conspire à miner la croyance d’une vie future sur laquelle l’édifice social est appuyé depuis dix-huit cents ans. Maintenant le cercueil est une transition peu redoutée. L’avenir, qui nous attendait par delà le requiem, a été transposé dans le présent. Arriver per fas et nefas au paradis terrestre du luxe et des jouissances vaniteuses, pétrifier son cœur et se macérer le corps en vue de possessions passagères, comme on souffrait jadis le martyre de la vie en vue de biens éternels, est la pensée générale ! pensée d’ailleurs écrite partout, jusque dans les lois, qui demandent au législateur : « Que paies-tu ? » au lieu de lui dire : « Que penses-tu ? » Quand cette doctrine aura passé de la bourgeoisie au peuple, que deviendra le pays ? »

Balzac (Honoré, de), Eugénie Grandet (Paris, Garnier-Flammarion, 1964, pp. 97-98).

« Il est dans le caractère français de s’enthousiasmer, de se colérer, de se passionner pour le météore du moment, pour les bâtons flottants de l’actualité. Les êtres collectifs, les peuples seraient-ils donc sans mémoire ? »

Balzac (Honoré, de), Eugénie Grandet (Paris, Garnier-Flammarion, 1964, p. 114).

« Dans la vie morale, aussi bien que dans la vie physique, il existe une aspiration et une respiration : l’âme a besoin d’absorber les sentiments d’une autre âme, de se les assimiler pour les lui restituer plus riches. Sans ce beau phénomène humain, point de vie au cœur ; l’air lui manque alors, il souffre, et dépérit. »

Balzac (Honoré, de), Eugénie Grandet (Paris, Garnier-Flammarion, 1964, p. 169).

« La flatterie n’émane jamais des grandes âmes, elle est l’apanage des petits esprits. »

Balzac (Honoré, de), Eugénie Grandet (Paris, Garnier-Flammarion, 1964, p. 170).

« Un vrai sentiment ne se partage pas, il doit être entier, ou il n’est pas. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, I (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, pp. 83-84).

« Les principes de liberté mal définis sont impuissants à créer le bonheur des peuples. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, II (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 93).

« Les courtisans du malheur sont peu nombreux. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, II (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 149).

« La jeunesse a des admirations naïves, des fidélités sans calcul. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, II (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 149).

« L’amour n’est-il pas dans les espaces infinis de l’âme comme est dans une belle vallée le grand fleuve où se rendent les pluies, les ruisseaux et les torrents, où tombent les arbres et les fleurs, les graviers du bord et les plus élevés quartiers de roc ; il s’agrandit aussi bien par les orages que par le lent tribut des claires fontaines. Oui, quand on aime, tout arrive à l’amour. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, II (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 181).

« Ô vous qui aimez ! imposez-vous de ces belles obligations, chargez-vous de règles à accomplir comme l’Église en a donné pour chaque jour aux chrétiens. C’est de grandes idées que les observances rigoureuses créées par la Religion romaine, elles tracent toujours plus avant dans l’âme les sillons du devoir par la répétition des actes qui conservent l’espérance et la crainte. Les sentiments courent toujours plus vifs dans ces ruisseaux creusés qui retiennent les eaux, les purifient, rafraîchissent incessamment le cœur, et fertilisent la vie par les abondants trésors d’une foi cachée, source divine où se multiplie l’unique pensée d’un unique amour. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, II (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 190).

« L’homme est composé de matière et d’esprit ; l’animalité vient aboutir en lui, et l’ange commence à lui. De là cette lutte que nous éprouvons tous entre une destinée future que nous pressentons et les souvenirs de nos instincts antérieurs dont nous ne sommes pas entièrement détachés : un amour charnel et un amour divin. Tel homme les résout en un seul, tel autre s’abstient ; celui-ci fouille le sexe entier pour y chercher la satisfaction de ses appétits antérieurs, celui-là l’idéalise en une seule femme dans laquelle se résume l’univers ; les uns flottent indécis entre les voluptés de la matière et celles de l’esprit, les autres spiritualisent la chair en lui demandant ce qu’elle ne saurait donner. […] L’amour que [satisfait] la maîtresse a des bornes, la matière est finie, ses propriétés ont des forces calculées, elle est soumise à d’inévitables saturations […]. L’infini est le domaine du cœur. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, III (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, pp. 199-200).

« Le plus beau privilège que nous ait conféré la raison est de pouvoir rapporter nos vertus aux êtres dont le bonheur est notre ouvrage, et que nous ne rendons heureux ni par calcul, ni par devoir, mais par une inépuisable et volontaire affection. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, III (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 217).

« La femme qui ne reconnaît pas de lois est bien près de n’écouter que ses caprices. Ceux qui aiment tant à briller, à se mouvoir, n’ont pas reçu le don de constance. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, III (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 227).

« Voilà la vie ! la vie telle qu’elle est : de grandes prétentions, de petites réalités. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, III (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 267).

« Le journalisme, […] c’est la religion des sociétés modernes, et il y a progrès. […] Les pontifes ne sont pas tenus de croire, ni le peuple non plus… »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, I (Paris, Flammarion, s. a., pp. 45-46).

« … jetant un livre dans un mot au nez de gens qui ne savaient pas mettre un mot dans leurs livres. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, I (Paris, Flammarion, s. a., p. 46).

« Buvons donc à l’imbécillité du pouvoir qui nous donne tant de pouvoir sur les imbéciles ! dit le banquier. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, I (Paris, Flammarion, s. a., p. 54).

« L’opinion […] c’est la plus vicieuse de toutes les prostituées ! »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, I (Paris, Flammarion, s. a., p. 58).

« Les femmes sont habituées, par je ne sais quelle pente de leur esprit, à ne voir dans un homme de talent que ses défauts, et dans un sot que ses qualités ; elles éprouvent de grandes sympathies pour les qualités du sot qui sont une flatterie perpétuelle de leurs propres défauts, tandis que l’homme supérieur ne leur offre pas assez de jouissances pour compenser ses imperfections. Le talent est une fièvre intermittente, nulle femme n’est jalouse d’en partager seulement les malaises ; toutes veulent trouver dans leurs amants des motifs de satisfaire leur vanité ; c’est elles encore qu’elles aiment en nous ! »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, II (Paris, Flammarion, s. a., p. 91).

« Aimer une jeune fille ou se laisser aimer par elle constitue un vrai contrat dont les conditions doivent être bien entendues. Nous sommes maîtres d’abandonner la femme qui se vend, mais non pas la jeune fille qui se donne : elle ignore l’étendue de son sacrifice. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, II (Paris, Flammarion, s. a., p. 102).

« Nous ne manquons jamais d’argent pour nos caprices, nous ne discutons que le prix des choses utiles ou nécessaires. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, II (Paris, Flammarion, s. a., p. 107).

« Une femme est coquette tant qu’elle n’aime pas. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, II (Paris, Flammarion, s. a., p. 113).

Réminiscence probable de :

« Le plus grand miracle de l’amour, c’est de guérir de la coquetterie. »

La Rochefoucauld (François, de), Maximes, I, 349 (Paris, Flammarion, collection « Les meilleurs auteurs classiques français et étrangers », 1937, p. 156).

Dans le même ordre d’idées :

« Les femmes qui disent aimer, qui croient souvent aimer le plus, dansent, valsent, coquettent avec d’autres hommes, se parent pour le monde, y vont chercher leur moisson de regards convoiteurs. »

Balzac (Honoré, de), Splendeurs et misères des courtisanes, II, 5 (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 209).

Réminiscence probable de :

« Les femmes croient souvent aimer encore qu’elles n’aiment pas. L’occupation d’une intrigue, l’émotion d’esprit que donne la galanterie, la pente naturelle au plaisir d’être aimées, et la peine de refuser, leur persuadent qu’elles ont de la passion lorsqu’elles n’ont que de la coquetterie. »

La Rochefoucauld (François, de), Maximes, I, 277 (Paris, Flammarion, collection « Les meilleurs auteurs classiques français et étrangers », 1937, pp. 139-140).

« L’amour est une source naïve, partie de son lit de cresson, de fleurs, de gravier, qui rivière, qui fleuve, change de nature et d’aspect à chaque flot, et se jette dans un incommensurable océan où les esprits incomplets voient la monotonie, où les grandes âmes s’abîment en de perpétuelles contemplations. Comment oser décrire ces teintes transitoires du sentiment, ces riens qui ont tant de prix, ces mots dont l’accent épuise les trésors du langage, ces regards plus féconds que les plus riches poèmes ? Dans chacune des scènes mystiques par lesquelles nous nous éprenons insensiblement d’une femme, s’ouvre un abîme à engloutir toutes les poésies humaines. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, II (Paris, Flammarion, s. a., p. 115).

« Je me trouve heureuse d’être seule, pourquoi changerais-je ma vie, égoïste si vous voulez, contre les caprices d’un maître ? Le mariage est un sacrement en vertu duquel nous ne nous communiquons que des chagrins. D’ailleurs, les enfants m’ennuient. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, II (Paris, Flammarion, s. a., p. 155).

« Il y a toute une vie dans une heure d’amour. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, III (Paris, Flammarion, s. a., p. 197).

« [La femme qu’on aime] vous appartient, elle est devenue vous ; désormais la trahir, c’est se blesser soi-même. »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, III (Paris, Flammarion, s. a., p. 233).

Réminiscence probable de :

« Les maris doivent aimer leurs propres femmes comme leurs propres corps ; celui qui aime sa propre femme s’aime lui-même. Car personne n’a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit. »

Ep 5 28-29.

« La sagesse dans la vie commence peut-être à se demander à tout propos : pourquoi ? »

Balzac (Honoré, de), La peau de chagrin, III (Paris, Flammarion, s. a., p. 252).

« La corruption est en force, le talent est rare. Ainsi, la corruption est l’arme de la médiocrité qui abonde. »

Balzac (Honoré, de), Le Père Goriot, II (Paris, Gallimard, collection « Folio classique », n. 784, 1971, édition 1995, p. 152).

« Voyez si vous pourrez vous lever tous les matins avec plus de volonté que vous n’en aviez la veille. »

Balzac (Honoré, de), Le Père Goriot, II (Paris, Gallimard, collection « Folio classique », n. 784, 1971, édition 1995, pp. 153-154).

« Ma foi, dit [Jean-Joachim Goriot] d’un air en apparence insouciant, à quoi cela me servirait-il d’être mieux ? Je ne puis guère vous expliquer ces choses-là ; je ne sais pas dire deux paroles de suite comme il faut. Tout est là, ajouta-t-il en se frappant le cœur. Ma vie, à moi, est dans mes deux filles. Si elles s’amusent, si elles sont heureuses, bravement mises, si elles marchent sur des tapis, qu’importe de quel drap je sois vêtu, et comment est l’endroit où je me couche ? Je n’ai point froid si elles ont chaud, je ne m’ennuie jamais si elles rient. Je n’ai de chagrins que les leurs. Quand vous serez père, quand vous vous direz, en oyant gazouiller vos enfants : “C’est sorti de moi !”, que vous sentirez ces petites créatures tenir à chaque goutte de votre sang, dont elles ont été la fine fleur, car c’est ça ! vous vous croirez attaché à leur peau, vous croirez être agité vous-même par leur marche. Leur voix me répond partout. Un regard d’elles, quand il est triste, me fige le sang. Un jour vous saurez que l’on est bien plus heureux de leur bonheur que du sien propre. Je ne peux pas vous expliquer ça : c’est des mouvements intérieurs qui répandent l’aise partout. Enfin, je vis trois fois. Voulez-vous que je vous dise une drôle de chose ? Eh bien ! quand j’ai été père, j’ai compris Dieu. Il est tout entier partout, puisque la création est sortie de lui. Monsieur, je suis ainsi avec mes filles. Seulement j’aime mieux mes filles que Dieu n’aime le monde, parce que le monde n’est pas si beau que Dieu, et que mes filles sont plus belles que moi. »

Balzac (Honoré, de), Le Père Goriot, II (Paris, Gallimard, collection « Folio classique », n. 784, 1971, édition 1995, pp. 181-182).

« Nos beaux sentiments ne sont-ils pas les poésies de la volonté ? »

Balzac (Honoré, de), Le Père Goriot, II (Paris, Gallimard, collection « Folio classique », n. 784, 1971, édition 1995, p. 182).

« N’est-il pas naturel de tout partager avec l’être auquel nous devons notre bonheur ? Quand on s’est tout donné, qui pourrait s’inquiéter d’une parcelle de ce tout ? L’argent ne devient quelque chose qu’au moment où le sentiment n’est plus. N’est-on pas lié pour la vie ? Qui de nous prévoit une séparation en se croyant bien aimée ? Vous nous jurez un amour éternel, comment avoir alors des intérêts distincts ? »

Balzac (Honoré, de), Le Père Goriot, II (Paris, Gallimard, collection « Folio classique », n. 784, 1971, édition 1995, p. 198).

« Nous avons si peu de raison quand nous nous marions ! Connaissons-nous le monde, les affaires, les hommes, les mœurs ? Les pères devraient penser pour nous. »

Balzac (Honoré, de), Le Père Goriot, IV (Paris, Gallimard, collection « Folio classique », n. 784, 1971, édition 1995, p. 301).

« Pouvais-je empêcher que [notre père] ne vît enfin les suites naturelles de nos déplorables mariages ? Pourquoi ne les a-t-il pas empêchés ? N’était-ce pas à lui de réfléchir pour nous ? »

Balzac (Honoré, de), Le Père Goriot, IV (Paris, Gallimard, collection « Folio classique », n. 784, 1971, édition 1995, p. 317).

« En se conformant aux lois naturelles du foyer domestique, [les sœurs de Rastignac] y trouvaient un bonheur plein, continu, sans angoisses. »

Balzac (Honoré, de), Le Père Goriot, IV (Paris, Gallimard, collection « Folio classique », n. 784, 1971, édition 1995, p. 327).

« Aimez une femme que vous puissiez aimer toujours. »

Balzac (Honoré, de), Le Père Goriot, IV (Paris, Gallimard, collection « Folio classique », n. 784, 1971, édition 1995, p. 330).

« Votre passion d’un jour… […] De quel nom appeler un amour qui n’est pas éternel, qui ne nous unit pas, jusque dans l’avenir du chrétien, avec celui que nous aimons ? »

Balzac (Honoré, de), Splendeurs et misères des courtisanes, I, 6 (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 42).

« [Le] critique littéraire d’aujourd’hui […] arrive à une profonde insouciance des formules d’art : il a tant lu d’ouvrages, il en voit tant passer, il s’est tant accoutumé aux pages écrites, il a subi tant de dénouements, il a vu tant de drames, il a fait tant d’articles sans dire ce qu’il pensait, en trahissant si souvent la cause de l’art en faveur de ses amitiés et de ses inimitiés, qu’il arrive au dégoût de toute chose et continue néanmoins à juger. Il faut un miracle pour que cet écrivain produise une œuvre, de même que l’amour pur et noble exige un autre miracle pour éclore dans le cœur d’une courtisane. »

Balzac (Honoré, de), Splendeurs et misères des courtisanes, I, 7 (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 45).

« Les courtisanes qui, roulées dans les fanges et les impuretés, ont soif des noblesses, des dévouement du véritable amour, […] en pratiquent alors l’exclusivité (ne faut-il pas faire un mot pour rendre une idée si peu mise en pratique ?). Les nations disparues, la Grèce, Rome et l’Orient ont toujours séquestré la femme, la femme qui aime devrait se séquestrer d’elle-même. »

Balzac (Honoré, de), Splendeurs et misères des courtisanes, II, 5 (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 209).

« Un aubergiste est le répertoire vivant de toutes les aventures, il fait la police sans s’en douter. Un gouvernement doit entretenir tout au plus deux cents espions, car, dans un pays comme la France, il y a dix millions d’honnêtes mouchards. »

Balzac (Honoré, de), Splendeurs et misères des courtisanes, II, 19 (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 290).

« La solitude, c’est le vide ; et la nature morale en a tout autant d’horreur que la nature physique. La solitude n’est habitable que pour l’homme de génie qui la remplit de ses idées, filles du monde spirituel, ou pour le contemplateur des œuvres divines qui la trouve illuminée par le jour du ciel, animée par le souffle et par la voix de Dieu. Hormis ces deux hommes, si voisins du paradis, la solitude est à la torture ce que le moral est au physique. Entre la solitude et la torture il y a toute la différence de la maladie nerveuse à la maladie chirurgicale. C’est la souffrance multipliée par l’infini. Le corps touche à l’infini par le système nerveux, comme l’esprit y pénètre par la pensée. »

Balzac (Honoré, de), Splendeurs et misères des courtisanes, IV, 12 (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 532).